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Faute d’une réglementation suffisante, la vente libre de CD pirates affaiblie l’industrie des « Wadjos » de la musique. Garoua, dans la foulée de la parution de son album « Debbo manga » en 2013, les «  NORD10 » ont enchainé des concerts, à la rencontre de leurs fans, nombreux, qui écoutent depuis longtemps leur musique.

« Nos albums se vendent par milliers, nos spectacles affichent complets »

assure l’artiste Princesse Kadidja.

« Et pourtant, je n’ai jamais touché un franc CFA sur la vente de mes disques. Tout se passe comme si on disait à celui qui a travaillé tout le mois : désolé, ton salaire a été piraté par quelqu’un »

psalmodie Charly Sky le sahélien.

Produit Piraté

Cette situation, tous les musiciens de la région du Nord la connaissent. Il n’y a pas de statistiques précises pour l’industrie musicale. Mais il suffit de trainer sur n’importe quel marché pour constater que la majorité des albums distribués sont des produits piratés. « Au petit marché, nous estimons que ces ventes occupent 80% du marché » remarque Badamassi, artiste. Plus inquiétant encore, après le petit marché ; chez certains vendeurs de CD et chez les étudiants, la folie du téléchargement sur internet gagne du terrain et constitue près de 90% des voies d’obtention de la musique.

Il suffit d’avoir accès à un ordinateur, les amateurs de la musique à bas prix n’ont même plus besoin de se déplacer jusqu’au marché pour faire leurs emplettes. En quelques clics sur les sites spécialisés, ils peuvent télécharger gratuitement le dernier titre d’un artiste qui passe en boucle

Jeunes talents en péril

Evidemment, cette situation permet d’écouter de la musique pour presque rien, mais les conséquences pour « Les wadjos de la musique » sont ravageuses pour les grandes stars, les machines à vendre des disques et à remplir les salles comme Amina Poulloh, Num music ou Zongo Maimouna. Tous formatent leur musique pour le marché, mais en plus ces musiciens ne peuvent pas vivre de leur talent.

« A Ngaoundéré, parmi les maisons de productions, Sawtu Linjilla a arrêté les activités depuis des années, La faute à la rentabilité des albums des artistes »

affirme Dalley, producteur.

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Dans ces conditions, les producteurs ne prennent plus le risque de lancer un artiste qui débute. Ce qui amène les groupes ou artistes à se rendre au Tchad et Nigeria qui disposent de plusieurs maisons de production.

« Les lois sont aux oubliettes, malheureusement, on se demande si des lois contre la piraterie existent encore. Elles sont totalement dépassées depuis l’avènement des nouvelles technologies. Ils n’existent pas encore une vraie culture de la propriété intellectuelle »

souligne un responsable de la Délégation régionale des arts et de la culture du Nord qui a gardé l’anonymat.

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