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Pour des raisons de retard dans l’avancée des travaux de constructions des infrastructures sportives doublée de la crise sécurité qui prévaut dans certaines parties du pays, les 15 membres du comité exécutif de la CAF viennent de décider que le Cameroun ne sera pas en mesure d’organiser la Coupe d’Afrique des Nations édition 2019. Une décision lourde de conséquences.

En déclarant dans un discours le 3 octobre dernier, à l’issue de son entretien avec le président de la CAF,

« La CAN 2019, c’est déjà demain et le Cameroun sera prêt le jour dit. J’en prends l’engagement »,

le président camerounais voulait donner des gages à la CAF et en même temps rassurer les plus sceptiques des camerounais qui pressentaient déjà le volt face de la CAF sur l’attribution de l’organisation de cette compétition au Cameroun. Mais c’était sans compter avec la coriace réalité du terrain et la témérité du nouvel exécutif de l’instance de football Africain décidé d’en finir avec les CAN bouclées à la dernière minute. Délectez.

Cette fois ci le pronunciamiento de Paul Biya n’a pas eu les effets escomptés et le Cameroun n’organisera pas la prochaine messe du football africain. Depuis l’élection du nouveau président de la CAF et le passage de la CAN à 24 équipes, les rapports entre les deux parties ont été mouvementés comme en témoignent les nombreuses sorties dubitatives de Ahmad Ahmad sur la capacité du Cameroun à organiser cette Coupe d’Afrique des Nations. La décision de ce 30 novembre 2018 vient donc entériner les menaces de la CAF en privant les camerounais de savourer une deuxième Coupe d’Afrique à domicile après celle de 1972.
Pour la majorité des camerounais, la décision de la Confédération Africaine de Football de retirer la CAN 2019 au Cameroun est synonyme de frustrations et source de chagrin.

« C’est une humiliation pour notre pays, le nom du Cameroun a été traîné dans la boue. Je suis déçu »,

déclare Ahmadou, citoyen rencontré dans les rues de Ngaoundéré. Ce retrait qui pesait déjà comme une épée de Damoclès sur la tête du Cameroun vient remettre au gout du jour l’impréparation, l’amateurisme et l’improvisation qui caractérise les projets au Cameroun et surtout une instabilité aigue au niveau de la direction du football.

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Depuis 2014, date d’attribution de la CAN au Cameroun, le pouvoir de Yaoundé n’a pas réussi à mettre en place et doter le Cameroun des infrastructures indispensables pour l’organisation de la compétition. L’avancement des travaux de construction de 2 nouveaux stades, à Douala, le stade Japoma, et à Yaoundé, le stade Olembé, a pris du retard. Quant à la réhabilitation des stades d’Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, du stade Omnisport de Garoua et du stade de la réunification de Douala, ceux-ci ont pris un retard considérable. A 7 mois du début de la compétition, le Cameroun tarde à se doter d’une fédération et s’enlise dans l’élection d’un nouvel exécutif du football.

Dans un communiqué rendu public, la CAF énonce quelques motifs de ce retrait :

« Constaté que toutes les conditions de conformité n’ont pas été respectées, après avoir analysé, évalué l’écart existant entre les exigences et obligations du cahier de charge de la CAN, la réalité du terrain, après avoir entendu les conclusions des membres de la mission de sécurité, une organisation irréprochable, pour ces raisons, la CAF a décidé que la CAN 2019 ne peut se tenir au Cameroun »,

souligne le communiqué final ayant sanctionné les travaux.

Le football au Cameroun, symbole de l’unité nationale est sujet à des récupérations politiques par le régime en place. Autant le dire d’emblée, il est facile de jeter l’opprobre sur la CAF mais le Cameroun ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Cette débâcle qui n’est pas une première en Afrique, la Libye et le Maroc respectivement en 2013 et 2015 ont vécu la même situation, quoique dans des circonstances différentes. La CAF, pour consoler le Cameroun, envisage de lui attribuer l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations de 2021 à condition que la Cote d’ivoire soit d’accord.

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