cosmetique
IEG
NEWSLETTER

Français     English

Share this

À Shanghai les professionnels de la Cosmétique se sont donné rendez-vous pour décider ce que sera la beauté dans 6 mois.

C’est quoi la beauté de la femme ?

On se trompe à croire que le standard de beauté est une question culturelle, raciale ou ethnique. La réalité est que ce sont les industriels qui décident ce que doit être la beauté et ce n’est qu’après qu’ils mettent au travail les spécialistes de la propagande, des journalistes aux médecins, pour confirmer ce qu’ils ont décidé ici.

Cela m’amuse souvent de voir des conservateurs africains faire la promotion des cheveux crépus de la femme africaine, comme une valeur. Sauf qu’à bien y regarder, presque tous ces africains qui veulent voir la femme africaine pure, naturelle, avec les cheveux crépus ont presque tous épousé des femmes européennes. Et viennent jouer aux Talibans avec la femme africaine. Pas bizarre ?

Non, il n’y a pas un standard de beauté européenne, mais il y a un standard de beauté dicté par l’argent, dicté par les intérêts financiers. Et leurs industriels sont les premiers qui s’y sont penchés avec un certain succès. Les cheveux longs ne sont pas qu’une affaire génétique, mais bien plus. Il suffit d’imaginer quelle catastrophe financière pour des millions de travailleurs si la femme européenne allait faire comme l’homme : se raser le crane. Si ça devait arriver, combien d’entreprises fermeraient par manque d’activités ?

Ici à la rencontre internationale de la cosmétique de Shanghai, il y a une phrase que tous les opérateurs connaissent et murmurent en joie : « Lady is our ATM », la femme est notre distributeur automatique de billets de banques. De sa tête à ses pieds, il faut tout lui fournir. La femme est la meilleure caisse des industriels, mais ceux de la cosmétique raflent la plus grande mise.

Lire aussi / Also read
Burkina Faso : Et si le problème n’était pas Blaise Compaoré mais nous-mêmes ?

Pour la comparaison, un homme se lève le matin, oublie même de se laver la face, les dents et se rend au travail sans se gêner de son éventuelle puanteur sur les autres. La femme avant de sortir de la maison, doit prendre tout son temps pour effectuer certains rituels imposés par les professionnels de la très lucrative industrie cosmétique. Et ça marche plutôt très bien. Ce n’est pas un hasard si la plus riche d’un pays comme la France est l’héritière de l’industrie cosmétique L’Oréal.

Ici à Shanghai, tout le monde est là. Mais est-ce une surprise que je sois le seul africain à déambuler dans les halls hyper grands de la foire internationale de Shanghai ? En réalité les africains sont ceux qui ont toujours déclaré forfait à toutes les bagarres, c’est-à-dire, se rendre sans même combattre. Ce sont des gens pour la plupart continuellement hors sujet et certains ont même fait de la diversion un vrai métier. Avant de prétendre de la femme africaine d’avoir un certain genre de cheveux quel est le produit alternatif que ces « Talibans Africains » ont créé pour combattre les autres concurrents ?

A ceux qui ont un diplôme Rinvindaf sachez ceci : C’est la pauvreté qui amène la femme africaine à penser qu’être belle c’est se contenter des produits dangereux pour se décaper la peau. Si elle l’a fait pendant trop longtemps, c’est essentiellement dû à notre absence, à l’absence des industriels cultivés capables d’orienter positivement les habitudes de consommation de notre population féminine. Nous avons grand intérêt à faire pour que la femme africaine entretienne ses vrais cheveux. Que ces cheveux soient suffisamment solides pour tenir longtemps et devenir longs.

Le fait qu’elle utilise des mèches aujourd’hui est paradoxalement plutôt positif, car cela veut dire que notre gâteau est là bien intact. Et que personne ne nous l’a encore volé. A nous de remplacer ces mèches et cheveux des cadavres par ses vrais cheveux qu’elle doit entretenir et faire pousser grâce aux produits naturels issus de nos plantations, laboratoires et usines pour répondre à cette exigence liée au temps. A nous de transformer ce qui semble être un problème en notre ATM.

Lire aussi / Also read
Cameroun - Adamaoua : Des ex otages racontent leurs calvaires

Ici à Shanghai, il n’y a pas que le business des cheveux. On a les dernières nouveautés par rapport au design des bouteilles, des machines pour traiter les huiles essentielles, mais aussi la concurrence pour s’arracher les femmes des autres. Les européens sont ici avec leurs produits pour s’arracher l’ATM que représentent les femmes asiatiques et les asiatiques n’entendent pas de cette oreille et réagissent pour maintenir leur gâteau avant d’aller peut-être demain, attaquer les occidentaux et avoir l’ATM que représentent leurs femmes.

Il y a aussi des experts en espionnage ici. Il y a ici des laboratoires qui vous proposent ni plus ni moins que d’analyser les produits de vos concurrents et vous dire avec exactitude les pourcentages de chaque ingrédient. Pas mal. Surtout que c’est officiel. Puisqu’ils sont admis à exposer.

Et moi dans tout ça ? Dans une foire, il y a ceux qui vendent et ceux qui achètent. Je suis ici pour vendre avant d’aller planter. Je suis venu comprendre les tendances des futures demandes en ingrédients naturels pour la cosmétique et si possible avoir même des commandes de certains produits qui vont sortir de mes plantations au Cameroun. Quels sont ces produits ? Je ne vous dis pas.

Mais j’invite tous ceux qui sont inscrits à la prochaine formation de Paris du 23 au 25 juin 2017 (www.iegeducation.com) à venir au moins 2 jours avant, cela nous permettra d’organiser des petits groupes pour aller vous montrer dans les supermarchés de Paris certaines opportunités très facile à saisir dans le secteur de la cosmétique Made in France mais depuis la plantation en Afrique, et que pourtant vous passez devant chaque jour sans vous en inquiéter.

D’ici là, avant de démarrer une activité industrielle, à vous de vous poser la question de savoir c’est qui votre ATM ?

Lire aussi / Also read
Ce que vous ignorez sur le programme « La carte à 1 milliard de dollar » de la Banque Mondiale et de l'Union Européenne à l'endroit de l'Afrique

Jean-Paul Pougala
Shanghai le 19 Mai 2016
(Leçon de Géostratégie Africaine n° 100 publiée le 18 mai 2016)

Share this

Réactions

Veuillez saisir votre contribution !
Veuillez saisir votre nom ici

+ 14 = 20