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Ce n’est pas l’accueil auquel s’attendait Zoubainatou Saliou. La Député de la Vina, venue remettre un don de matériel médical au centre médical d’arrondissement de la localité a été froidement accueillie par la population de Nyambaka remontée contre la situation exacerbée d’insécurité permanente.

« Le plus grand problème qui nous menace et qui nous empêche de dormir, c’est l’insécurité »,

a ténu à faire passer le porte parole des chefs traditionnels de la localité. Dans une tentative désespérée de reprendre le contrôle sur les événements, l’élue locale a dû s’employer pour sortir une formule magique afin de rassurer ses électeurs.

« Je suis allée personnellement rencontrer le général du BIR en compagnie du général Housseini Djibo et de Nana Bouba pour trouver une solution à ce problème »,

a-t-elle lancée.

Former les comités de vigilance

La population de Nyambaka a profité cette cérémonie de remise de don pour poser ses exigences. Le Préfet de la Vina, Luc Ndongo n’est pas allé par quatre chemins pour remettre à chacun à sa place, pointer du doigt :

« Pour lutter efficacement contre ce phénomène d’insécurité, il faut que tout le monde y participe, que ça ne devienne pas la seule affaire des militaires. Nous savons aussi qu’il y a des personnes qui renseignent les bandits en leur donnant les positions des nos forces de défenses »,

confie l’autorité administrative.

« Nous allons instaurer des tournées sécuritaires par les sous-préfets. Réactiver, organiser, former et entretenir les comités de vigilances qui sont la clé pour lutter contre ce phénomène »,

a présenté Luc Ndongo, pour décimer les critiques actions prises par les pouvoirs publics.

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Un seul hélicoptère sillonne les airs

Pour l’heure, un seul hélicoptère, affrété par l’armée de l’air sillonne la savane de l’Adamaoua en appui aux forces se trouvant sur terre pour repérer les cachettes de cette horde criminelle.

« Pour que des moyens conséquents soient mis à la disposition des militaires qui traquent ces bandits, nous avons demandé à la hiérarchie de classer la situation d’insécurité dans l’Adamaoua au même niveau que celle qui prévaut à l’Extrême-Nord et dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ».

En attendant l’éventualité d’une réponse favorable dans ce sens venant du pouvoir de Yaoundé, des initiatives locales se multiplient. La Commune de Belel s’est distinguée en dégageant une ligne budgétaire spéciale affrétée à la lutte contre l’insécurité.

Laisser tout derrière

Alors que la majorité de la population rurale continue de fuir pour se refugier en zone urbaine, c’est toute la chaîne de production qui se retrouve à chaise. Pour échapper des griffes des coupeurs de routes, elle n’a d’autre choix que de prendre la clé des champs en abandonnant tout derrière elle.

« Je possédais une ferme, des volailles, un cheptel bovin et j’ai dû tout abandonner derrière moi. Maintenant ma famille et moi louons un local à 10 000 FCFA la mensuelle. Ici, on achète tout, même le bois de chauffage »,

relate Ibrahima, qui a fui Wassandé pour trouver refuge à Nyambaka.

Création d’un comité d’insécurité

Preuve de la gravité de la situation, les pouvoirs publics de l’Adamaoua ont décidé de la mise sur pied d’un comité d’insécurité. Décision prise lors de la réunion de coordination sécuritaire ténue à Ngaoundéré. Au niveau des arrondissements, en plus des traditionnelles tournées de prise de contact et des tournées d’animation socio-économiques, les sous-préfets de la région vont désormais instaurer dans leur agenda des tournées sécuritaires. Ces actions conjuguées entre la population d’une part et l’administration de l’autre concourent à éradiquer définitivement et de manière chirurgicale la menace coupeur de route qui n’a que trop durée afin que la quiétude revienne au sein de la population.

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