institut ngaoudéré
NEWSLETTER

Français     English

Share this

Depuis une dizaine d’années, les instituts privés de formations professionnelles ont connu un accroissement spectaculaire dans la ville de Ngaoundéré.

Longtemps laissés à la merci des SAR/SM  qui étaient considérées comme de véritables centre destinés à accueillir des jeunes n’ayant pas trouvés de place dans les collèges et les lycées, les centres de formations professionnelles sont venus donner un souffle nouveau à ce secteur d’éducation, oh combien important. Dans ce progrès inévitable, Ngaoundéré n’est pas resté en marge tout au contraire. Pour Berved Ngolda, délégation départementale du Ministère de l’emploi et de la formation professionnelle de la Vina, le secteur a pris de l’ampleur ce dernier temps. « Par le passé on n’accordait pas beaucoup d’importance à la formation professionnelle mais avec la recherche des qualifications adaptées au système de production des entreprises, beaucoup de jeunes s’y intéressent » précise le responsable, digne fils du Mayo Tsanaga dans la région de l’Extrême-nord.

Offres de formation diversifiée

La ville de Ngaoundéré est en pleine mutation, des vastes chantiers de constructions. Les chantiers des logements sociaux, du CHU ou du barrage hydroélectrique de Bini-Warack nécessitent de bons techniciens à défaut de personnels hautement qualifiés pour exécuter les différents travaux. Cette éventualité a favorisé l’amélioration des filières proposées aux apprenants. Des chiffres obtenus auprès des services du Minefop, l’informatique est en tête avec 12 instituts de formation, suivi par les centres spécialisés en services et en industrie qui regroupent 11 instituts alors que 6 structures de formation professionnelles seulement forment en agro-élevage. Les TIC, semblent le nouvel eldorado de formation. Plusieurs instituts s’y engouffrent. Situé au centre commercial de Ngaoundéré, Innovative Technologies s’illustre dans la sécurité réseau. D’après Sandrine, assistante de direction de innovative, « nous offrons une gamme variée de formation dans la sécurité réseau, la maintenance informatique, l’audit et contrôle de gestion ». L’université de Ngaoundéré en sa qualité de technopole, à travers le Centre de développement des technologies de l’Information et de la Communication (Cdtic), positionne les technologies 2.0 au cœur de la formation académique.

Lire aussi / Also read
Cameroun - Insécurité : Nouvelle attaque de Boko Haram à Goshi dans l'Extrême-Nord

Recherche des lettres de noblesse

À Ngaoundéré contrairement à des villes comme Yaoundé ou Douala, les instituts privés de formations professionnelles accusent encore un retard considérable. Un avis que partage largement Cyrille Dibamou, développeur informatique qui confirme notre analyse : « La ville de Ngaoundéré et le grand nord trainent un peu le pas par rapport au reste du pays. L’engouement ici n’est pas encore au rendez-vous ». Toutefois des améliorations sont observées comme le constate Ibrahim, formateur à l’institut Copytech, « il y a un grand progrès qui s’est fait et Ngaoundéré fait figure de pôle d’excellence en matière de formation professionnelle » ; mais il relativise en s’appuyant sur un adage africain qui dit « on peut amener un cheval jusqu’à l’eau mais on ne peut pas l’obliger à boire ». Un point de vue partagé par Fadimatou, secrétaire général de l’institut Satep, « La population a pris conscience de l’importance d’avoir une formation. Les centres de formation donnent satisfactions dans cet élan ». C’est oublié les péripéties et les mésaventures dont souffre ce secteur dans l’Adamaoua.

Séparer la bonne graine de l’ivraie

Comme dans tout domaine de la vie, il y a le bon et le mauvais mais comment faire la différence ? Le secteur de formation professionnelle n’échappe à cette donne. Un examen minutieux des chiffres recueillis auprès de la délégation départementale révèle cette anomalie. Ainsi sur 33 instituts répertoriés, seules 16 disposent d’agrément, 9 n’ont pas renouvelé leur agrément et 8 sont considérés comme étant clandestines. Au cours de nos descentes, nous avons relevé une contradiction affligeante. Allant dans ce sens, l’institut IFOM est inscrit sur le tableau des formations clandestines mais sa particularité est qu’il est situé en face de la délégation départementale. Aux dires de Berved Ngolda, délégué, « nous avons pris des dispositions qui s’imposent afin de ramener à l’ordre les instituts récalcitrants. Cela va de la mise en demeure à la saisie des autorités pour la fermeture de ces centres ». Mais pour l’un des promoteurs, l’argent est le nerf de la guerre : « Nous manquons des sources de financement et cela entrave le bon déploiement de nos activités» souligne-t-il. « Nous nous battons et faisons ce métier avec grand amour » répond un de ses collègues. Dans un institut spécialisé en management des entreprises qui porte le nom de son promoteur, les étudiants prennent cours dans un immeuble imposant en chantier. Ici sur ce chantier abritant l’institut situé au quartier Baladji, la propreté des lieux et la présence d’une boite à pharmacie contraste avec la poursuite de la construction du bâtiment.

Lire aussi / Also read
Ngaoundéré : Pourquoi la finance islamique tarde à prendre son envol ?

Insuffisance de main d’œuvre

Sur les ondes d’une radio du pays, l’on a entendu le directeur d’une entreprise turque chargée de construire le complexe sportif de Yassa à Douala lancer un appel au gouvernement pour faciliter l’obtention des visas à des centaines de ses compatriotes pour venir travailler sur le chantier. Il y a quelques années, on a entendu sur la même radio nationale le Ministre Perevet Zacharie jurer que notre pays ne connaitra jamais  pareille situation, à l’époque l’entreprise américaine qui construisait le « Pipe-line Tchad-Cameroun » fut obligée d’importer des manœuvres des Philippines pour achever ses travaux. Est-ce à dire qu’aujourd’hui encore le Cameroun manque de telles compétences ? En tout cas dans la métropole régionale de l’Adamaoua, les instituts privés de formation professionnelle s’activent à fournir  aux entreprises des compétences adaptées à leurs attentes. Seulement plusieurs domaines restent à couvrir pour la disponibilité suffisante de main d’œuvre dans tous les chantiers de l’émergence.

Share this

Réactions

Veuillez saisir votre contribution !
Veuillez saisir votre nom ici

− 3 = 3