Hadja Maimouna, ex-otage
Hadja Maimouna, ex-otage. Crédit photo: chateaunews.com
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Le 23 Juin 2017, Mâma, 70 ans nous racontaient comment il a été torturé par ses kidnappeurs. Pendant deux semaines le sexagénaire a souffert de martyr des mains de ses ravisseurs.

Enlevé à Gor dans le Mayo Rey, il a profité d’un moment d’inattention, pour semer la confusion et confondre ses ravisseurs.

« J’étais en permanence ligoté et bâillonné. J’étais enchaîné au pied d’un arbre torse nu. Un des ravisseurs me fixe des yeux et s’approcha de moi. Il fumait une cigarette et le prit, il l’enfonça sur ma chair. Par la suite tous venaient éteindre leur cigarette sur mon corps »,

avait-il raconté.

Aujourd’hui, c’est la région de l’Adamaoua qui est au devant de la scène avec son cortège de familles martyrisées et endeuillées. Le château d’eau souffre le chaud et le froid et détient le triste record national des kidnappings.

« Je m’appelle Al hadji Adjia, j’ai été retenu pendant 11 jours entre les mains des preneurs d’otages, on m’a tabassé, frappé et humilié. Pour finir, mes enfants ont dû vendre tous mes troupeaux pour payer la rançon »,

confie le rescapé de Libong dans le Département du Faro et Déo. Ils sont âgés entre 14 et 70 ans, parmi les personnes enlevées, il y’a des mères de famille, des jeunes filles et des mineurs. La plus part sont victimes d’acte de torture et certains ont subis des exécutions sommaire.

En dépit de la présence des forces de défense et de sécurité, des dizaines de personnes se font enlevées constamment.

« 5 hommes qui parlaient le Peulh avec un accent Mbororo dont 4 de la tribu Wodabe et un kidnappeur de la tribu Ouda ont débarqué vers 23 heures pour m’enlever. J’ai été retenu juste au tour de la SODEPA (Société de Développement et des Productions Animales). Mes fils ont versé la somme de 14 millions pour la rançon de ma libération»,

confie Al hadji Adjia 70 ans. Le visage frêle, la colère et la déception d’avoir tout perdu sont les traits caractéristiques de ces rescapés.

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La localité de Libong est l’un des villages les plus touchés par ce phénomène.

« Nous avons été enlevés la nuit, ils sont entrés dans ma chambre et m’ont traîné de force avec ma fille. Ils nous déplaçaient fréquemment d’un point à l’autre sans arrêt alors même qu’il pleuvait. Nous sommes libérés après avoir versé 7 millions 800 milles F CFA. Ils nous humiliaient »,

confie Hadja Maimouna, 62 ans avant de renchérir,

« Les coupeurs de route ont tous pris. Tous mes troupeaux ont été vendus pour payer la rançon. Les bœufs sont finis et je n’ai plus rien » ,

avoue-t-elle.

Les atrocités commises contre la population civile ne se limitaient pas qu’aux sévices corporels. Les ravisseurs prennent un malin plaisir à infliger à leurs hôtes des remontrances morales.

« Ils nous insultaient constamment et disaient qu’on n’était pas des vrais musulmans, qu’on ne payait pas la Zakat (la dîme) »,

révèle Ahmadou ex otage.

« J’ai vu l’un d’eux se faire brûler avant de dire au feu, “ne soit pas pressé tu auras ta part bientôt lorsque je te rejoindrai en enfer” »,

majore Manou.

« L’un de mes ravisseurs pointa son arme dans mon oreille et failli tirer avant de se retenir. Il me frappait avec son arme sur la tête. Ma famille a versé 6 millions pour ma libération »,

jure Ilyassou père de 9 enfants.

En visite dans l’Adamaoua pour mesurer le gouffre de cet imbroglio le Ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji s’est déplacé muni de 10 Corans comme arme de dissuasion.

« Tout le monde va jurer qu’il n’entretient aucun rapport, ni de près ni de loin avec cette entreprise criminelle »,

a annoncé le patron de l’administration camerounaise. La tragédie qui s’est emparé de l’Adamaoua est loin de livrer tous ses secrets et les actes barbares qui pestent cette savane dépassent l’entendement.

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