paul biya
Paul Biya. Credit photo : paulbiya2018.cm
NEWSLETTER

Français     English

Les fétichistes de l’alternance démocratique qui brûlent d’impatience d’éjecter Paul Biya de son fauteuil de président de la République doivent prendre leur mal en patience. Paul Biya a été proclamé vainqueur de la présidentielle.

Le train de la 5e élection présidentielle de l’ère du multipartisme au Cameroun est définitivement entré en gare. Au terme du palpitant et du remuant scrutin du 7 octobre dernier, les camerounais se sont exprimé par la voie des urnes et ont plébiscité largement le président sortant.

Pour les 7 prochaines années, les camerounais devront faire avec le visage de Paul Biya et la couleur de sa formation politique au pouvoir. Pour les fervents fétichistes de l’alternance démocratique c’est parti remise.

Paul Biya élu à 71,28%

Les urnes ont livré leur secret et le verdict est tombé. La majorité des électeurs camerounais ont fait le choix de la continuité et du statu quo. Comme on sait le faire au Cameroun, c’est par un score soviétique, 71,28% des voix que Paul Biya a remporté un nouveau mandat pour le fauteuil de Président de la République. Sur les 25 millions des camerounais, seulement 3 524 326 ont voté dont 2 461 326 ont plébiscité le candidat de la flamme ardente. Une victoire du candidat RDPC acquise grâce à la mobilisation des ses lieutenants qui ont à cœur de sauvegarder leur juteux privilège. Mais surtout à la fraude caractérisante du régime décriée par certains et qui a buté sur des contestations des résultats devant le Conseil Constitutionnel.

53% de taux de participation

Sur les 6 587 383 inscrits, seulement 3 524 326 électeurs se sont rendus aux urnes, soit un nombre d’abstention record de 3 063 057 électeurs pour un taux de participation évalué à 53%. En outre 14% des 25 millions des camerounais ont plébiscité Paul Biya à l’élection présidentielle 2018. Le faible taux de participation doublé à la faiblesse de nombre d’inscrit est un caillou dans les chaussures de l’homme nouvellement élu qui doit composé avec une légitimité contestée.

+  Aboudi Onguene meilleure joueuse de la CAN féminine 2016

La déception : le score de Joshua Osih

3.19% des voix, c’est le score obtenu par Joshua Osih candidat du Social Democratic Front. Il est vrai que le candidat du SDF a été amputé par La voix des électeurs des circonscriptions des 2 régions anglophones sévèrement touchées par la crise. Mais Osih, qui espérait marcher dans les pas de John Fru Ndi et qui rêvait au moins d’endosser le costume de leader de l’opposition a essuyé un cinglant revers. Le SDF a par ricochet enregistré le pire score de son histoire. Une déroute qui risque de le laisser sur les carreaux, le député SDF du Wouri est à coup sûr le plus profondément affecté.

Insuffisant : le score de Maurice Kamto

Tout semblait pourtant être prêt pour le feu d’artifice au soir du 7 octobre, les chiffres venus des bureaux de votes donnaient au MRC de Maurice Kamto une avance confortable à l’Ouest, le Littoral et le Centre. Mais c’était sans compter la vague des résultats de l’arrière pays largement en sa défaveur. Comment il s’est retrouvé avec 14% seulement des voix ? « Par la fraude », sans aucun doute, argumentent ses partisans. Tout au long du processus électoral, Maurice Kamto a animé le débat politique, il a attiré l’attention sur les principaux problèmes qui se posent au Cameroun : pauvreté, chômage, corruption, crise anglophone. Il a mis le doigt là ou ça fait mal. Son caractère, sa méthode, son style et son tempérament ont été au cœur de cette élection. Mais insuffisants pour détrôner la forteresse du RDPC.

On prend les mêmes et on recommence ?

La tempête tant attendu de l’opposition n’a donc pas eu lieu et Paul Biya à 36 ans d’exercice du pouvoir va rempiler pour un nouveau septennat. Pour la minorité de la majorité des votants, Paul Biya serait un mal nécessaire, un rempart contre un lendemain incertain :

« Vaut mieux un démon qu’on connaît, que l’ange qu’on ne connaît pas »,

est la rhétorique des partisans du régime. Au lieu de sceller la volonté de changement affichée par les camerounais, l’élection du 7 octobre a accouché d’une souris et apparaît comme un nouveau passage en force du système gouvernant, de perpétuer un régime arrivé à bout de souffle.

Réactions

Veuillez saisir votre contribution !
Veuillez saisir votre nom ici

9 + 1 =