Lamidat de Ngaoundéré
Lamidat de Ngaoundéré. Crédit photo: chateaunews.com
NEWSLETTER

Français     English

Lecture/Read : 2 min

Un jour de l’Aïd el fitr, la grande fête musulmane, Souleymane Barka, citoyen lambda qui venait d’arriver dans la ville de Ngaoundéré en provenance de l’Extrême-Nord a été passé à tabac alors qu’il se rendait à la Chefferie pour contempler une Fantasia offerte par la Chefferie.

Le « gangaré », patronyme à connotation péjoratif collé à tous les ressortissants du Nord a eu le fâcheux reflexe d’entrer dans l’enceinte mythique sans se déchausser. C’est à coup de fouet qu’il a été raccompagné à la sortie de la Chefferie avant même de comprendre ce qui vient de lui arriver. Les anecdotes de ce genre de mésaventure ponctuent la vie du Lamidat de Ngaoundéré.

Intérieur du Lamidat de Ngaoundéré
Lamidat de Ngaoundéré. Crédit photo: chateaunews.com

Il est de notoriété public que l’on n’entre pas n’importe comment dans un Lamidat. Tout visiteur qui pénètre dans ce lieu sacré est censé se soumettre à un ensemble de rituel encré dans la mémoire collective avant de pénétrer à l’intérieur de la Chefferie. L’une des habitudes communément observée consiste à se déchausser à l’entrée du Lamidat,

« C’est une vieille coutume qui date de longtemps. Le fait de se déchausser avant d’entrer est perçu comme un signe de respect envers le Lamidat. Ce n’est pas imposé par l’islam, c’est une tradition qui s’est perpétué à travers les âges »,

nous explique un notable.

Un brin d’histoire

La tradition qui commande à toute personne de se déchausser à l’entrée avant de s’introduire dans l’enceinte du Lamidat de Ngaoundéré est une curiosité qui remonte à la genèse de cette grande Chefferie du Nord Cameroun. Ces clichés et stéréotypes véhiculés par des images des personnes laissant leur chaussure à l’entrée où les tenant entre les mais sont chargés de sentiments divers et contrastés.

>>
Stop Pauvreté !

Bâti sur le model dominant de société de caste, le Lamidat de Ngaoundéré est un lieu enténébré par toute sorte de fantasme. Le mythe de l’égalité pourtant chère à l’islam a fait long feu.

« Vous êtes respecté selon votre rang sociale, on voit certains bourgmestres qu’ils soient musulmans ne prenant pas la peine de se sacrifier à ce rituel. Ils pénètrent l’enceinte sans gêne avec leur chaussure »,

se désole Hamadicko, un observateur. C’est donc une tradition qui ne s’applique qu’à certaines personnes.

D’aucuns soulignent son côté mystique pour justifier son respect.

« Toute personne qui ne se conforme pas à cette tradition risque d’être frappée par une malédiction inguérissable qui va se transmettre de génération en génération sans fin. Il sera hanté par les esprits maléfiques et démoniaques, il subira une déchéance spirituelles et sociétale irrémédiable »,

prévient Yaro Ibrahima, un sexagénaire qui a tout l’ère de superstitieux.



Réactions

Veuillez saisir votre contribution !
Veuillez saisir votre nom ici

25 − = 22