Yougouda
Mme Yougouda, Chef du Centre Social de Ngaoundéré. Crédit photo: chateaunews.com
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Quelle est la situation exacte du phénomène des enfants de la rue ou d’abandon d’enfant à Ngaoundéré ?

Il existe deux catégories des enfants de la rue. Il y’a des enfants de la rue et les enfants dans la rue. Les enfants dans la rue sont ceux qui peuvent sortir de la maison, qu’on envoi pour vendre, parfois qui sortent de leur propre gré. A la fin de la journée ils rentrent à la maison mais ils ne dorment pas dans la rue. Alors que les enfants de la rue sont ceux qui vivent dans la rue, qui dorment dans la rue, et mangent dans la rue. Ils font tout dans la rue. Ici à Ngaoundéré, on retrouve cette catégorie d’enfant dans des endroits comme l’esplanade de la gare ferroviaire, le petit marché et devant les pharmacies. Ce sont des endroits où ils dorment. Ces enfants sont issus d’horizon divers comme Meiganga, des régions de l’Extrême-nord, du Nord où de l’Est.

Quelle raison peut pousser un enfant à se retrouver dans la rue ?

Plusieurs raisons expliquent la présence de ces enfants dans la rue. Vous savez la plus part de ces enfants sont issus des foyers polygamiques qui engendrent tellement des difficultés pour les enfants. Il y’a aussi le cas de la famille qui est divorcé, alors quand le papa se remarie il y’a souvent conflit entre la belle mère qu’on appelle marâtre et l’enfant. Vous savez que le papa généralement n’est pas à la maison pendant la journée, l’enfant se retrouve à subir la violence que ce soit physique, morale ou de tout genre provenant de sa marâtre. Alors l’enfant se refugie dans la rue où il trouve une compagnie. Il y’a aussi le cas des orphelins parfois des deux parents où seulement de père. Mais généralement c’est l’orphelin de mère qui se retrouve plus dans la rue parce que la rue, parce que la cohabitation entre père et enfant est souvent difficile voire compliqué.

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Comment se fait la récupération de ces enfants dans la rue ?

A Ngaoundéré nous travaillons avec les partenaires privés. Les centres d’écoutes et d’encadrement qui existent sont le centre Yidddé Bicoy situé à Baladji, le Centre d’Encadrement des Enfants de la Rue (CEDER) et AGAPE situé au quartier Daressalam. Ce sont eux qui interviennent, ils sont les bras séculiers de l’Etat dans c domaine. Donc nous travaillons avec des partenaires qui investissent et nous les accompagnons sur le plan technique. Ces associations identifient d’abord les sites de regroupement des enfants de la rue et identifient ces enfants. Ils procèdent par la suite à la mise en confiance et ils les forment dans des métiers divers. Au CEDER par exemple qui accueil 7 enfants en interne et 30 en externes le centre a mis en œuvre des programmes de formation tous les mardis et les vendredis. Ils se débarbouillent avec des séances de causerie et de sensibilisation.

Comment arrivez-vous à convaincre un enfant de quitter la rue ?

Extraire un enfant dans la rue est œuvre de longue haleine, c’est un processus. Ce n’est pas du jour au lendemain qu’on parvient à les sortir de là. Ce sont des enfants très délicat et très malin. Sur 10 enfants interrogés plus de 8 vous racontent des mensonges. Pendant le premier entretient, ils vous disent tout et n’importe quoi, ils vous racontent un tissu de mensonge. Souvent leurs parents sont en vie et vous racontent qu’ils sont morts. Alors que leurs parents sont à Ngaoundéré ils vous jurent le contraire. C’est lorsque l’enfant se sent couvert qu’il commence à vous faire confiance et vous raconter la vérité. Et lorsque le climat de confiance s’est installé il plus facile de les convaincre que rester dans la rue est une mauvaise chose. Ils vont alors prendre conscience du fait que la rue est une mauvaise compagnie. Quand le moment viendra où ils prennent consciences ils acceptent d’être en institution. L’institution les inscris à l’école ou dans un centre de formation professionnelle, c’es que fait CEDER par exemple.

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Sur ce plan, le travail se fait à deux niveaux. D’abord l’éducation en milieu ouvert c’est-à-dire on suit l’enfant là où il est-dire dans la rue. L’éducation en milieu interne est ceux là qui sont en internat, et là ça se passe au niveau de la famille. Ils seront interner jusqu’au moment où ils seront prêt à rentrer à la maison c’est-ce qu’on appel le retour en famille des enfants de la rue.

Quel genre de difficulté peut-on rencontrer dans ce travail ?

Aujourd’hui c’est le privé qui fait ce travail et nous faisons le travail d’accompagnement. Nous avons suggéré à notre hiérarchie la création d’un centre d‘écoute à Ngaoundéré. Il faut que l’Etat crée un centre d’écoute tout comme il a créé la rééducation de Bertoua et de Maroua. Il nous faut des structures et des moyens. En outre lorsque nous parvenons à convaincre ces enfants à quitter la rue il faut qu’en amont l’Etat trouve un moyen pour leur réinsertion. Mais quand on n’a pas les moyens, on a beau les retirer de là, mais ils finiront par y retourner faute de moyen d’encadrement. Les institutions privées d’encadrement ont une capacité d’accueil limité et on ne peut pas leur imposé plus que leur capacité d’accueil. Il y’a des centres dans l’extraction mais il n’existe pas de centre de réinsertion.

Propos recueillis par Boubakary Moussa

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