Dossier Chronique Polémique autour du Chapelet numérique

Polémique autour du Chapelet numérique

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Le traditionnel chapelet en graine communément utilisé par les fidèles musulmans pour compter les « dhikr (invocations) » cède peu à peu, la place au chapelet numérique. Entre rejet et acceptation, l’adoption de cet outil de méditation nous plonge dans la vielle rivalité entre Wahhabisme et Soufisme dans la communauté musulmane.

Chapelet à grain
Chapelet à grain

Le chapelet « tasbirgol » est un moyen par lequel on compte le dhikr, un accessoire pour faire l’invocation, le rappel. Cet outil d’adoration habituellement composé de grains enfilé sur un cordon formant un cercle est remplacé aujourd’hui par le chapelet numérique de comptage qu’on peut serrer sur un doigt de la main. L’avènement de cet engin dans la spiritualité islamique est source de discorde.

« le chapelet est une innovation qui n’existait pas à l’époque du prophète »,

rappel un hadith. Qu’en est-il du chapelet numérique ?

Innovation

Fidèle à la conception rigoriste de l’islam qui interdit toute forme d’innovation dans la foi, certains prédicateurs dénoncent cette dérive.

« Faites attention aux choses nouvelles car toute nouveauté est une innovation et toute innovation est un égarement et tout égarement mène à l’enfer »,

rappelle un hadith rapporté par Abu Dawud. Un accueil réceptif au chapelet numérique est pourtant constaté dans les milieux wahhabites. On voit de plus en plus des fidèles musulmans dans des mosquées avec ces engins mécaniques attachés autour du doigt. Si un silence suspect entoure l’usage du chapelet numérique dans les milieux rigoristes, tel n’est pas le cas chez les adeptes Tidjaniya qui voient en cet engin la mécanisation de la foi.

« Un objet dépourvu de tout pouvoir spirituel »,

charge un imam.

« Compter le dhikr sur des grains est une innovation »,

réfute Iya Amboye, imam.

Invocation

L’apparition d’un nouveau mode d’invocation entraîne de profond bouleversement et creuse le fossé entre la vielle rivalité entre le Wahhabisme et le Soufisme représenté à Ngaoundéré par la communauté Tidjaniya. Fabriqué en Chine avec l’aval des autorités Saoudiennes, le chapelet numérique est recommandé par les adeptes de l’islam wahhabite alors que le chapelet en grain est plus courant parmi les adeptes de l’islam soufi :

« L’usage du chapelet dans les actes de dévotion a un pouvoir spirituel. Son usage dans l’invocation nous rappelle et rapproche d’Allah »,

nous confie Modibo Abassi imam dans une mosquée de la ville.

Obstacles

Si l’on en croit certains musulmans, l’avènement du chapelet numérique est bénéfique au croyant pratiquant.

« C’est un moyen plus pratique de compter le nombre de fois qu’on répète le dhikr (invocation). Surtout que le chapelet en grain est limité à 99, le chapelet numérique nous permet de surpasser cet obstacle »,

raconte Ahmadou, fidèle musulman. Pour sortir de cette rivalité qui empoisonne l’harmonie entre les fidèles musulmans, beaucoup recommande une approche tolérante.

« Certes le prophète n’a pas utilisé le chapelet mais cela ne veut pas dire que son usage est proscrit. Ce n’est mentionné dans aucun hadith. L’utilisation de l’un ou d l’autre chapelet n’est en rien contraire aux valeurs islamiques »,

conseille, Abdou Rahman, un sage du quartier Sabongari à N’Gaoundéré

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Boubakary Moussa
Boubakary Moussa, est un passionné de l’information qui s’est spécialisé dans les enquêtes et analyses. Jeune motivé à l’éthique avéré il est le correspondant de ChateauNews dans l’Adamaoua.

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