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Depuis quelques temps, l’élite politico-bureaucratico-socio-économique du pays voient la jeunesse d’un autre œil. Longtemps abandonnée à elle-même et exclue des avantages des arcanes du pouvoir et des délices de l’argent, elle se retrouve soudainement propulsée sur le devant de la scène.

Plusieurs initiatives en faveurs des jeunes sont mises en branle. L’occasion pour elle de profiter au maximum du crédit à elle accordé pour prendre de l’avance et dénicher les financements dont elle a besoin.

« Le but est d’intéresser les jeunes au secteur de l’agro-pastorale et de valoriser les productions agropastorales »,

confie un membre de la délégation parlementaire.

Qu’ils ne se leurrent pourtant pas. L’intérêt tout azimut que suscite la jeunesse n’est pas un cadeau gratuit garnit des bonnes intentions. Il appartient à cette jeunesse convoitée de s’adapter à cette nouvelle donne pour en tirer le meilleur profit. Ce soudain intérêt est une aubaine parce qu’il représente d’alléchantes perspectives. Des jeunes triés sur le volet, « on voit de plus en plus des jeunes qui renoncent aux fonctions juteuses et lucratives de la fonction publique et parier sur le métier agro-pastoral » constate un observateur.

Qui sélectionner et comment le justifier ? Depuis l’annonce de la ténue de cette 6ème édition de la caravane de Promotion de Métiers Agro-Pastoraux auprès de la Jeunesse de l’Adamaoua, les autorités locales en charge du choix des potentiels bénéficiaires s’évertuent à résoudre ce casse-tête. Destiné aux jeunes résidents dans la région, âgée entre 18 et 35 ans qui pratiquent le métier agro-pastoral,

« Il s’agit de présélectionner les 21 meilleurs agriculteurs, 21 meilleurs éleveurs et de 21 meilleurs entrepreneurs. C’est sur cette liste que sortiront les 15 jeunes retenu qui seront primés, repartis équitablement entre les 5 départements de la région »,

confie Komba Gaston.

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Parmi les organisations de leadership jeune, les critères de sélection se posent avec acuité.

« Nous n’avons aucunement été informés de la ténue de cette caravane et n’avons pas été associés. Nous ignorons sur quelle base ces sélections ont eu lieu alors que nous représentons les jeunes »,

un membre de la CNJC de la Vina. Pour l’autorité publique, le Conseil National de la Jeunesse du Cameroun n’a ni vocation, ni qualité et compétence pour sélectionner les candidats. Il appartient aux sectorielles et aux équipes techniques de faire le travail et cela s’est fait en bonne et due forme rassure Etienne Ludovic Ngbwa.

La plus part des députés qui feront le voyage sur les terres de Modibo Adama sont les ressortissants du Grand Nord. Tous les 68 députés de cette partie du pays sont attendus, à commencer par le très honorable Cavaye Yeguié Djibril, président de la chambre. Pour préparer la caravane, un groupe de députés conduit par Gaston Komba a séjourné dans l’Adamaoua. Curieusement au sein des députés de l’Adamaoua, c’est le silence total. Aucune prise de parole pour présenter l’événement.

La région de l’Adamaoua ne fait pas exception en matière de l’employabilité des jeunes. A l’image du reste du pays, le château d’eau croupit sous le coup du chômage. La majorité des jeunes de cette région sont dans l’oisiveté.

« Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’être diplômé est comme un handicap au Cameroun. Parce que les jeunes non scolarisés sont ceux qui s’en sortent mieux dans la vie »,

raconte Ahmadou, étudiant en 3ème année en Gestion, à l’Université de Ngaoundéré.

Cataloguée par l’avant-garde du pays comme étant manipulable à volonté, obsédée par l’alcool et la drogue, « la génération tête baissée » a le vent en poupe.

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