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Cameroun : Le projet de viabilisation divise le Maire et le Recteur de l’Université de Ngaoundéré

« Au vue de ce qui précède, nous marquons notre vive opposition à ce sujet et contre toute intrusion dans le domaine de l’université » a répondu le Pr Uphie Chinje Melo au maire Djika Massagala.

Pr. Uphie Chinje Melo, recteur de l'Université de Ngaoundéré
Pr. Uphie Chinje Melo, Recteur de l'Université de Ngaoundéré

Dans sa note d’information, Madame le Recteur de l’Université de Ngaoundéré n’a pas mâché ses mots sur l’intention manifestée par M. Djika Massagala, maire de la commune de Ngaoundéré IIIème, d’étendre ses constructions commerciales à bordure de sa clôture.

La pomme de division est bien le « Projet de viabilisation d’une dépendance de la voie publique au lieu-dit Bini ». Selon la correspondance n°029/OJ/SG/CA3/2017 adressée à l’université par la commune, le projet porte sur « la construction des équipements marchands dans le but de prévenir une éventuelle occupation anarchique dudit espace et par ricochet aboutir à une ville universitaire résiliente ». Souhaitant obtenir l’assentiment de l’Université de Ngaoundéré et susciter sa collaboration dans la mise en œuvre de son projet commercial, la commune a plutôt provoqué l’indignation de la communauté universitaire.

Venu assainir l’environnement Universitaire de Ngaoundéré, le Pr. Uphie Chinje Melo n’adhère nullement à l’idée selon laquelle les boutiques et les latrines côtoieraient les murs de l’institution dont elle a la charge. La correspondance n°2017/112/UN/SG/DIPD servie le 12 septembre 2017 l’exprime.

« Au vue de ce qui précède, nous marquons notre vive opposition à ce sujet et contre toute intrusion dans le domaine de l’université »,

peut-on lire dans la correspondance du Pr. Uphie Chinje Melo, Recteur de l’Université de Ngaoundéré. Cette réponse négative à la lettre du Maire de Ngaoundéré 3ème du 28 août 2017 est à l’origine des vives tensions entre les deux institutions fortes de la localité de Dang.

Une situation délétère qui vient davantage envenimer le climat social du troisième arrondissement de la métropole du château d’eau déjà plombée par de nombreuses exactions foncières. Pour soutenir sa démarche, la commune brandit toutes les dispositions prévues par les lois de la république.

« Je me dois de vous rappeler qu’à la lettre combinée des articles 3, 15, 16 et 17 de la loi n°2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes, il ressort clairement que la mission générale de développement locale et donc d’aménagement de l’espace revient à la commune. De plus la ressente élaboration des plan d’occupation des sols de notre ressort de compétence appel à un aménagement harmonieux de l’espace urbain de notre collectivité pour prévenir tout désordre urbain ».

Devant tous ses arguments juridiques, le recteur n’a pas manqué de questionner les conseillers municipaux sur l’image qu’ils voudraient que la cité universitaire reflète en envisageant placer des boutiques et latrines à proximité des infrastructures d’une aussi prestigieuse université à caractère « non seulement nationale, et sous régionale mais aussi internationale ». La commune étant garant de l’embellissement de la ville.

« À quoi bon de dépenser des dizaines de millions pour construire une clôture si on doit venir la dénigrer. Nous ne sommes pas contre ce projet mais sauf qu’ici cela n’a nullement sa place. » déclare un vice-recteur de l’université de Ngaoundéré.

Selon le maire, la surface retenue pour abriter le projet répond clairement aux pertinentes revendications de l‘article 4B de l’ordonnance n°74-2 du 6 juillet 1974 fixant le régime domaniale au Cameroun.

« Nous avons reçu un financement de 85 millions du PNDP pour la construction d’environs 30 boutiques. Si le recteur ne veut pas que ce soit fait ici faudrait qu’elle nous montre le lieu idéal pour le faire. D’ailleurs, l’université a empiété sur le domaine de l’État »,

réplique un conseiller municipal, s’appuyant sur les articles 91 et suivants de la loi n°2009/019 du 15 décembre 2009 portant fiscalité locale.

Les tensions ont vite fait d’alerter les autorités qui entrevoient une descente sur le terrain pour trouver une solution. Une commission composée des services du gouverneur, la préfecture, la communauté urbaine et les services déconcentrés de l’urbanisme et de l’habitat va se rendre sur l’espace querellé pour trancher sur ce conflit. De quoi pouvoir relancer la collaboration entre l’Université de Ngaoundéré et la commune de Ngaoundéré IIIème.

La Rédaction