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C’est quoi le culte des Crânes chez les Bamiléké ? (Question posée par un du collectif des Béninois du culte Vaudous en visite à la chefferie Bafang à la fin du séminaire).

Réponse du Chef Supérieur des Bafang, Sa Majesté le Roi Kamga (Roi des Bafang) :

Le culte de crânes n’existe pas. Nous n’avons jamais adoré les crânes. Ce que nous faisons est exactement ce qu’on fait en Europe pour honorer les personnalités les plus illustres.

Sauf que chez eux, ils l’appellent le Panthéon. Et chez nous ils ont préféré dans leur langue une appellation des plus péjoratives : le culte des crânes.

Est-ce que nous avons un jour défini leur traditions du Panthéon comme étant le Culte des Squelettes ? Ils déplacent tous les ossements de leurs défunts importants, vers leur Panthéon National, nous nous contentons de transférer vers le Panthéon familial le crane de nos morts illustres dans la famille. Est-ce pour cela que nous les qualifions de pratiquer le culte des Ossements humains ? Non ! Pas du tout. Nous n’avons pas à nous prononcer sur leur manière de faire.

Parce qu’ils nous avons tout le respect pour leur façon de commémorer leurs morts. Et nous n’avons pas à les qualifier ou en bien ou en mal. Dans notre langue il n’existe rien qui s’appelle culte des crânes ou même culte des morts.

Chez nous, c’est chaque famille qui gratifie ses personnalités, puisque chez les Bamileke, dans le Panthéon familial, ce ne sont pas les crânes de tous les morts qu’on y tient, mais uniquement des personnes qui ont marqué la famille.

C’était aussi une stratégie adoptée par nos ancêtres pour pousser chaque individu, à travers ses actions et ses succès, à vouloir demain faire partie des personnes dont les crânes seront tenus dans le Panthéon familial.

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Et le résultat est bien là et palpable que chez les Bamileké, cette spiritualité à crée une véritable culture de l’effort continu, une envie toujours présente à vouloir exceller, être les meilleurs de tous.
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C’était la 4ème d’une serie de conversations que je mène depuis quelques années avec les principaux chefs ethniques de l’Ouest Cameroun et qui feront l’objet d’un livre à venir.

La rencontre d’hier soir était en présence de la Communauté Béninoise du culte Vaudou, qui partagent notre modèle de création de richesses avec comme base philosophique, la notion d’humaniste propre à la spiritualité africaine.

L’objectif visé est de mettre les bases que nos enfants utiliseront demain pour la création d’un capitalisme africain dans lequel on peut gagner beaucoup d’argent, tout en mettant au coeur de nos choix, l’intérêt principal de toute la communauté.

Nous voulons puiser dans notre spiritualité de la recherche constante de l’harmonie des hommes entre eux et ensuite avec leur environnement, la nature, l’inspiration pour orienter l’évolution économique et industrielle de nos pays, vers plus d’humanisme et la prise en compte de l’intérêt collectif, contrairement à l’individualisme et de l’égoïsme, propre aux religions créationnistes dans lesquelles ce qui compte c’est avant toute chose, la relation de l’individu avec un Dieu et tout le reste vient après. C’est la dictature de l’individu sur le collectif. Voilà pourquoi dans ces religions créationnistes européennes et arabes, un individu peut mettre un bombe et tuer tout le village, mais il sera pardonné par ce Dieu infiniment bon et pourra même bénéficier d’une place au paradis avec 7 vierges. Ce qui n’est pas le cas de la spiritualité africaine où la liberté de l’individu n’existe que si elle préserve l’intérêt de tout le village.

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Dans ce livre de dialogue avec les chefs traditionnels Bamileke, nous partirons de la différence philosophique et dogmatique des religions importées en Afrique (Islam et christianisme), avec la spiritualité africaine, qui est une religion plus évolutionniste, c’est-à-dire, en phase avec la science que dogmatique. Et nous verrons ensemble, pourquoi et comment.

Si un individu pratique la religion d’un autre peuple, cet individu cesse d’exister et devient à vie : un laqué, une marionnette.

Voilà pourquoi nous ne pouvons pas parler d’un tissu industriel africain construit sur un socle durable sans revenir aux fondamentaux de ce qui fait notre authenticité.

Nos nouveaux industriels Béninois auront appris ici à Bafang que pour servir notre cause d’émancipation de l’homme Noir, le Vaudou doit cesser d’être une attraction touristique pour revenir à ce que nous avons de commun : le conditionnement humaniste de l’action des hommes et femmes qui l’interprètent.

Jean-Paul Pougala
Bafang, le 17 Septembre 2018



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