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Jean Paul POUGALA
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L’armée française est une armée « bout de ficelle », ce n’est pas moi qui le dis, mais le colonel Jacques Bessy, Président de l’Adefdromil, (une association des gradés de l’armée française à la retraite, créée en 2001), dans une interview diffusée le 22 Avril 2014 sur les ondes de la radio publique française en continue : France-Info.

Ils parlent au nom des soldats car le droit de réserve leur interdit de parler, de se plaindre de leurs conditions déplorables de travail. Voici ce que le Colonel Jacques Bessy déclare à France-Info pour décrire les conditions lamentables de l’armée française en Centrafrique :

“Les fantassins ne réclament pas grand-chose finalement. Juste du matériel qui tient la route, des équipements – des radios par exemple – qui fonctionnent. C’est clair que la plus grosse inquiétude porte sur le matériel roulant. Les véhicules de l’avant blindé sont fatigués, en fin de vie. Souvent, quand les pièces s’usent. Il faut désosser deux véhicules pour en faire un seul. C’est ce qu’on appelle la cannibalisation du matériel. Tout cela alourdit les opérations et cela mine le moral. C’est grave car le moral, c’est capital dans une armée en opération. Sans le moral, il y a une baisse de vigilance, et c’est là qu’on augmente le risque de se laisser surprendre”.

Sur Facebook, ce sont leurs familiers qui prennent le relai de l’Adefdromil et parlent pour eux. Voici 4 témoignages de mamans de garçons des 2000 militaires français opérant en Centrafrique, receuillis par la même édition de France-Info:

  1. Nous, les familles, on en a assez d’être toujours dans une inquiétude qui n’est pas forcément justifiée. Oui c’est leur choix d’avoir embrassé cette carrière. Mais ils n’avaient pas signé pour de telles conditions d’intervention. Ce sont nos enfants, nos maris, nos frères, des hommes courageux. Ils sont dignes de disposer d’un meilleur matériel et de conditions décentes de vie sur le terrain. Moi comme beaucoup de Français, je paye des impôts et je me demande où passe l’argent alloué à la défense”
  2. Nos garçons racontent qu’ils doivent frapper très fort le démarreur avec une barre de fer pour essayer de faire repartir ces VAB, (véhicules de l’avant blindé). Quelquefois, cela fonctionne. Quelquefois pas. Et il faut espérer qu’à ce moment-là, ils ne soient pas pris pour cible par des insurgés. On sait que les mécanos commandent souvent des pièces qui n’arrivent jamais. Car ce sont des modèles de pièces épuisés ou parce que tout simplement, il n’y a pas l’argent. Mes fils me disent parfois qu’ils ont le sentiment qu’un jour on finira par leur demander d’aller au front avec un bâton”
  3. Dès son arrivée, voyant qu’il devait dormir sous la tente sans climatisation, mon fils a fait comme quantité de soldats là-bas. Il est allé au marché de Bangui et il s’est acheté son propre ventilateur pour que ses nuits soient plus supportables. Il l’a payé avec son propre argent. C’est le cas d’ailleurs aussi pour beaucoup de ses affaires : son gilet à poches, ses chaussures, son sac à dos. Tous ces équipements-là, il les a achetés sur Internet ou dans des boutiques spécialisées en France. Car les équipements qui leur sont fournis par l’armée sont de mauvaise qualité. Ces sont des ‘premiers prix’, les coutures cèdent, les semelles se décollent, ça n’est pas fiable pour une mission de plusieurs mois à l’étranger”, et l’éditorialiste de la radio France-Info d’ajouter comme une fatalité : “On se souvient aussi de la polémique sur les chaussures dont les semelles fondaient au contact du sol au nord Mali”.
  4. On circule dans des véhicules sans blindage dans des zones pourtant sensibles. Alors on fait avec les moyens du bord : on prend des gilets pare-balles et on les déplie sur les portières en guise de protection. A l’arrière, là, on met des sacs de sable pour arrêter les balles.”
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Dans une “Question écrite” n° 11410 adressée au Ministre Français de la Défense, du Député UMP, M. Christian Cambon (Val-de-Marne – UMP) après avoir séjourné du 14 au 15 avril 2014 avec l’armée française en Centrafrique, Question publiée à la page 977 du Journal Officiel Sénat du 24/04/2014, voici ce que dénonce le parlementaire, au sujet des conditions de vie “très précaires” de ces soldats français qu’il a rencontrés en Centrafrique :

“Leurs repas sont rarement chauds et restent très frugaux. Ils ont peu d’espace disponible au camp et deux douches sont en fonctionnement pour tout le camp (de M’Poko). Il n’y a pas de moustiquaires sauf pour l’hôpital alors que la saison des pluies favorise la prolifération des moustiques et le risque de paludisme. Le matériel médical est contingenté pour des soldats soumis aux piqûres d’insectes, aux infections et à des désordres intestinaux. Les conditions sont moins difficiles que dans les camps de réfugiés mais une armée comme celle de la France ne doit pas faire subir de telles contraintes à ses soldats. “

(…)

Jean Paul POUGALA
Bafoussam, Cameroun le 15/05/2014

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