ouvriers Chine
Employés d'un salon de coiffure devant leur patronne, en Chine
NEWSLETTER

Français     English

Share this

Cette scène sur les 2 photos se passe sur les trôttoires de toute la Chine tous les soirs à la fin d’une journée de dur travail. Nous sommes ici devant un salon de coiffure. Avant de rentrer chez eux, les employés en ligne ordonnée devant leur patronne, doivent faire le point sur leur journée de travail, sur tout ce qui n’a pas fonctionné afin que le lendemain ces erreurs soit corrigées.

Tous les problèmes de cette petite boutique sont ainsi mis sur la place publique où les clients peuvent venir assister, puisque selon cette méthode, c’est bien le client qui est roi et si on fait tant d’effort pour lui, il faut bien qu’il sache tout le sacrifice qu’on fait pour lui rendre un meilleur service tous les jours.

ouvriers Chine
Employés d’un salon de coiffure devant leur patronne, en Chine

Certaines peuvent trouver ce rituel, humiliant, mais cela a le mérite de secouer les employés et de leur rappeler que l’entreprise existe pour réaliser des bénéfices et faire face à un marché qui ne pardonne pas. Car les clients vous zappent très facilement si vous ne lui donnez pas ce qu’ils attendent et c’est la mort assurée de l’entreprise.

Cette technique marche en Chine parce que depuis l’enfance on a éduquer les gens à l’ordre et la discipline et ceux qui contreviennent sont exclus du groupe ou sévèrement punis. On a enseigné aux gens la valeur du travail bien fait. On leur a dit que leur avenir et celui de leurs enfants dépendent étroitement de la santé de leur entreprise sur le marché. Chacun est donc conscient qu’il n’est pas seulement là pour remplir les poches d’un méchant capitaliste, mais surtout assurer la solidité de l’entreprise qui l’emploie afin qu’il n’aie aucun soucis demain pour payer ses propres factures.

Nous sommes dimanche aujourd’hui. Dans une bonne partie de l’Afrique on va enseigner aux gens que le travail est une punition divine, que si Adam et Eve n’avaient pas fauté, nous n’aurions pas le moindre besoin de travailler pour vivre. Pire encore, qu’on peut ne pas faire un grand effort sur cette terre pour gagner sa vie, puisque de toutes les façons, pour l’éternité on a le paradis qui nous attendrait après la mort et làbas, point besoin de travailler pour gagner sa vie. Au paradis, on a tout Ndjo’o (gratuit) car “Demandez et tout vous sera donné” Mathieu 7, 7

Lire aussi / Also read
Ngaoundéré : Une commerciale radiée de Mtn Cameroun pour escroque

La conséquence est catastrophique sur l’engouement des employés au travail. Si vous êtes là, les employés travaillent. Si vous tournez le dos, ils font autre chose. Le travail est d’abord vécu comme un fardeau, comme une punition.

Dites alors à l’un d’eux que son rendement est insatisfaisant et que vous devez vous séparer de lui. C’est là qu’il découvre subitement qu’il est un pauvre et que ce travail est le seul moyen pour lui donner à manger. Et si vous insistez et le licenciez, préparer à des pages sur les réseaux sociaux de diffamation contre vous le plus grand méchant du monde. Comme si en recrutant un collaborateur, vous êtes en train de l’épouser.

En Afrique, les collaborateurs ont pour la plupart une facheuse tendance à être laxistes de bout en bout pour remplir leur fonction et puisque cela ne pourra que naturellement mal se terminer, le moment venu, ils ne comprennent pas que lorsqu’un rapport de travail est terminé, c’est vraiment terminé et qu’il n’y aura pas de deuxième mi-temps.

En Afrique, les collaborateurs quelqu’ils soient se comportent comme s’ils étaient vos associés, vos partenaires en affaires. Surtout faites attention de ne pas accepter qu’un d’eux vous propose de faire un faux pour obtenir un papier ou pour quoi que ce soit. Si vous commettez cette erreur fatale qu’on présente comme pour vous donner un coup de main, désormais il vous tient et dès lors, vous ne pouvez plus le licencier même s’il n’est pas performant ou commet des fautes graves dans votre entreprise.

Nous avons négocié avec les usines italiennes italiennes pour accueillir en stage les employés de nos diplômés dans de nombreux secteurs, de la production de la bière artisanale au traitement de la viande en passant par la pâtisserie. Problème : les 100% d’employés partis se former ne sont jamais retournés à la fin de leur stage. Ils ont tout simplement disparu dans la nature. Quoi faire ? Je n’ai pas eu d’autre solution que d’interrompre une telle opportunité d’apprentissage.

Lire aussi / Also read
Cameroun : Les Télécoms et les TIC livrent leurs secrets

Il y a tellement de situations sans réponse alors que nous nous plaignons qu’il n’y a pas suffisamment d’emplois pour résorber le chômage. Le problème est qu’à mon avis, il n’existe que l’industrie pour résoudre ce problème de chômage de masse dans nos pays en Afrique, comme on l’a fait partout ailleurs. Mais une industrie pour fonctionner a besoin des employés disciplinés. Une usine pour rester longtemps sur le marché a besoin des ouvrier honnêtes.

Mais peut-on espérer avoir des ouvriers honnêtes comme des extra-terrestres sur une planète de corrompus où à chaque niveau, quelqu’un vous demande d’ajouter un pourcentage pour sa propre commission ? J’ai écrit beaucoup de textes qui prouvent comment les européens sont corrompus à tous les niveaux de l’administration publique. Mais de grâce, dans le secteur privé, les employés d’une entreprise ont une certaine rigueur pour la question d’argent. C’est indécent et même indigne de demander à un fournisseur d’une boite minuscule de vous verser des commissions.

Dans mon pays le Cameroun, ce comportement est une véritable plaie, une gangrène qui risque de se révéler fatale pour les usines qui vont se créer car le concurrent français ou chinois qui déverse son produit sur le marché du Cameroun n’a payé aucune commission à qui que ce soit et donc, devient tout naturellement plus compétitif que nous-mêmes sur notre propre marché. Car ce que les gens oublient, c’est qu’à chaque fois qu’il y a une commission qui est demandée, c’est le prix final du produit qui doit être majoré. Le problème est justement que nous ne sommes pas seuls sur le marché. Et c’est comme cela que nous scillons la branche d’arbre sur laquelle nous reposons tous les espoirs d’envoyer les enfants à l’école, de payer leur santé, de rembourser nos emprunts etc. Et un jour ou l’autre l’entreprise fermera.

Lire aussi / Also read
Université de Ngaoundéré : Une exceptionnelle pionnière nommée à l'ENS de Bertoua

Que faire des ouvriers qui passent la nuit à prier dans les églises dites réveillées et qui viennent somnoler toute la journée sur le travail à la chaîne où la défaillance d’un employé entraine celle de tout le groupe ? Pour éviter des drames liés aux accident de travail qui sont prévisibles dans ces situation, je suis de l’idée que durant les entretiens d’embauche vous devez écarter toute personne qui passe la nuit à prier. Parce qu’il ne sera jamais au top de sa forme durant la journée. Le week-end est fait pour se reposer, lorsque des ouvriers les passent à hurler et sauter dans les églises, il est évident qu’ils n’ont pas le bon profile pour travailler dans nos usines.

Quoi faire ? Je n’ai pas de solution.

Si vous avez trouvé une parade pour mettre vos employés consciencieusement au travail que vous soyez présents ou absents, et qu’ils soient performants au travail malgré leurs croyances religieuses qui absorbent tout leur moment de repos, merci de nous le faire découvrir.

D’ici là, certains Rinvindaf sont déjà tentés d’importer au Cameroun des ouvriers chinois pour faire tourner leurs plantations et ensuite leurs usines. Qu’en pensez-vous ?

Jean-Paul Pougala
Tianjin, le 30 Avril 2017

Share this

Réactions

Veuillez saisir votre contribution !
Veuillez saisir votre nom ici

70 − 69 =