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Au cours de la 16e réunion du Comité des ministres en charge de la question du 3 février à Douala les émissaires des pays membres veulent reprendre les négociations avec la partie européenne.

Les pays représentés à la rencontre du Comité des ministres en charge des négociations APE (Comina) se sont concertés sur l’invitation faite aux autres Etats de la configuration négociante d’adhérer à l’accord d’étape signé par le Cameroun. Il ressort dans la démarche proposée des conditions préalable pour entrevoir une coopération économique libre avec l’UE à l’état actuel des réalités locales. Prenant part à cette assise déterminante, le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Louis-Paul Motaze, a précisé que cette démarche devait s’inscrire en droite ligne des prescriptions des chefs d’Etat de la Cemac. Un saut périlleux pas du tout envisagé par les homologues de la sous-région qui manifestent leur résistance à adhérer au processus entrepris par la partie camerounaise.

Louis-Paul Motaze identifie cette attitude aux réserves également affichées par le Cameroun à l’UE. « La conclusion en gros, c’est que les Etats disent qu’ils sont prêts à adhérer à l’accord signé par le Cameroun, à la condition qu’un certain nombre d’amendements soient observés. Je tiens à dire que le Cameroun lui-même, qui a ce qu’on appelle des clauses de rendez-vous, des rencontres avec l’Union européenne, a posé un certain nombre de points qui doivent faire l’objet de discussions. Ces points sont en accord avec ceux qui sont dans l’attente des autres Etats africains. » a relevé le Minepad. Louis Paul Motazé avait au préalable précisé la nécessité de reprendre les négociations donc, sans toutefois « affaiblir les acquis de l’intégration régionale d’ores et déjà obtenus au sein de notre région ».

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Au terme des travaux, d’après les déclarations faites, il ressort que les pays de la région veulent reprendre les négociations avec la partie européenne. « Nous manifestons toujours notre disponibilité à poursuivre ces négociations. Nous avons, au niveau de l’Afrique centrale, transmis à l’Union européenne un accord APE alternatif, disons équilibré et qui a été validé par la conférence des chefs d’Etat de la Cemac le 30 juillet à Malabo. Mais, dans un esprit d’ouverture, nous estimons que nous pouvons toujours continuer à négocier. De façon, peut-être, à améliorer l’accord auquel le Cameroun a déjà souscrit. Et les améliorations portent sur : le taux de libéralisation, le financement des pertes de ressources dans les premières années, les mesures d’accompagnement pour amener les pays de cette configuration à renforcer leurs capacités, afin d’être en mesure, à terme, d’assurer la compétition à égalité avec les autres pays » a déclaré Pierre Moussa, Président de la Commission de la Cemac.

A Louis-Paul Motaze de conclure « Je résume : nous regrettons cette position unilatérale de l’Union européenne, qui est de dire que les négociations sont terminées. Nous voulons reprendre les négociations, mais nous allons les reprendre en tenant compte des attentes de nos Etats ».

Décision unilatérale condamnée

En rappel le 4 août 2016 dernier, le chef de l’Etat camerounais a signé un décret par lequel il a donné le coup d’envoi à l’application des APE conclus par son pays avec l’UE. Ce décret a suscité des réactions à l’intérieur du pays, mais aussi hors du territoire, notamment par la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale, la CEMAC qui est plutôt favorable à une stratégie régionale. Le ministre gabonais de l’Economie, Régis Immongault, a condamné, à cette occasion, la décision unilatérale du Cameroun qui est susceptible de remettre en cause «l’union douanière au sein de la CEMAC». C’est une décision «inapplicable», a-t-il indiqué. Le premier groupe de marchandises qui fait l’objet des APE entre le Cameroun et l’Union européenne est constitué principalement d’équipements industriels, bénéficiera d’un abattement de 25% sur les tarifs douaniers, chaque année à compter du 4 août 2016, jusqu’à atteindre un taux de zéro pour cent sur quatre ans. Deux autres groupes de marchandises seront concernés à partir de 2017.

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