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Jody Amiet / AFP
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Il y a des africains, abrutis par le système dominant qui continuent de croire que nous serions mieux si nous étions resté des colonies européennes.

La vérité est qu’aucun pays ne peut développer un autre appelé “colonie” ou des mots pour mieux enfumer comme “Département d’Outre-mer”.

On ne peut pas gouverner le moindre pays dans ce monde depuis l’Europe, depuis plus de 10.000 km. C’est absurde d’interdire aux Guyanais d’importer les produits de leurs consommations du Brésil voisin, même les fruits doivent arriver de Paris. Et que dire des policiers qui doivent tous partir de Paris ? Et à chaque fois, il faut doubler le prix de ce que tout cela coûte en France.

C’est bien la colonie, quand elle vous fournit les matières premières gratuitement pour les industries en Europe. Mais le revers économique sociale dans la colonie est catastrophique.

Naïvement, les populations de la colonie de Guyane demande 3,1 milliards d’Euros soit plus de 2.000 milliards de F CFA pour venir à bout du problème. Pour bien comprendre la grande difficulté des politiciens africains qu’on accuse aussi facilement de détourner les fonds, il faut rappeler que ces fonds sont déjà minables devant une montagne de problèmes sociaux et une démographie à croissance exponentielle.

Ainsi alors que la Guyane en 2016 avait une population de 244.000 habitants et veut d’une rallonge de 3,1 milliards d’Euros pour bien fonctionner, la République centrafricaine n’a eu en 2016 qu’un budget de 259 millions d’Euros pour faire face à 5.000.000 d’habitants. Le Togo avec 7,5 millions d’habitants en 2016 n’avait que 1,53 milliard d’Euros comme budget pour s’occuper d’eux. Le Tchad, 2,18 milliards d’Euros pour 14 millions d’habitants. Le Bénin avec 2,37 milliards d’Euros pour 11 millions d’habitants. Le Niger avait 2,72 milliards pour 20 millions d’habitants. Le Burkina Faso : 2,80 millions d’Euros pour 18 millions d’habitants, le Mali, 3,05 milliards d’Euros pour 18 millions d’habitants et le Cameroun, 6,45 milliards d’Euros pour 24 millions d’habitants. A chacun de vous de faire ses propres comparaisons, pour comprendre quel exploit les gouvernements africains doivent faire tous les jours pour instruire ses populations, construire les infrastructures routières, les hôpitaux et assurer la sécurité.

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Avec cela, je n’ai pas dit que les politiciens africains étaient des saints. J’ai publié avant hier un témoignage dans lequel moi-même je suis continuellement victime des politiciens et fonctionnaires camerounais. Mais cela m’enlève-t-il toute lucidité pour comprendre dans quelles difficultés profondes de manque de moyens matériels et financiers à disposition ces administrateurs font face tous les jours ? Cela me donne-t-il le droit d’insulter et salir l’image de toute une nation pour un problème personnel avec un individu ?

Ceux qui veulent comparer l’économie en Afrique avec l’Europe, commencez par faire ce qu’ont fait les européens : se retrousser les manches pour créer la richesse, créer beaucoup de richesse avant d’aller en voler une partie chez les autres qui dormaient. Et même quand ils sont venus chez nous, pour nous exploiter, ils sont tous partis de la plantation, de la première richesse à disposition qu’est la terre. Et comme l’agriculture ne rend riche personne, ils se sont tous évertués à expédier et transformer chez eux les fruits de leur agriculture chez nous. Qu’attendons-nous pour les copier, au moins pour ce qu’ils ont fait de positif ?

Malheureusement, les créateurs européens de richesse ont eu des politiciens médiocres qui croyant bien faire, se sont engagés dans des guerres inutiles un peu partout sur la planète espérant soutirer les richesses des autres. Faire des guerres inutiles en Côte d’Ivoire pour mettre au pouvoir le candidat qu’on préfère n’a aidé en rien les comptes de la France. Et même Ouattara commence à le comprendre, d’où la libération des célèbres adversaires politiques accusés de crime de guerre.

Avec l’arrivée de la Chine, la facture de cette aventure ruineuse colonialiste européenne s’avère trop salée en termes de dettes publique (la dette publique de la France est à 100% de la richesse du pays). Désormais, il ne sera plus possible de posséder des colonies à distance sans en subir les contre-coups sociaux. Il ne sera plus possible d’aller entretenir des terroristes en Syrie sans en payer les frais en France même en termes de dettes publiques et donc de prendre en otage les générations futures.

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Quelle leçon pour l’Afrique?

À rien ne sert de crier haut et fort que la République Centrafricaine n’a que 259 millions d’Euros pour faire face aux problèmes de 5 millions d’habitants. Nous devons devenir des colons de nos propres terres pour sortir la richesse qui nous permettra de répondre efficacement aux problèmes de nos populations.

Il ne s’agit pas de faire ce que font en ce moment presque tous les pays africains d’investir massivement dans l’agriculture, mais de mettre sur pied une stratégie globale de création de nouveaux produits de la plantation jusqu’à la transformation, pour contrer les produits importés.

La chance veut qu’aujourd’hui, la République centrafricaine importe de nombreux produits en provenance du Cameroun même, c’est donc la preuve qu’il y a un grand espace à conquérir dans ce pays, tout simplement en y montant sa propre plantation avec une unité de transformation. Ceci vous donnerait un avantage compétitif non négligeable par rapport aux autres produits qui ont parcourir des km de route depuis Douala. Souvent ces produits avaient même déjà parcouru des mois en mer pour arriver jusqu’au port de Douala. Que dire du Gabon ? du Congo ? ou du même Cameroun ?

En Guyane, les ex-esclavagistes représentent 12% de la population et sont propriétaires de la quasi totalité des terres agricoles. Ce qui tient les 66% des populations noires en état d’esclavagisme permanent. Ce n’est pas le cas de l’Afrique, tout au moins pas pour l’instant. Quoiqu’on dise, nous avons une très grande marge pour nous affirmer économiquement et industriellement dans nos pays respectifs.

Et si vous ne savez toujours pas comment, retrouvez-nous du 23 au 25 juin à Paris ou du 4 au 6 Août à Yaoundé pour en parler lors des 2 prochaines formations des industriels africains Rinvindaf, organisées par la Pougala Academy. www.iegeducation.com

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