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L‘effectif de filles scolarisées dans la localité située à quelques kilomètres de Maroua traduit l’écart ici dans l’égalité des genres face à l’accès à l’éducation.

L’éducation en générale et la scolarisation de la jeune fille en particulier s’avèrent très importantes quand on connaît le rôle social et économique de la femme. La localité de Moulvoudaye fait de timides progrès en matière d’éducation et surtout en ce qui concerne la scolarisation de la jeune fille. Le manque d’instruction de centaines de milliers de jeunes filles constitue un frein au développement. Les préjugés selon lesquels l’homme est supérieur à la femme se nourrissent et se renforcent encore dans cette partie septentrionale du Cameroun. Alors, deux à trois enseignants interrogés affirment que les filles sont plus intelligentes, plus courageuses et réussissent mieux que les garçons. Les statistiques recueillies dans cette localité sur 121 élèves, on a à peine 05 filles qui fréquentent. Mais au fait, qu’est ce qui freine cette scolarisation de la jeune fille ?

Ce faible taux s’explique sous plusieurs angles. Plusieurs obstacles socioculturels et économiques limitent la scolarisation des jeunes filles, surtout dans ce milieu rural de Moulvoudaye. À l’heure actuelle, à peine deux filles sur cinq vont à l’école primaire, trois sur dix fréquentent le collège et dix sur cinquante vont au lycée. Pour des questions de pauvreté, de préjugés, de croyances et de perceptions erronées vis-à-vis des femmes en général et des filles en particulier, ce sont des centaines de filles qui sont écartées des bancs de l’école. Pour beaucoup de personnes, la femme n’est réservée qu’aux travaux ménagers car dans nos sociétés traditionnelles la femme se limite à être une bonne épouse, c’est-à-dire qu’elle doit se soumettre à son mari, être une bonne mère; ce qui la renvoie aux fonctions de procréation et de ménagère. Elle doit en effet assurer l’éducation des enfants et être bonne maîtresse du foyer. Tous les travaux domestiques sont à sa charge. En cela, elle a besoin toujours de sa fille qui est donc censée rester à ses côtés pour bien assimiler les différentes fonctions de maman et d’assurer la relève un jour.

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Les parents et les religieux les plus radicaux considèrent que la scolarisation de la jeune fille est une perte de temps et surtout de valeurs qu’elle est censée acquérir avant de se marier. L’école des blancs est un lieu de perdition pour les filles et représente un univers qui ne les prépare pas convenablement aux pratiques de l’Islam.

« L’analphabétisme de beaucoup de parents explique le peu d’importance donnée à l’éducation scolaire des filles. Certains parents considèrent, souvent de bonne guerre que les filles scolarisées échappent au contrôle familial, social et communautaire en remettant en cause un certain nombre de valeurs et de comportements. »,

nous rapporte le directeur de l’école publique de Goumlaye, située dans l’arrondissement de Moulvoudaye.

Fort heureusement, des campagnes de communication et de sensibilisation sont lancées par l’UNICEF, en collaboration avec la délégation régionale de l’éducation de base afin de convaincre les parents d’envoyer leurs filles à l’école. Un Plan de plaidoyer pour promouvoir leur scolarisation a justement été mis en place à cet effet par l’association des parents d’élèves de cette localité qui aspire à éradiquer ce problème.

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