Pièces de monnaie de Franc CFA, en zone Afrique Centrale
Pièces de monnaie de Franc CFA, en zone Afrique Centrale. Crédit photo : chateaunews.com
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Si la disparition progressive des pièces de monnaies de 5, 10 et 25 F CFA est passée inaperçue, il en est autrement pour la rareté observée des pièces de 50 et 100 F CFA qui régulent les activités commerciales de masse. Entre surenchère des pièces et théorie du complot, les crises gagnent différents secteurs.

Voici une situation des plus stressantes : « Taxi, 100 dans 500 ! ». Dans ce contexte il est possible pour l’usager de passer des heures d’attente du fait de la fameuse phrase « je n’ai pas la monnaie ». Naturellement, il est des signes qui ne trompent pas. La plausible disparition des pièces de monnaie qui défraie régulièrement la chronique au Cameroun suscite des grincements de dents et soulève des remous parmi les populations camerounaises. Les pièces de monnaie se font rare et reste inaccessible.

« C’est un véritable cauchemar pour nous, on souffre. Pour emprunter une moto ou acheter un produit, il faut parfois parcourir une dizaine de boutique ou chercher des longues minutes la fameuse monnaie »,

décrit Adamou, client régulier de taxi. Face à cette pénurie qui taraude les esprits, on cherche les responsables.

Les machines à pièces

Le bouc émissaire tout désigné pour l’heure est l’Empire du milieu. D’après une information largement relayée sur le réseau social Facebook, des chinois seraient à l’origine de la disparition des pièces de monnaie au Cameroun. Pour appuyer la thèse de la culpabilité chinoise, un conteneur aurait été récemment intercepté au port de Douala contenant des pièces de monnaies en partance pour la Chine. En outre, un Chinois aurait été interpellé portant un sac plein de pièce de monnaie à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen. Les camerounais croient dur comme fer au complot chinois.

« Ils ont installé des salles des jeux qui permettent de collecter nos pièces pour ramener chez eux afin de fabriquer des bijoux »,

soutien un internaute. Les chinois auraient exporté plus de 3 millions de pièces de monnaies de 50 à 100 francs en zone CEMAC. Pour l’heure la banque d’émission, la Banque des Etats d’Afrique Centrale n’a donné aucune explication pour justifier la pénurie. En le faisant, la BEAC aurait retourné la situation en sa faveur tout au moins à en limiter ses effets.

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Fais moi la monnaie !

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, certains opportunistes et pompistes des stations-service se frottent les mains. Ces derniers profitent de l’occasion pour créer une activité parallèle. Dans les pompes à carburant, l’affluence est grande pour faire la monnaie. Selon certaines indiscrétions, le commerce des pièces de monnaie bat son plein. Pour éviter la traîne et les pertes de temps précieux, certains opérateurs sont prêts à proposer 500F pour casser un billet vert (5 000 F CFA) ou violet (10 000 F CFA). À l’heure du paiement électronique, la disparition des traditionnelles pièces de monnaie est un caillou lancée dans le jardin de la Banque de France. L’institution qui fabrique la monnaie de la zone CFA voit ses devises lui filer entre les doigts. Et la politique de diabolisation envers la Chine, cible à abattre par les pays occidentaux, est loin d’être la solution idéale.

Avoir la monnaie devient un réel parcours du combattant dans nos villes. Dans les rues, dans les marchés, sur les routes, ils sont nombreux soit à vous aborder, soit à tendre la main aux taximans qui circulent, non pas pour emprunter un taxi, mais pour une phrase qu’ils ont tous à la bouche : “SVP, monnaie !”, en tendant un billet de 500F, 1 000F voir 10 000F, qui bloque leur action.

Dans les commerces, la monnaie fait déjà l’objet de marchandage. Parfois, il arrive aux usagers de payez non seulement le produit souhaité, mais aussi, de payez pour bénéficier du remboursement en petites coupures. Certains commerçant brandissent la menace :

“Allez faire la monnaie. C’est à vous d’aller faire la monnaie et non au commerçant”.

C’est à se demander si nos commerçants font encore du commerce !

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Quoiqu’il en soit, l’astuce en ces jours, est de toujours avoir sur soit la petite monnaie, peu importe où l’on se trouve, parce que avoir les pièces de nos jours vaut plus qu’avoir les billets verts ou violets. Sinon, vous serez poussé-e à acheter tout et n’importe quoi, simplement pour faire la monnaie !



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