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Can 2017 oblige, le déficit de production de l’énergie dans le réseau interconnecté (Adamaoua – Nord – Extrême Nord) a été couvé en début d’année, alors même que la cote d’alerte était atteinte dès le mois de novembre 2016.

Le planning de rationnement d’Eneo publié le 10 Avril est alors venu confirmer un déficit énergétique systématique avec un rationnement sans précédent depuis les premiers soubresauts enregistrés en 2013. Pour faire simple, plus d’une cinquantaine de localité, de Meignanga à Manga en passant par les trois chefs-lieux de région (Ngaoundéré, Garoua et Maroua), se voient privées d’énergie électrique deux à trois fois par semaine dans des tranches horaires comprises entre 6h et22h. Si pour les ménages le phénomène cause des désagréments certains, les conséquences sont beaucoup plus préjudiciables pour les administrations et les entreprises. Les secondes subissent fortement le contre coup économique. Si à la Sodecoton on dit avoir pris acte de la donne et pris des dispositions pour que l’huilière de Djamboutou autant que les neuf usines d’énergie du coton gardent un niveau d’exploitation convenable, la CICAM dont l’usine régionale de Garoua connaissait déjà des difficultés, accuse plus sérieusement le coup.

Du côté d’Eneo, la communication autour de cette situation privilégie l’axe des difficultés conjoncturelles, avec une normalisation attendue entre juin et juillet 2017, lors du retour des pluies. Officiellement, la faible occurrence des pluies l’année dernière n’a permis au barrage-réservoir de Lagdo d’emmagasiner suffisamment d’eau pour faire face à la période actuelle détiage. En “OFF”, certains cadres de l’entreprise évoquent d’autres problèmes, plus profonds.

L’ensablement du bac-réservoir qui limite considérablement la capacité de stockage de l’eau continue à être traîné comme un boulet. Le coût évoquer pour désensabler est autour de 4 milliards de F cfa, selon une source interne de plus, d’autres questions techniques empêchent Lagdo de faire tourner toutes ses turbines. Mais, plus fondamentalement, ce seul ouvrage n’est plus en mesure du supporter toute la demande du septentrion. Depuis l’ouverture du barrage en 1983, la démographie du septentrion a décuplé.

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