Jean Paul POUGALA, économie camerounaise
Jean Paul POUGALA
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Jeudi dernier était férié ici au Cameroun. La ville de Yaoundé déserte, la quasi totalité des activités économiques à l’arrêt. Et pourquoi ? Parce que l’on célébrait la montée au Ciel d’un monsieur, un Blanc appelé Jésus. Mais où au ciel, puisque nous savons depuis Bruno et Galilée que le ciel n’existe pas ? Peu importe.

Mais, ce qui m’énerve le plus dans cette incohérence est que personne ne sembler s’offusquer du coût d’une telle fête pour la Nation. Personne ne semble se rendre compte que chaque jour férie est une perte énorme pour une Nation qui se cherche encore sur le plan économique.

Et comme la bêtise ne suffit jamais seule, on y a ajouté le pont, eh oui, dans beaucoup d’entreprises, vendredi était aussi férié. Le plus grand paradoxe est que c’est presque toute la Nation qui est contente qu’il y ait une multiplication des jours fériés.

Comment pouvons-nous fêter la montée au ciel de Jésus alors que les italiens-même qui ont inventés le personnage ne le fêtent pas ?

C’est-à-dire que le clergé catholique au Cameroun a réussi à créer ce coût pour le pays, là où à Rome, le siège du Vatican, ils n’ont pas réussi à convaincre le pays de fêter la supposée montée au ciel de Jésus.

Même les Etats-Unis d’Amérique, le pays le plus croyant au monde, les gens ne savent pas ce que c’est que de célébrer une supposée montée de Jésus voir son père. Et nous Camerounais, sommes encore plus champions que le roi pour appliquer ses lois, même les non-écrites.

Vous me répondrez que les Américains ne célèbrent pas la fête du travail du 1er Mai, oui, mais ils disent qu’ils ne comprennent pas comment on peut fêter le travail en croisant ses bras. Pour eux, rendre férié le 1er Mai est une insulte au travail. Le Canada non plus, pays très chrétien ne fête pas l’Ascension, à la raison que c’est trop coûteux pour le pays que de croiser ses bras (pour une fable de trop).

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Il existe des pays africains, pourtant très catholiques, qui ont eu le courage de résister à la pression du clergé catholique : le Cap-Vert, l’Angola, le Mozambique, l’Afrique du Sud, etc. En Amérique du Sud, aux pays jugés très catholiques, là aussi, ils ont presque tous su résister à la pression du clergé catholique et ne célèbrent ni l’Ascension, ni le lundi de Pentecôte, il s’agit notamment du Brésil, de l’Argentine, de l’Equateur, et ainsi de suite.

Quand on leur demande pourquoi, ils répondent qu’ils veulent tous devenir des pays émergents et qu’on n’y arrive qu’avec le travail. Il n’y a qu’en Afrique où l’on fait des prévisions de devenir émergents en 2020, 30, 40, 50 tout en maintenant les comportements qui nuisent au travail. On va même jusqu’à décréter des jours fériés pour les victoires d’une équipe nationale à un match de football. Et tout le monde est content.

Au Cameroun, aux jours fériés chrétiens, tels que décrétés par le Vatican, il faut ajouter les jours fériés musulmans. Tous les jours fériés musulmans tel que décrétés par l’Arabie Saoudite et le Coran. Mais combien de jours par an le Cameroun dédie-t-il comme célébration à ses propres spiritualités locales, camerounaises ? Aucun !

Le Cameroun doit lui aussi avoir le courage de suivre ces pays, cela nous permettrait tout simplement de gagner un point de croissance en mettant le pays au travail et non inciter les gens à chômer et rester à la maison alors qu’on se cherche encore.

Ne subissant aucune pression religieuse occidentale, la Chine pour s’en sortir a tout simplement aboli le samedi et le dimanche comme jour de repos pour tout le monde. Les gens ne sont pas obligés d’arrêter de travailler les mêmes jours. C’est ce que va faire que la Bank of China qui ouvre 7 jours sur 7, idem pour la poste chinoise ou la douane. Ce qui donne un avantage de 104 jours par année sur ses principaux concurrents étrangers.

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En Italie, dans la plaine de la Padanie, autour de Bologne, les tracteurs des agriculteurs sont même plus actifs les dimanches que les autres jours de la semaine, puisqu’ils reçoivent même des renforts venant des familiers qui travaillent dans la semaine.

Au Cameroun, on va vous jurer que dimanche est le jour du Christ, Dieu a tellement travaillé à construire ce monde si imparfait qu’il a ressenti le besoin de se reposer le 7ème jour, le dimanche.

Mais je me suis toujours demandé : si Dieu se fatigue et se repose, c’est bien la preuve qu’il est un humain et non un dieu. Me trompe-je ?

En tout cas, la question du jour est : Dieu peut-il nous aider à payer nos factures s’il n’arrive pas lui-même à payer les siennes ?

Jean-Paul Pougala
Le 1er juin 2014
www.ieg.ovh

 



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