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Cameroun – Mortalité néonatale : L’Organisation Mondiale de la Santé remet en cause l’optimisme du pouvoir de Yaoundé

Le gouvernement camerounais n’a de cesse de clamer haut et fort la réduction de la mortalité néonatale dans le pays.

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Selon les derniers rapports conjoints de l’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la santé de la mère et de l’enfant, le Cameroun figure dans le top 10 des pays où le taux de mortalité néonatale est le plus élevé.

Si l’on en croit les chiffres de l’organisation ànusienne, la situation est alarmante.  « L’Afrique est l’endroit le plus dangereux à naître. Chaque année plus de 3 millions de nouveaux nés décèdent dans le monde, 98% de ces décès se produisent dans les pays en développement dont plus de la moitié en Afrique », Peut-on lire dans le rapport.

Le Grand Nord Cameroun, la zone la plus vulnérable

Au Cameroun, d’après les chiffres donné par le Ministère de la santé publique à travers l’Enquête démographique et de Santé et à indicateur multiple (EDC-MICS), le taux de mortalité est estimé à 103 décès pour 1 000 naissances. La région du Nord possède le taux de mortalité néonatale le plus élevé du pays, avec 42 pour 1 000 suivi des régions de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord avec chacun 40 décès pour 1 000. Plus de la moitié des cas de décès néonatals enregistrés chaque année se produisent dans les 3 régions septentrionales. La présente hausse du taux de mortalité néonatale survient après avoir connu une légère baisse entre 2004 et 2015 passant de 144 décès pour 1000 à 122 décès en 2011.

Causes profondes

La réévaluation en hausse du taux de décès infanto-juvéniles s’explique par les multiples crises humanitaires qui ont fait leur lit dans certaines parties du pays. L’insécurité, la multiplication de nombre de déplacés internes et de refugiés sont considérées comme les vecteurs de résurgence de ce phénomène. Par ailleurs les mauvaises conditions dans lesquelles se déroulent la grossesse, l’accouchement et le post-partum sont souligné comme cause potentielle de ce type de mortalité. Les mentalités et les croyances sont aussi indexé : certaines jeunes filles et femmes ne jugent pas nécessaires les consultations prénatales. Les carences en médecins gynéco obstétriciens aggravent la situation. A titre illustratif, l’hôpital régionale de N’Gaoundéré ne compte qu’un seul spéciale dans le domaine.

Respect du calendrier vaccinal

Le dernier rapport de l’évaluation des besoins en soins obstétricaux et néonatales d’urgence au Cameroun souligne que, la menace représentée par la mortalité néonatale s’accroît chaque année du fait du mauvais état des infrastructures sanitaires là où elle existe. De l’Etat nutritionnel déficient de la mère, de l’offre insuffisant et de la qualité peu satisfaisant des soins. L’enquête démographique et de santé et à indicateur multiple quant à elle met l’accent sur l’importance de la vaccination et du respect du planning familial et du respect du calendrier vaccinale.

Le foisonnement des programmes

Pour sortir le Cameroun du cordon sanitaire dans lequel il s’engouffre, les pistes de solution réside dans les différents programmes et engagements auxquelles le pays a souscrit. En effet le gouvernement adhère aux programme Onusienne à l’instar de « une promesse renouvelé » de l’Organisation Mondiale de la Santé « every woman every Child » ou encore « every newborn action plan » de l’UNICEF. Le gouvernement a en outre souscrit au plan opérationnel de la santé du nouveau né. Last but not the least, le plan stratégique sectoriel de santé 2016-2030 demeure la boussole du gouvernement en matière de la santé de la survie de l’enfant.

Chèque santé : Obstacle ou Issue

Lors du 10e anniversaire de la présence de l’Agence Française de Développement (AFD) au Cameroun, célébré à Ngaoundéré, le partenaire français a loué son programme phare de santé publique, le chèque santé. Jean Paul Tchomndou chargé de la communication de l’agence a mis en avant le succès de chèque santé, présenté comme la vitrine pour la gestion de l’état de santé des femmes enceintes. « Quand vous arrivez dans un centre de santé muni de votre chèque santé, l’hôpital refuse de vous prendre en charge » confiait Fatimatou, « le Ministère de la santé ne respecte pas la contrepartie qui consiste à verser la subvention aux hôpitaux », se défend un responsable d’hôpital. Aujourd’hui nombre des hôpitaux voit d’un mauvais œil ce gadget qui ne coûte que 6 000 et qui assurent les frais de toute la période de gestation de la grossesse.

Lors des récentes assises de l’UNICEF, la Directrice n’est pas allé par quatre chemin pour mettre le doigt sur le mal « le nombre de décès d’enfant de moins de 5 ans a diminué au cours du dernier quart du siècle, mais il est clair que nous échouons dans les pays les plus pauvre du monde », fustige Flore Henrietta. « Il est urgent que le gouvernement, les partenaires des soins et les communautés se mobilise pour barrer la voie et trouver de nouvelle solution face à cette évolution inquiétant. Il importe de mettre au point de nouveau vaccin », ajoute-t-elle. Au Cameroun, il est de bon ton que le gouvernement à travers son Ministère de la santé Publique met le paquet double pour sortir de cette situation déshonorante.

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Boubakary Moussa
Boubakary Moussa, est un passionné de l’information qui s’est spécialisé dans les enquêtes et analyses. Jeune motivé à l’éthique avéré il est le correspondant de ChateauNews dans l’Adamaoua.

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