Moussa Baouro, président de l’association Mbororo Social and Cultural Developpement Association dans le département du Mbéré
Moussa Baouro, président de l’association Mbororo Social and Cultural Developpement Association dans le département du Mbéré. Crédit photo: chateaunews.com
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Son témoignage a ému toute l’assistance. Moussa Baoura est fait de ce fer qui n’appartient pas à ce type de personne qui dise ce qu’on souhaite entendre. La modestie d’apparence cache mal une volonté farouche voire un orgueil réel. Devant l’état Major régional, il n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la situation d’insécurité qui plombe sa région.

« Quand nous signalons la présence des preneurs d’otages aux forces de l’ordre, ils nous répondent qu’ils n’ont pas de carburant ».

« Les mots pèsent peu pour vous dire la situation désastreuse dans laquelle nous nous trouvons et l’état d’esprit des nos populations. Les Mbororos sont réputés jadis être des grands propriétaires des bétails, aujourd’hui nous n’avons ni fortune ni honneur, car nous sommes considéré comme étant tous des preneurs d’otages. Tous les Mbororos sont accusé d’être derrière cette histoire de prise d’otage. Paradoxalement ce sont les Mbororos qu’on appel pour prendre la relève dans les grands ranchs de la région qui ont perdu leurs bergers. Mais ça n’empêche pas les gens de nous considérer comme le mal absolu.

Aujourd’hui nous sommes comme ce chien qu’on vient de chasser dans la rue, et qui court vers la maison pour se cacher. Les coupeurs des routes nous ont chassés de la brousse et nous nous retrouvons errant dans les rues des centres urbains sans repères.

Aujourd’hui la République Centrafricaine est la base arrière de ces malfrats. Le jour ils sont là-bas et la nuit ils traversent la frontière pour venir opérer. Récemment nous avons signalé aux forces de l’ordre le cas d’un commando composé de 15 coupeurs de route lourdement armé et vêtu des tenus militaires. Mais la gendarmerie de la localité nous a répondu qu’ils n’ont pas de carburant. Nous sommes allé signaler la présence d’un preneurs d’otage au près d’une autorité, une fois sorti de là, il nous appelle pour nous dire exactement ce qu’on est allé raconter à la gendarmerie. Nous ne sommes pas entrain de dire que tous les gendarmes agissent ainsi, nous disons juste ce qui s’est passé.

Les camps des réfugies sont des véritables repères et sont à l’origine de la recrudescence de ce phénomène. Nous avons découvert que dans ces camps des réfugiés, il y avait des armes en circulation. Nous sommes allé voir le préfet du Mbere pour lui soumettre l’information, mais il nous a fait savoir que les camps de réfugiés sont géré par le Haut Commissariat au Réfugiés et qu’il ne peut pas aller fouiller sans leur autorisation puis qu’ils sont régis par les conventions internationales. Il faut que le gouvernement surveille ces camps et fasse une fouille pour mettre la main sur les armes qui sont là-bas.

A l’heure où nous parlons, il n’y a pour tout et en tout dans les prisons de l’Adamaoua que 4 coupeurs de route alors que nous avons arrêté et remis à la justice 19 coupeurs de routes il y a quelques mois. Les mêmes que nous avions arrêté nous sont revenu nous hanter et nous subissons les représailles. Parfois même nous les arrêtons on nous dit qu’il n’y’a pas de preuve et on les libère. Nous on les connaît nous vivons avec eux. Nous ne sommes pas aveugles ils ne prennent pas 50 millions pour rester en brousse.

Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités et dire aux gendarmes et militaires qu’ils ont été envoyés là-bas pour pourchasser les coupeurs de route. »

Poropos recueillis par Boubakary Moussa

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