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Les artistes et producteurs du Tchad et ceux du monde, ont accordé leurs violons pour célébrer ce 21 juin la fête de la musique. Mais dans sa longue marche, le pays peine à imposer sa musique sur le plan international. Voici quelques pistes de réponses.

Le Tchad est un pays de mélomane avéré. Un classement paru dans le journal Jeunes Afrique il y’a quelques années, dévoilait la percée des chaines de télévision ayant pour spécialité la diffusion des musiques, en bonne place par rapport aux chaines d’informations générales. A l’occasion de la célébration de la fête de musique ce 21 juin, Plusieurs manifestions se sont organisé dans la capitale, au sein des centres culturels, maisons de quartier, maquis, et autres espaces dédiés à la musique.

La musique en direct à la télévision.

Tombé à pic, la journée a commencé par une bonne nouvelle. La signature d’un protocole d’accord entre le ministre du développement touristique, de la culture, et de l’artisanat Mahamat Saley Haroun et la ministre de la communication et des relations avec l’assemblée madame Madeleine Alingue sur la retransmission en direct sur les ondes de l’office nationale des radiodiffusions du Tchad de la fête de la musique avec effet immédiat et ce pendant les dix prochaines années. Cet accord marquera sans doute un pas considérable qui boostera la reconnaissance de certains artistes peu connu dans l’arrière-pays et à l’extérieur du pays.

La marche tumultueuse de la musique Tchadienne.

La musique Tchadienne dans sa longue marche n’a cessé d’enregistrer des artistes qui ont fait rayonner le pays à travers les grandes scènes à l’internationales et remporter des trophées de renommés. Et sur le plan national des festivals et rencontres musicales ne cessent de naitre à l’instar de Fest’Africa, Neige au sahel, Nirida hip hop, Djam-vie, etc.

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Il est vrai de le reconnaitre, la musique est en évolution au Tchad. Il y a de cela dix ans, le pays ne disposait qu’à peine deux studios de production. A ce jour l’on compte des dizaines à travers le pays avec du matériel de dernière génération.

Apprentissage et amélioration.

Avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, les jeunes artistes ont beaucoup appris des autres ; et du coup le contenu et style musical change. Quelques structures, mécènes s’ouvrent à la musique et encouragent la culture de plus en plus. Le mélange entre la musique traditionnelle et moderne donne à la musique Tchadienne une originalité sans pareil.

La musique étrangère préférée aux rythmes locaux

Mais il faut le déplorer, la musique au pays de Toumaï souffre de plusieurs maux qui lui tirent vers le bas. Parmi ces maux, la recherche d’une identité musicale. Le pays peine à imposer son rythme sur la scène internationale. Il est difficile de trouver un artiste qui développe un rythme local et qui s’impose à l’international. Les artistes Tchadiens développent plus de la musique étrangère que leur propre musique. L’homme Tchadien préfère écouter du Ndombolo, Makossa, Bikutsi, RUMBA, coupé décalé, etc. que du Saï, Ndala, Walga, et autres. Dans les radios locales, les télévisions, les discothèques, les bars, cabarets, etc. Il est très rare d’écouter de la musique locale. Le public local affiche malheureusement fièrement cette passion qui pourrait être qualifié d’un défaut selon un artiste local.

L’on peut citer ensuite, la rupture entre les anciens et les nouveaux. Cette guerre de génération pose un réel problème dans le développement de la musique locale. Le soutien artistique fait aussi problème. Certains partenaires et opérateurs économiques ne comprennent pas toujours l’intérêt de soutenir certains évènements artistiques et musicaux.

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Problème de qualité et de visibilité

La qualité de la production. Cet aspect est l’une véritables cause de la souffrance de la musique Tchadienne. Selon Preston Ndinga du label PRESTON Concept

« le pays souffre d’un souci dans la production. Certes, plusieurs studios se sont dotés des matériels de haute qualité pour la production, mais le pays fait face à un déficit de ressource humaine de qualité. Pas de personne ressource valable. Pas des ingénieurs de studios, de beatmaker, mixeurs, directeurs artistiques, etc. même quand il y a quelques fois, la plupart de ces spécialistes sont des étrangers. Et les artistes se plaignent du fait qu’ils ne sont pas de bonne foi ».

Pas de visibilité. Il n’y a pas trop de canaux de diffusion. Sauf quelques radios FM de certaines villes y font le boulot, mais cela reste plus souvent autour de leurs périmètres de diffusion. Les artistes n’arrivent pas à s’arrimer à l’internet. La plupart ne diffusent pas leurs musiques sur les sites spécialisés, ou ne dispose pas de site internet ou meme de compte sur les réseaux sociaux. Or, personne ne peut douter que de nos jours, la musique se consomme plus sur les réseaux sociaux qu’ailleurs et que ce sont ces même réseaux sociaux qui font les artistes. Un travail considérable doit être fait en ce sens. Car nul ne peut le douter, c’est la révolution numérique qui fait le monde à l’heure actuel.

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