Messanga Elvis Christian, Trésorier Payeur Général de l'Adamaoua
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Le Trésorier Payeur Général de l’Adamaoua, Messanga Elvis Christian, place des gardes fous autour de la gestion des finances publics locales dans la région. Le renforcement des capacités des comptables figure au rang des priorités car selon lui les comptables ont «un déficit de capacité et ne savent pas quoi faire ».

Dans cet entretien avec le reporter de chateaunews.com, le sourire facile, l’argentier de l’Adamaoua lève le voile sur la gestion des comptes publics et dévoile les stratégies pour un redressement rapide.

Monsieur le Trésorier Payeur Général, vous dressez un constat inquiétant de la gestion des finances publiques locales, pouvons-nous avoir un résumé de la situation dans la région de l’Adamaoua.

Les communes et les établissements publics administratifs dont l’université de Ngaoundéré a mal à partir avec la gestion des finances publiques locales. C’est un constat amer décrit dans un rapport rendu public par la chambre des comptes. En effet sur 276 comptes attendus, seulement 99 ont été produits ce qui fait un décalage de 177 comptes de gestion non produit entre 2004 et 2014. Suivant ce cuisant échec, la circonscription financière de l’Adamaoua en synergie avec les entités concernées ont mis en place une plate-forme de concertation et de dialogue en vue de se pencher sur cette épineuse question.

Devant la crise actuelle que traverse le Cameroun et les exigences de la décentralisation, les pouvoirs publiques sont déterminé à faire prendre un nouveau cap aux receveurs municipaux et autres agents comptables de sa circonscription de la région du Château d’eau.

Vous venez de présider les premières assises de la plateforme de concertation et de dialogue entre votre service et les gestionnaires des finances publiques de la région, pourriez-vous nous dire les raisons qui vous ont conduit à prendre une telle initiative ?

Le 22 septembre dernier nous avons ténu la deuxième réunion de coordination à Meiganga, une des décisions prises au sortir de cette réunion était la mise sur pied d’une plateforme de concertation entre les experts de la trésorerie générale de Ngaoundéré et les receveurs municipaux. Le thème à Meiganga était l’évaluation annuelle 2015 du rapport de la chambre des comptes sur la gestion des comptables publiques. Ce rapport révèle que sur les 276 comptes attendus seuls 99 ont été produit ce qui fait un gap de 177 comptes de gestions non produits entre 2004 et 2015. Nous sommes donc en retard, ceci est d’autant plus préoccupant qu’à la date de ce jour aucun compte des receveurs municipaux de 2016 n’est déposé à la chambre des comptes alors que la date limite était fixée au 31 Mai 2017. Ce qui pose un réel problème de reddition des comptes dans notre circonscription financière.

En outre nous avons les instructions du Directeur Général qui nous demandent de faire un coaching, un accompagnement de proximité au près des receveurs municipaux pour les accompagner dans la gestion des finances publiques locales et dans la reddition des comptes. Alors nous avons jugé utile ensemble avec les concernés de mettre sur pieds cette plateforme qui va permettre d’améliorer le taux de production des comptes de gestion et partant de la gestion des finances publiques locales.

En quoi est ce que cette plateforme participe au développement des communes ?

Ceci est notre devoir et notre chef de département ministériel le Ministre des Finances parle généralement de la qualité de la signature de l’État du Cameroun. Voilà les éléments qui peuvent contribuer à améliorer la qualité. Par ce que lorsque vous exécutez un budget il faut rendre compte c’est plus lisible pour tout le monde, les partenaires au développement savent ce que vous faites. Par exemple lorsque vous allez chercher un partenariat, il faut que le partenaire sache que la gestion de votre finance publique est claire. A ce titre, les comptes de gestion produit par les receveurs municipaux sont un élément qui contribue à rendre visible la gestion des finances publiques locales.

Quels seront les impacts de la plateforme ?

L’objectif à cours terme étant la production des comptes dans les règles de l’art sur le plan quantitatif et qualitatif et que avant la fin de l’année, tous les receveurs municipaux aient déposé leurs comptes de gestion. Les 22 comptes attendus de 2016 plus le compte de l’agence comptable de l’Université de Ngaoundéré, au 31 décembre 2017 nous devons avoir 100% de dépôt.

Maintenant, en 2018 nous allons nous assurer que les comptes de gestion de 2017 sont entrain d’être produits et déposés au plus tard le 31 mai 2018. Donc nous allons essayer de redresser la situation de 3 ans pour non seulement produire des comptes de gestion en cours mais également réussir à rattraper le retard. Nous espérons que d’ici le délai fixé l’ensemble des comptables de la circonscription de l’Adamaoua aurons déposé leur compte de gestion et auront été mieux outillé.

Vous insistez sur le retard qu’accusent les comptables dans la production de leurs comptes de gestion, qu’est-ce qui peut expliquer un tel fait ?

Il faut souligner que si les comptes ne sont pas déposé à temps ce n’est pas parce que les comptables ne le veulent pas c’est parce que qu’ils sont dans un déficit de capacité qui font qu’ils ne savent pas quoi faire. L’une des raisons peut aussi être le fait de n’avoir pas toute l’expertise nécessaire pour pouvoir produire des outils. Est-ce qu’ils savent utiliser SIMBA ou est-ce qu’ils s’approvisionnent en livre journaux de premier exécutif ; est-ce qu’ils maitrisent la comptabilité sectorielle des communes?

Cette expertise que mes collaborateurs et moi allons mettre à leur disposition dans un encadrement de proximité, individu par individu, commune par commune va permettre de réaliser les objectifs attendus. Parce qu’il y’a énormément des anomalies qu’il faut résoudre dans le cadre de cette plateforme.

Par Boubakary Moussa

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