jean marie michel mokoko
Jean Marie Michel Mokoko
NEWSLETTER

Français     English

Le procès Jean Marie Michel Mokoko a atteint sa vitesse de croisière avec l’examen des scellés qui a mis à nue le plan du coup d’État que préparait l’accusé. La quantité d’armes et de munitions de guerre retrouvée à son domicile et les appels téléphoniques entre l’accusé et les mercenaires en sont une illustration.

Alors qu’il avait déjà commencé d’évoquer le dossier au fond, le choix du silence qu’il a fait par la suite, y compris quand toutes les pièces à conviction ont été dévoilées, a n’en point douter, est une stratégie qui ne paye pas toujours. Le cas le plus récent d’une défense silencieuse devant la barre est celui de l’ancien Président tchadien Hissene Habré. Il a fini par écoper d’une lourde condamnation, malgré son silence à la barre.

Certes, en optant pour le silence, il espère rallier la communauté internationale à sa cause, surtout que cette fameuse communauté internationale a toujours, pour le cas du Congo, donné un chèque blanc aux partis et leaders de l’opposition, ainsi qu’à toute autres personnalités hostiles au pouvoir en place à Brazzaville. Mais, c’est une erreur, parce que Mokoko n’a pas affaire à un individu, mais à un État. Et, l’UE, la France, pour ne citer que celles-là, par exemple, en matière de coopération ne traitent qu’avec les Etats et non avec les individus.

Aussi, s’il est prouvé que l’accusé a gardé les armes, ce sera une infraction pénale, ce qui, à coup sûr, mettrait à mal sa réputation républicaine et son principal atout, lui qui est présenté par ses soutiens extérieurs comme le seul plus grand démocrate du Congo.

Le Général à la retraite et ancien candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2016 devait plutôt être moins arrogant, même s’il espère sur un mouvement insurrectionnel pour le délivrer de la prison. D’ailleurs, son silence, selon certains observateurs, est dû à l’assurance qu’il a de ce que ses amis mercenaires pourront poursuivre son œuvre inachevée, c’est-à-dire, son coup d’état avorté.

+  Mini-sommet des Grands Lacs : La situation des clandestins en Libye au centre des débats

Comme on peut le constater, en optant pour le silence, alors qu’il a commencé dès le premier jour par lire une déclaration, Jean Marie Michel Mokoko a raté l’occasion de sa vie. Lui qui se considère comme Nelson Mandela ignore que ce dernier a pris de l’étoffe lorsqu’il à partir de sa prise de parole à la barre, pour expliquer sa vision des choses, devant ses bourreaux. A l’heure où la peur du lendemain s’installe sur le cœur des Congolais, suite à crise économique, son message aura été largement entendu et aurait apporté, peut être un autre son de cloche. En tout cas, en refusant de parler devant la barre, le Général Mokoko a déçu à plus d’un titre.



Réactions

Veuillez saisir votre contribution !
Veuillez saisir votre nom ici

8 × = 16