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Financement Libyen : Nicolas Sarkozy en garde à vue à Nanterre

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PARIS – L’ancien président français Nicolas Sarkozy a été interrogé ce mardi par la police dans le cadre d’une enquête visant à déterminer si sa campagne électorale de 2007 avait bénéficié d’un soutien financier illégal du régime libyen du Colonel Mouammar Kadhafi.

M. Sarkozy, 63 ans, a été placé en garde à vue à Nanterre, au nord-ouest de Paris, après avoir répondu à une convocation de la police, selon un magistrat français qui s’exprimait sous couvert d’anonymat, conformément à la politique du département.

En droit français, M. Sarkozy peut être détenu jusqu’à 48 heures avant d’être libéré ou formellement placé sous enquête et inculpé.

L’enquête sur la corruption impliquant M. Sarkozy et sa campagne électorale de 2007 a été ouverte en 2013, mais lundi, c’était la première fois qu’il était interrogé par la police dans cette affaire. Il a nié à plusieurs reprises tout acte répréhensible.

Brice Hortefeux, un proche allié de M. Sarkozy et de l’un de ses ministres de l’Intérieur, a également été convoqué par la police pour interrogatoire mardi dans le cadre de l’enquête.

En France, les affaires pénales complexes sont traitées par des magistrats spéciaux dotés de larges pouvoirs d’enquête. Les accusés placés sous enquête formelle ne sont pas automatiquement traduits en justice: les magistrats peuvent abandonner les affaires qu’ils jugent insuffisamment étayées.

Les soupçons de cette affaire sont apparus en 2012, lorsque le site d’information Mediapart a publié un rapport suggérant que la campagne 2007 de M. Sarkozy avait reçu jusqu’à 50 millions d’euros, soit près de 62 millions de dollars au taux de change actuel du colonel Kadhafi, l’homme fort libyen de longue date qui a été tué en 2011. Un tel soutien aurait violé les lois strictes de la campagne de financement de la France, qui plafonnent les dépenses et interdisent le financement étranger.

Depuis ces premiers rapports, les aides de M. Sarkozy et des intermédiaires qui l’ont connu et qui ont servi d’intermédiaires politiques et financiers entre la France et la Libye ont été étroitement surveillés par la police et les médias.

En 2015, Claude Guéant, un haut assistant et ancien ministre de l’Intérieur de M. Sarkozy, a été inculpé dans le cadre de l’enquête.

Ziad Takieddine, un trafiquant d’armes franco-libanais qui avait présenté M. Sarkozy au colonel Kadhafi, a déclaré à Mediapart en 2016 qu’il avait personnellement livré des valises avec 5 millions d’euros en espèces à M. Sarkozy et M. Guéant peu avant les élections de 2007. Les deux hommes politiques ont nié le récit de M. Takieddine, qui a également été inculpé dans l’enquête.

En janvier, Alexandre Djouhri, un homme d’affaires français proche de M. Sarkozy et qui a également servi d’intermédiaire financier avec la Libye, a été arrêté à Londres dans le cadre de l’enquête. Les autorités françaises demandent son extradition.

M. Sarkozy a remporté l’élection de 2007 mais n’a pas réussi à obtenir un deuxième mandat en 2012. Il a ensuite dirigé le parti de centre-droit Les Républicains et a tenté de faire un retour politique, mais il a perdu dans les primaires du parti pour les élections présidentielles de 2017 .

Depuis la fin de sa présidence, M. Sarkozy a été confronté à plusieurs enquêtes de corruption, qui sont à diverses étapes, et il a toujours nié tout acte répréhensible. Dans certains cas, les accusations ont été abandonnées; dans d’autres, les enquêtes se poursuivent.

Dans l’affaire dite Bettencourt, par exemple, où M. Sarkozy était soupçonné de manipuler l’héritière de la fortune de L’Oréal pour financer sa campagne de 2007, les accusations portées contre lui ont été abandonnées.

Mais dans un autre cas, impliquant des dépenses excessives illégales lors de sa candidature à la réélection en 2012, il a été condamné à subir son procès.

Dans d’autres cas encore, des personnes proches de M. Sarkozy ont été accusées et son nom a été cité, mais il n’a pas été inculpé. Parmi ces cas, celui impliquant des soupçons de financement libyen est le plus complexe et, potentiellement, le plus grave pour l’ancien président.

Traduit de l’anglais par Boubakary Moussa

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Boubakary Moussa
Boubakary Moussa, est un passionné de l’information qui s’est spécialisé dans les enquêtes et analyses. Jeune motivé à l’éthique avéré il est le correspondant de ChateauNews dans l’Adamaoua.

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