Gouverneur de la région de l'Adamaoua
Gouverneur de la région de l'Adamaoua, Cameroun. Crédit photo: chateaunews.com
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Frappé de plein fouet par le phénomène de kidnappings suivi de demande de rançon, les populations victimes font entendre leur ras-le-bol. L’administration locale durcit le ton et s’acharne contre les élites qui s’efforcent de sauver les apparences, accusées de jouer aux pompiers pyromanes.

Comme il fallait s’y attendre, c’est le phénomène des enlèvements des personnes suivi de demande de rançon qui a cristallisé les énergies lors des échanges entre le gouverneur et la presse de Ngaoundéré. Sentant la polémique enfler, Kildadi Taguiéké Boukar a pris les devants pour apporter des éclaircissements sur certains zones d’ombres afin de couper court aux rumeurs sur le laxisme de l’administration et l’inefficacité des actions des forces de l’ordres dans la lutte contre ce phénomène d’insécurité.

Si l’on en croit le raisonnement donné par le Gouverneur de la région, le phénomène est aussi vieux que la région elle-même.

« Le phénomène d’enlèvement des personnes existe depuis 50 ans dans cette région. Aujourd’hui nous avons circonscrit le phénomène. Il n’occupe qu’une portion congrue. Le phénomène a été drastiquement réduit. C’est parce que nous avons le courage et la témérité d’aborder ce problème, d’en parler et d’attaquer que cela donne l’occasion aux gens de dire n’importe quoi, d’accuser les forces de l’ordre et les institutions de l’Etat »,

a mit au point le chef de l’unité administrative régionale.

Au centre de cette discorde, objet de frustration qui empoisonnent les rapports entre le gouverneur et une certaine élite de la région, une note de service adressée par le gouverneur au préfet de la Vina pour fustiger le comportement équivoque du Maire de la commune de Belel qui se serait converti à la désinformation de la population relativement à la lutte contre l’insécurité est à l’origine de cet malaise.

« Nous avons constaté que ce citoyen a pris le malin plaisir à faire paniquer la population, à créer la psychose. Nous avons donc écrit à sa tutelle d lui demander de se taire parce qu’il n’a ni la compétence ni la qualité de parler d’un domaine qui n’est pas sien »,

avise le gouverneur.

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Si l’on en croit une étude préconisée par des élus locaux et conduite par l’Association pour la Promotion de l’Elevage au Sahel et en Savane, une perte de plus de 8 000 bovins a été enregistrée en 2018, 4226 personnes ont fuit pour trouver refuge à Ngaoundéré et une centaine de villages vidées de leurs populations. Des chiffres présentés comme une boutade de mauvais goût dénouée de tout fondement de l’autorité administrative.

« Il ne faut pas prendre pour argent comptant les statistiques fournies par les soit disant élus locaux, quels outils d’investigations fiables disposent-ils pour donner de telles statistiques? Pourquoi donner du crédit à des gens qui n’ont aucunes épaisseur intellectuelles ? »,

contracte Kildadi Taguiéké Boukar.

Si les pistes de solutions à ce phénomène tardent à prendre formes, les causes, ont été identifiées.

« Les causes sont à la fois endogène et exogène. La situation qui règne dans un certains pays voisins accentuent ce phénomène. Entre temps il y’a eu d’abord le phénomène des coupeurs de routes très connu. Ce phénomène a muté et devenu aujourd’hui l’enlèvement des personnes contre rançon. Ce phénomène a muté parce que les bandes armées qui viennent d’ailleurs ont écumé nos localités et posent des actes que nous déplorons aujourd’hui. Il y’a aussi la circulation d’un grand nombre d’arme, la prolifération d’arme légère et de point. »

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