Dossier Chronique Présidentielle 2018 : Paul Biya peut-il perdre ?

Présidentielle 2018 : Paul Biya peut-il perdre ?

-

- Advertisment -

Après 36 ans passés au sommet de l’Etat, le président de la république n’est pas prêt de renoncer au délice du pouvoir. Fort du contrôle sans partage de l’appareil d’Etat et face à une opposition divisée, le Candidat du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais affiche sa certitude d’être réélu. Mais, …

Paul Biya s’apprête à briguer un nouveau mandat de 7 ans à la magistrature suprême du Cameroun dans un contexte lourd d’incertitude, sur fond des crispations sécuritaires et de remise en cause du vivre ensemble des camerounais. De plus l’homme du renouveau ne fais plus unanimité même dans les rangs de son partis dont beaucoup de jeunes membres souhaite un renouvellement de la classe dirigeante. Depuis plus de quatre décennies le Cameroun a le visage de Paul Biya et la couleur politique du même parti dominant issu de la matrice du parti unique. Rompu à la rhétorique et aux velléités de longévité au pouvoir, il veut assurer la survie de son régime. Agé de 85 ans et candidat à sa propre succession Paul Biya parait sûr de sa victoire au soir du 7 octobre prochain. En face il aura à faire à des jeunes, leaders qui ont bénéficient de l’attention des jeunes qui aspirent au changement une fois au moins dans leur pays. La malgouvernace, la corruption et le favoritisme entretenus ne font qu’exaspérer le pauvres populations prisonnières d’un système bien huilé.

36 remaniements ministériels

Paul Biya préside au destiné du Cameroun depuis le 6 novembre 1982. L’homme a effectué 36 remaniements ministériels, nommé 7 premiers ministres dont le dernier Yang Philémon est en poste depuis 2008 et 16 secrétaires généraux à la présidence de la république. Longtemps considéré comme garant exclusif de la paix au Cameroun, Biya et son régime ont fait volé en éclat cet image du Cameroun présenté comme îlot de stabilité et havre de paix. Le climat de violence, les affrontements, les morts, les enlèvements et les revendications brutalemment réprimées par les forces de sécurité sont devenu le quotidien des camerounais. Les violences meurtrières qui ont sévit la région de l’Extrême-nord pendant 4 ans sont aujourd’hui absorbé par le conflit dans les deux régions anglophones du pays. Une crise sécuritaire alimentée par la malgouvernace qui met fondamentalement en péril, l’intégrité territoriale et la stabilité politico-civile du pays.

Misère des populations

1/3 des camerounais vivent avec moins de 2 dollars par jour. En 36 ans de « biyayisme », le chef et ses laudateurs peinent à brandir un bilan cohérent et font face à l’impitoyable desastre des chiffres et des classements à tous les niveaux. Les statistiques ne mentent pas, ils découragent. En 2017, le Programme des Nations Unies pour le Développement classe le Cameroun 23ème en Afrique et 153ème mondiale à l’Indice du Développement Humain. Alors que le produit intérieur brut du Cameroun est évalué à 34.8 milliard de dollar avec un taux de croissance du P.I.B de 1%. Quoique le taux de croissance annuel soit situé à 4.1% il demeure en deçà des prévisions. Par contre, des pays comme la côte d’ivoire présente un taux annuel de 9% à titre de comparaison. Le taux d’inflation est quant à lui de 2%, de quoi accentuer la misère des camerounais q yo ne savent plus à quel président croire : Ahidjo dont on vente encore les merites ou Bien dont ont attend toujours la sortie du tunnel tant annoncée.

Mauvais classement international

La première économie de l’Afrique Centrale traine le pas en matière de compétitivité économique. Il occupant une indigne 163ème place mondiale sur l’indice Doing Business. Le pays est 37ème sur 53 pays africain au classement de bonne gouvernance MO IBRAHIM et 153ème sur 180 des pays les moins corrompus de Transparency Internationale. Le P.I.B par habitant est de l’ordre de 1 504 dollars. 5 383 milliard de dette publique soit 30% du P.I.B, une balance de payement déficitaire de 1 089 milliards de FCFA. L’investissement direct étranger quand à lui se situe à 6.9 milliard d’après la CNUCED en 2016. Le SMIG est de 36 200 dont l’un des plus bas de la sous région.

Chômage accru des jeunes

Sur le plan social le pays s’engouffre dans des drames et des déchirements internes. L’immense majorité de la population continue de vivre en dessous du seuil de pauvreté. Le taux de chômage demeure élevé de l’ordre de 27% en 2017 selon les sources officielles. Mais sans les faits le sous emploi des jeunes est calamiteux avec une débrouillardise ingénieuse développée pour joindre les 2 bouts pendant que les caisses du pays sont pillées par une caste de privilégiés. Une réalité accentuée par le mauvais système éducatif qui ne favorise guère le développement de l’emploi. En 2018, le pays compte seulement 1 200 kilomètres de voies ferrés, 6 760 kilomètre de route bitumé et aucune autoroute digne d’un État émergent.

Machine électorale partiale

Malgré ce constat d’échec Paul Biya a la certitude qu’il ne sera pas sanctionné le 7 octobre prochain dans les urnes. Dans un pays où la polémique sur la partialité, la dépendance et l’impréparation d’ELECAM, organe chargé d’organiser les élections parait anecdotique, le président sortant ne court guerre de risque lors du scrutin à un seul tour. « Le peuple n’est pas dupe il est conscient que notre projet de société est le meilleure» nargue les théoriciens et les idéologues du parti habitué des slogans.

Défis sécuritaires

Paul Biya dirige le Cameroun en continuant à s’appuyer sur la machine étatique, bureaucratique et politique. La Cameroon Administration choisit de soutenir le candidat de la majorité. Une attitude stratégique pour assurer leur privilèges dans la mangeoire. Ce qui fait friter les tenants de la neutralité de l’Etat. Si l’on ajoute l’écrasante disproportion des moyens financiers dont il bénéficie il n’y a aucun doute qu’au soir du 7 octobre il sera réélu. Le peuple faute de route, d’électricité, d’eau potable et d’emploi a faim et soif de reforme et d’alternance. Une fois n’est pas coutume le défis du prochain septennat sera d’ordre sécuritaire et non plus économique.

Péril du vivre ensemble

Après 36 ans passé à la destiné Cameroun, Paul Biya est loin d’avoir conduit le bateau Cameroun à bon port. S’il remporte les élections du 7 octobre, Paul Biya égalera le record de longévité au pouvoir que détenait le colonel Kadhafi, 42 ans de règne. Mais pour y arriver il doit prier pour que son homologue de la guinée équatoriale ne soit plus au pouvoir Obiang comptabilisant déjà 38 ans de pouvoir. L’éternel projet de société flou mais habile qu’il va présenter au camerounais sera au couleur de l’émergent à l’horizon 2035 et jouera sur la fibre patriotique pour adosser le costume du seul candidat capable à même de faire face à la crise du vivre ensemble. Une posture qui présente l’homme tel Moise guidant son troupeau vers la terre promise. Malgré tout, il revient aux camerounais de décider de leur destin.

blank
Boubakary Moussa
Boubakary Moussa, est un passionné de l’information qui s’est spécialisé dans les enquêtes et analyses. Jeune motivé à l’éthique avéré il est le correspondant de ChateauNews dans l’Adamaoua.

Les Plus Lus

- Advertisement -

ArticlesRELATED
Recommended to you