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L’organisation internationale Amnesty international, dans un rapport publié le 14 juillet à Yaoundé, accuse l’armée camerounaise, de graves violations à l’encontre des populations civiles, dans le cadre de la lutte contre secte islamique Boko Haram.

Une fois de plus Amnesty International revient à la charge contre l’armée camerounaise. Habitué à l’exercice de la force dans la résolution des crises sécuritaires sur le territoire camerounais, les unités d’élites à l’instar du Bataillons d’intervention rapide (BIR) n’auraient pas sus user de bonne approche militaire selon l’organisation. Alioune Tine, directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest a demandé l’instauration de la peine de Mort dans un Etat de dit de Droit qu’est le Cameroun.

A-t-il déclaré,

solennellement nous nous adressons aux autorités camerounaises pour demander l’abolition de la peine de mort

Soulignant que,

combattre dans les conditions de respect des conventions internationales de droit. L’État installe des situations de non droit

Le document, intitulé «Bonne cause, mauvais moyens: Atteintes aux droits de l’homme et à la justice dans le cadre de la lutte contre Boko Haram », l’Ong spécialisée dans la défense des droits de l’homme, accuse de nouveau l’armée camerounaise, de torture, d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées, d’arrestations et détentions arbitraires et de recours excessifs à la force envers les populations civiles, dans le cadre de la lutte contre Boko Haram.

Dans le même rapport, les autorités judicaires, sont pointées du doigt, pour des cas de procès inéquitables et de « recourir systématiquement à la peine de mort », dans un contexte de lois « anti terroristes draconiennes », précise le document.

Arguments poignants

Amnesty International, pour démontrer les faits reprochés, évoque le cas d’un jeune étudiant, qui a reçu une balle dans la jambe, pour n’avoir pas donné le code de son téléphone à Koza, en juillet 2015. Le rapport cite également, des arrestations de masse à Kossa, en février 2015. L’arrestation de 250 proches de détenus devant la prison de Maroua en juillet 2015. La condamnation de 100 personnes dont des femmes à la peine de mort, des cas de disparitions forcées à Kousséri en mai 2014, au marché d’Amchidé en juin de la même année, à Guirvidig en mars 2015 et à Maroua en mars 2015. Egalement des cas de torture et de mort en détention à Bornori, de l’étudiant poursuivi pour « terrorisme » pour avoir envoyé un SMS sarcastique à ses amis, -contenu du message, –« Boko Haram recrute les jeunes de 14 ans, et plus, conditions de recrutement : il faut avoir suivi 4 matières en GCE et religion ».

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Riposte gouvernementale

Les membres du gouvernement du Cameroun, ont vite fait de s’offusquer contre cette position contradictoire à la situation de crise sécuritaire.

«Nous avons un procédé pour vérifier que toutes les actions se passent conformément au respect des droits de l’homme »,

a réagi le Colonel Didier Badjeck, chef de la division Communication au ministère de la Défense, présent au moment de la présentation du rapport.

Pour le gouvernement, Amnesty international est en train de travestir les faits. Approché, Le porte parole du gouvernement, Issa Tchiroma, ministre de la Communication, dénonce une atteinte à l’honneur du Cameroun et la bravoure des militaires. «ce discours est diffamatoire. Il travestit la réalité », conclu-t-il.

Responsabilité partagée

Accusé de manque d’objectivité, les membres d’Amnesty International, reconnaissent les griefs de l’autre camp. «En face, les éléments de Boko Haram, volent, violent décapitent et, sèment la mort en faisant usage de bombes humaines, reconnaissent les membres d’Amnesty ». Une réalité qui ne saurait légitimer l’usage excessive de la force par les soldats camerounais.
Les membres de AI ont indiqué qu’il s’agit d’un travail de terrain,

« il ne s’agit pas d’un acharnement du Cameroun ou de ses autorités. C’est de notre devoir de dénoncer les abus liés aux atteintes aux droits de l’homme. Ce document, est le fruit d’un travail de terrain fait par nos équipes. Ce travail, nous le faisons partout dans le monde. Et nous avons systématiquement partagé l’essentiel de nos résultats »,

fait valoir Samira Daoud, directrice régionale adjointe Amnesty international.

Subventions suspendues

Réagissant à une correspondance à lui adressée le 23 juin dernier par le représentant Afrique centrale et de l’Ouest de Amnesty International, Alioune Tine, l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, Michael Stephen Hoza, dans un accusé de réception daté du 11 juillet 2017 a indiqué que les Etats-Unis ont suspendu leur collaboration avec les forces de défense camerounaises.
Leahy Law Michael S.Hoza explique dans sa correspondance que les Etats-Unis veulent rester conformes au Leahy Law (loi leahy) qui fait interdiction au pays de l’Oncle Sam d’apporter une assistance à une armée étrangère accusée de violations des droits de l’homme.

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Le diplomate a cité dans sa lettre les unités du Bataillon d’intervention rapide (corps d’élite de l’armée) positionnées à Maroua Salak, Mora et dans la région de l’Adamaoua qui, d’après lui, ne bénéficient plus de l’assistance américaine.

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