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Dans les réseaux sociaux et les débats radio ou télé, le Vatican et l’Eglise Catholique sont accusés d’ingérence dans la politique et de parti-pris dans le processus électoral ayant abouti à l’élection de Félix Tshisekedi comme nouveau Président de la RDC.

Ceci serait dû au fait que l’Église soutient nécessairement les forces néocoloniales. Au nom de quoi et comment cette « ingérence » a-t-elle été possible ?

Quelques rappels utiles

La séparation entre l’ordre spirituel et l’ordre temporel est aujourd’hui un acquis. Depuis les Accords du Latran le 11 février 1929, le Vatican a un statut diplomatique particulier d’Etat . Il est reconnu comme tel par l’ONU. C’est à ce titre qu’il nomme des ambassadeurs, Nonces ou Pro-Nonces Apostoliques, acceptés par certains pays. Les Conférences Épiscopales Nationales ne sont ni une représentation du Vatican ni son porte-parole.

Au Concile Vatican II, l’Église Catholique a théorisé et exposé à tous les modalités de sa présence au monde, dans une Constitution Pastorale intitulée L’Église dans le monde de ce temps (Paul VI, 07 décembre 1965). En même temps, l’Église a confirmé la nécessité pour elle de maintenir une adéquation permanente entre sa doctrine et le monde qui évolue.

L’Enseignement Social de l’Église est désormais disponible dans les moindres détails à quiconque veut en savoir plus (Cf. Conseil Pontifical Justice et Paix, Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, 2005).

Un dicastère pour le service du développement humain intégral

Le Pape de Rome exerce le gouvernement du Vatican et de toute l’Eglise par le biais de plusieurs structures, notamment les Dicastères qui équivalent aux Ministères dans nos États. L’un des plus importants est celui pour le Service du développement humain intégral.

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Ce Ministère, actuellement sous l’autorité d’un Préfet, le cardinal ghanéen Peter Turkson, veille, selon ses propres statuts, sur tout ce qui concerne la justice et la paix, ainsi que les questions relatives aux migrations, la santé, les œuvres de charité et la sauvegarde de la création. Il promeut le développement humain intégral à la lumière de l’Evangile et dans le sillon de la doctrine sociale de l’Église. C’est dans ce but qu’il entretient des relations avec les Conférences Épiscopales, en offrant sa collaboration afin que soient promues les valeurs concernant la justice, la paix, ainsi que la sauvegarde de la création. Entre autres, ce Dicastère rassemble des informations et des résultats d’enquête sur la justice et la paix, le progrès des peuples, la promotion et la protection de la dignité et des droits humains.

Dans tous les démembrement de l’Eglise appelés Diocèses, il y a donc un Service Justice et Paix, qui est l’expression locale de ce Service. La Conférence Épiscopale Nationale coordonne les services diocésains. Et tout pays qui a une convention avec l’Eglise Catholique accepte ses services officiels dans le pays. Ce sont ces Services Diocésains qui envoient des observateurs lors d’élections importantes, ce qui favorise une couverture de toute l’étendue d’un territoire. Ce travail rentre donc bien dans leurs attributions acceptées par les États, sinon ils ne le feraient pas.

Le cas de la RDC

L’Eglise congolaise a été et demeure l’une des plus dynamiques d’Afrique noire. On se souvient de la tension permanente entre le Président Mobutu et le cardinal Malula qu’il considérait comme son plus grand opposant. La Conférence Épiscopale Nationale de la RDC (CENCO) a œuvré de tous les régimes politiques en RDC pour l’instauration de la démocratie et de l’État de droit. L’actuel Président de la CENCO, Mgr Marcel Utembi, de même que l’ Abbé Donatien Nshole, secrétaire général, sont deux chevilles ouvrières dans la médiation entre le régime de Joseph Kabila et l’opposition, ainsi que dans la mise en route et le déroulement des élections apaisées en RDC. D’où leur implication dans le dépouillement des procès verbaux ramenés par plus de 40 mille scrutateurs des commissions Justice et Paix. La CENCO n’a pas fait de proclamation parallèle. Elle a affirmé que les statistiques dont elle dispose sont éloignées de celles publiées par la Commission officielle des élections. A-t-elle raison ou tort ? Il faudrait procéder au même dépouillement pour se prononcer.

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Une chose étrange est que quand Mgr Samuel Kleda du Cameroun conteste certaines conditions des élections dans son pays, il a la faveur des médias. Quand son collègue de RDC le fait, les mêmes médias estiment que l’Église n’a pas à se mêler de la politique.

Source : Baba Claude

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