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Le journalisme et la paix, conflit ou convergence de regard ?

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Le rôle du journaliste dans la promotion de la paix reste une réalité difficile, parfois tragique pour certains qui en paie les frais. Cette approche marginale qui tranche avec la nature du scoop recherché est le chantier du Prof. Steven Youngblood qui a échanger avec les professionnels de médias camerounais au siège de Fdriedrich Ebert Stiftung à Yaoundé.

Faire du journalisme un instrument de paix n’est pas toujours chose facile face à l’arsenal politique et la machine gouvernementale. Plusieurs reporters se trouvent souvent la cible des critiques pour leur travail impartial.

La neutralité ne fait pas toujours l’unanimité dans ce métier qui compte désormais parmi les plus dangereux au monde avec 74 journalistes tués en 2016 contre 114 en 2012 selon Reporters sans frontières (RSF). Une baisse qui cache le mauvais « Classement mondial de la liberté de la presse 2016 » qualifié par RSF de dégradation « profonde et préoccupante ».

Pour le journaliste de paix, la question de savoir « que faut-il publier ou pas dans la couverture d’un événement ou conflit ? » demeure fondamentale. Une préoccupation dont la réponse dépend parfois du côté dans lequel se trouve le reporter. Le contexte des pays africain ne facilite pas la neutralité de cette approche journalistique.

L’atelier organisé sur le thème « Peace journalism and election reporting », tenu du 17 au 19 juillet au siège de la fondation, a permis d’évaluer le travail des journalistes et leur contribution pour la promotion de la paix. L’une des visées est d’améliorer les capacités de production et productivité en faveur de la paix. Directeur du Center for Global Peace Journalism, Prof. Steven Youngblood a édifié les hommes des medias présents sur la nécessité d’œuvrer pour un journalisme responsable.

Acteurs de terrain, les journalistes camerounais notamment ceux couvrant l’actualité dans la partie septentrionale ont partagés leur expérience des faits et réalité dans la couverture des conflits au Cameroun. Le cas de la guerre contre Boko haram dans l’extrême-nord, la crise anglophone, l’affaire de l’évêque catholique de Bafia, etc. son quelques sujet qui alimente le débat dans la presse et nourrissent les frustrations des journalistes. Entre analyse des reportages et cas pratique, il a été question de s’approprier le principe de la plume de paix.
Entre la réalité du terrain et la communication gouvernementale, l’opinion ne sait pas toujours qui dit la vérité et milite pour la paix. Des cas de journalistes accusés et condamnés pour terrorisme dans l’exercice de leur fonction sont relevés. Des arguments qui pourraient justifier la thèse d’une presse muselée dans sa démarche pour la paix. Chacun pourrait avoir son mot à dire à ce sujet mais comment départager est la raison d’être du workshop animé par Prof. Steven Youngblood. Les journalistes en ont profité pour exposer leurs préoccupations et échangés sur les problématiques qui entravent le développement du « Peace journalism » dans nos pays.

Ce type d’initiative rentre dans la stratégie de la fondation Fdriedrich Ebert Stiftung qui participe activement dans le renforcement des capacités des journalistes de différents secteurs (media public, privé et communautaires) dans les questions essentielles de développement. La place des medias dans la réconciliation des belligérants n’étant plus à démontrer, l’action du journalisme de paix se doit d’être conciliante.

Dans son échange Pr. Steven Youngblood ferra savoir aux journalistes que

« Le journalisme pour la paix expose les causes des conflits et vise à encourager le dialogue avant la violence et à explorer les solutions. Les journalistes de la paix rejettent la propagande politique officielle et recherchent les faits de toutes sources… »

entre autres caractéristiques fondamentales.

Auteur de l’ouvrage Peace journalism principes and practice, responsibly reporting conflict, reconciliation, and solutions publié en 2017 aux éditions Routledge, New York, Steven Youngblood contribue activement à semer la graine de la paix dans le métier de journaliste à travers le monde.

L’atelier sur le « Journalisme de Paix », organisé par Fdriedrich Ebert Stiftung rentre dans la perspective d’un journalisme responsable pour les élections de 2018 au Cameroun. La fondation œuvre dans la démocratie sociale, éducation politique. Ses activités couvrent le domaine politique, développement social et développement des médias, de manière générale. A son actif dans le domaine de la presse, on note la publication du « Baromètre des médias » destiné à évaluer environnement médiatique au Cameroun. Trois éditions de cette étude ont déjà été publiées au Cameroun. Également une édition de ce baromètre a été publiée au Gabon et l’autre en RDC. La périodicité est de 3 ans dans l’optique de mener des plaidoyers pour les reformes dans le domaine de la communication.

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Rodrigue Tapeo
Journaliste, Communicateur, Promoteur culturel et Coordonnateur du Groupe FAD'ART. Il a travaillé avec plusieurs médias (radio, presse écrite, télévision, journal en ligne) dans le Septentrion du Cameroun. Il est aussi membre de la Société Civile Camerounaise, Consultant en communication sociale et développement de projet.

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