plastique
Crédit photo : leveilnormand.fr
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À Ngaoundéré, ville situé à la lisière de la partie méridionale et de la partie septentrionale du triangle national la situation n’est guère reluisante. Ceci même s’il est intéressant de reconnaître que des efforts ont été fait par les différentes parties prenantes impliquées qui font face à une résistance obstinée de la part des opérateurs indélicats.

Le plastique, cette matière ignoble et impure est considérée comme étant très peu dégradable, il lui faut des siècles d’années pour se décomposer. En outre cette particule connue sous le vocable locale de « ledda » est ancré dans les habitudes de la population locale, il n’est donc pas aisé de faire disparaître une pratique vue comme « ancestrale » par un simple arrêté, voire une formule magique étant donné que les habitudes ont la peau dure.

Ngaoundéré ville plastique ?

À Ngaoundéré comme dans la majorité des villes septentrionale l’image des plastiques dans les rues est saisissante, on est atterré devant les plastiques qui jonchent chaque rue, chaque coin et recoin de la ville.

« Il faut mettre en place les conditions incitant à la collecte et au recyclage des emballages plastiques » laisse entendre Amadou Drabo expert en recyclage des déchets à la tête de l’Ong Action pour le Respect de l’Environnement.

Dans la même lancé le docteur Hamadou Gambo fondateur de l’ONG APROSPEN reste un des piliers en matière de la sauvegarde de l’environnement parle en de terme et de ton similaire.

L’ancien point focal régional de la Dynamique Citoyenne dans l’Adamaoua insiste sur la nécessité pour les pouvoirs publics d’impliquer davantage les différents maillons de la chaine engagée dans ce processus irréversible, en l’occurrence la population, les associations de la société civile ou les communes. « Les emballages plastiques sont un réel problème pour nos populations et il est plus qu’urgent de sortir de l’utilisation de ces plastiques » nous confi t-il.

Un partenariat ouvert est donc indispensable pour parer à la menace que représente des plastiques non autorisées et un accent doit être mis sur les « solutions imaginées localement ». Dans cet élan la société civile par l’entremise de Madame Ousmanou présidente de l’Ong COSCA et point focal régional est très claire.

« Il faut faire un véritable travail en amont, disposer ce qui est dégradable de ce qui ne l’est pas » nous a-t-elle fait entendre.

817,5 kg d’emballages plastiques saisies

C’est le chiffre révélé par les services de la délégation départementale de l’environnement de la protection de la nature et du développement durable. D’après Singdie Bouba Marius délégué départemental

« jusqu’à ce jour nous avons saisi 817.5kg de plastiques non autorisés dans l’ensemble du département de la Vina » déclare t-il.

Au responsable départemental d’ajouter

« dans le cadre de la décentralisation le MINEPDED a transféré des crédits pour la lutte contre les emballages plastiques au niveau des communes pilotes. C’est ainsi que la Commune de Ngaoundéré I a collecté 60 filets, Ngaoundéré II 160 filets et Ngaoundéré III a effectué le ramassage de 75 filets d’emballages plastiques » nous révèle le délégué.

L’opération qui connait des succès, rencontre une résistance farouche sur le terrain et les contrôleurs sont soumis à des obstacles.

«Il y’a une résistance des contrevenants avec pour but d’informer les autres commerçants de la présence du control de même que la multiplication des stratégies de résilience par les commerçants. D’autres n’hésitent pas à évoquer des pratiques mystiques pour empêcher la fouille de leurs magasins » déclare le responsable.

Les causes de la résistance

Donald Trump, le trépidant président milliardaire Américain disait à propos du changement climatique que c’est une invention de la Chine pour dominer les États Unies d’Amériques. Ce scepticisme démesuré est loin d’être l’apanage du seul président du pays de l’oncle Sam. Ici à Ngaoundéré il n’est certes pas question de changement climatique mais des emballages plastiques et il n’est pas exclu d’entendre des certaines personnes tenir un discours qui ressemble étrangement à celui du nouveau leader du monde libre.

Beaucoup s’obstinent à ne pas voir de bon œil l’interdiction des emballages plastiques. Nana Abbo Ishaga dirigent d’une entreprise Export -Import opérant entre le Cameroun et le Nigeria s’insurge contre les directives du gouvernement en matière des emballages plastiques. Pour lui par cette interdiction c’est une opportunité d’affaire qui a été supprimé.

« Cette histoire des emballages plastiques est fabriqué de toute pièce par quelques intellectuels et politiciens pour nous compliquer davantage la vie » tente t-il d’expliquer avec un air convainquant.

Dans sa démarche persuasive il continue

« on nous dit par exemple de remplacer les plastiques par les emballages en papier, c’est oublier que pour faire les papiers on est obligé de raser toute une forêt et par ce geste on encourage le déboisement qui reste la principale cause de changement climatique ».

Ne finissant pas de décortiquer la mesure gouvernementale le commerçant souligne que

« le plastique est plus léger et facile à transporter contrairement aux tonnes de papier ».

Mais la vraie raison de cette résistance est à trouver du côté lucratif. Aujourd’hui avec la rareté de plastique sur le marché c’est la flambé des prix. Plus les plastiques sont rare plus les prix gonflent et le gain est triple voire quadruple

Stratégie contre supercherie

Des visites inopinées sont régulièrement organisées par la brigade de répression des emballages plastiques en vue de traquer les commerçants indélicats. Dès lors des stratégies se multiplient pour échapper aux agents de contrôle. Sur le terrain ce qui est présenté par le Délégué Singdie Bouba comme « des faux contrôleurs pour arnaquer les commerçants » est plutôt désigné comme des vrais agents de contrôle se livrant à des pratiques de corruption, d’escroquerie et d’arnaque.

Selon Moussa commerçant au grand marché nous rencontrons des mésaventures avec les contrôleurs.

« ils ont envoyé un enfant pour acheter ces plastique dans mon magasin une fois que j’ai sorti la marchandise les contrôleurs ont surgis de nulle part pour mettre la main sur mes plastiques. Alors j’ai dû négocier et payé 20 mille pour que les plastiques me soient restituer » confie le commerçant.

La répression est conduite conjointement avec la délégation le Ministère du commerce nous se défend Singdie Bouba.
L’un des aspects les plus frappants est que le plastique vendu sur les marchés de Ngaoundéré provient de la ville nigériane de MOUVI et l’on a du mal à croire qu’une cargaison transportant des emballages plastiques puisse circuler sur les routes du septentrion sans que la douane ne soit pas au courant.

Sensibilisation et conscientisation

L’on se souvient de l’initiative lancée par le Ministre Hele pierre à l’époque à savoir « la bourse nationale des déchets ». On ignore à ce jour ce qu’est advenue ce projet. Quoi qu’il en soit des innovations sont perceptibles en vue de rallier la population à cette cause. A la communauté urbaine de Ngaoundéré Mouhamadou Oumate chef service d’hygiène et d’assainissement nous fait état de l’implication de son institution sur cette voie.

« Nous sommes en train de mettre sur pieds un projet en partenariat avec l’Université de Ngaoundéré pour la collecte, le tri et la sensibilisation de la population, et par la même occasion créer d’emploi pour les étudiants » nous confit-il.

En ce qui concerne la société civile les actions dans le sens de l’information et de la sensibilisation des jeunes est une priorité.

« Les jeunes sont les leaders de demain s’ils ne sont pas conscientisé maintenant ils financeront demain des catastrophes écologiques » soulève madame Ousmanou.

Les campagnes d’informations et de sensibilisations auprès des populations cibles pour renverser l’ignorance sur le danger que représente les emballages plastiques pour l’environnement devraient s’accentuer. Ceci représente un catalyseur de transformation des mentalités. Singdie Bouba Marius, Délégué départemental et expert en prévention et lutte contre la sécheresse est claire la dessus.

« Nous conseillons la population à arrêter l’utilisation des emballages plastiques non autorisé qui sont inférieur à 61 micron. Car le plastique est un danger pour la population, les animaux et la nature » déplore le responsable.

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