Honorable Goni Mariam, secrétaire générale du réseau des parlementaires Espérance Jeunesse de l’Assemblée Nationale
Honorable Goni Mariam, secrétaire générale du réseau des parlementaires Espérance Jeunesse de l’Assemblée Nationale
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La montagne aura accouché d’une petite souris pourrait-on dire au sortir des trois jours de manifestations du réseau des parlementaires à Ngaoundéré. Le séjour des parlementaires dans la région du château d’eau s’est soldé par de nombreuses frustrations des acteurs locaux et pour cause…

Après plusieurs semaines de mobilisation, de sélections, de formations et préparation de ce qui devrait être un grand moment de célébration de l’excellence de la jeunesse dans le domaine rural, le bilan est à la grande déception pour beaucoup d’intervenants.

” Nous ne savons pas sur quelle base les jeunes agriculteurs et éleveurs ont été sélectionnés. Nous attendions un appel à manifestations, mais à la place, on a simplement vu la liste des lauréats dont certains ne font pas office de référence en la matière dans notre secteur d’activité “,

s’offusque un jeune agriculteur de la région. De sources concordantes, les listes de lauréats auraient été modifiées au dépend des organisateurs de l’événement. Influencés par le statut honorable des promoteurs, les victimes dénoncent l’injustice en sourdine. A-t-on appris, les critères n’ont pas été communiqués au public et le comité de sélection bondé de sectorielles a travaillé en toute opacité.

De quoi faire douter les experts du domaine. Autant il est vrai que le travail de la terre ne trompe pas, autant les meilleurs ne se cachent point et leur mérite est connu de tous. Chose curieuse, la présence des intrus parmi les lauréats a été constatée sans que l’on ne sache comment.

Toute chose de nature à frustrer les jeunes seigneurs de la terre en général désireux de voir, pour une fois, le vrai mérite du travail célébré. La main obscure et le trafic d’influence courant au pays lorsqu’il s’agit d’honneur, de titre et d’argent ne se sont pas fait prier cette fois encore pour fausser les données.

Des 63 lauréats issus des 5 départements et 21 arrondissements dont compte la région de l’Adamaoua, une poignée seulement serait des entrepreneurs ruraux au mérite avéré.

“Très honnêtement, je ne suis pas persuadé que plusieurs des médaillés peuvent prouver sur le terrain qu’ils méritent effectivement cette haute distinction du Chef de l’État Paul Biya”,

révèle un jeune mécontent des visages affichés comme référence agro-pastorale.

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En effet, plusieurs jeunes se demandent qui des parlementaires ou des intervenants locaux est à l’origine de cette situation déplorable. Mais certains indices dans la gestion de la 6ème édition de la caravane de promotion de l’entreprenariat et de valorisation des métiers Agro-pastoraux auprès de la jeunesse de l’Adamaoua par les personnes rencontrées font douter de la crédibilité des parlementaires. Selon plusieurs prestataires et acteurs impliqués dans les activités, le comité d’organisation a fait montre de légèreté professionnelle dans la gestion des participants. Les informations collectées auprès des membres de commissions constituées pour la circonstance par le Gouverneur Kildadi Taguieké Boukar révèlent que plusieurs clauses convenues avec la mission parlementaire de préparation conduite par l’honorable Komba Gaston n’auraient plus été respectées au moment de dérouler le programme. La mise en oeuvre a pêché par un amateurisme perceptible et de l’improvisation pour une activité rendue à sa 6eme étape.

Encore plus gênant, nous a-t-on fait savoir, au moment du désintéressement financier, les éclats de voix se sont fait entendre. C’est le cas des artistes musiciens et mannequins malmenés durant la soirée culturelle par le comité d’organisation sans qu’une raison valable de cette mauvaise gérance ne soit donnée.

“Nous avons été sollicité par la commission culturelle pour une prestation en l’honneur des députés, mais à la fin, on nous raconte que notre enveloppe n’est disponible. Interpellé pour comprendre le problème, le délégué régional des Arts et de la Culture nous indique que le budget des prestations n’a pas été mis à sa disposition comme prévu par le député de la Vina, Ali Bachir, Chef de fil des parlementaires de l’Adamaoua. Rendu à deux jours après la clôture des manifestations nous n’avons pas jusqu’à lors pas été désintéressés “,

dénonce un artiste courroucé bien connu qui requiert l’anonymat. Les déboires de cet artiste ne sont pas un cas isolé, les mannequins du défilé de mode ont eux aussi été victimes de ce non paiement de leur prestation à la soirée culturelle aux Bois de Mardock. La dizaine de membres du Club Mannequin de l’Université de Ngaoundéré et leur encadreur Hervé Ngahni ne décolère pas suite à cet énième abus des élites politiques de la région à l’égard des artistes.

” Non seulement nous n’avons pas reçu notre motivation de la part des députés, mais en plus nous avons été abandonné à notre pauvre sort sans aucune disposition pratique aux bois de Mardock à plus de 23 heures passés. Nul était l’assistance du Coordonnateur du Groupe FAD’ART qui a mis la main à la poche et M. Belle Alphonse qui a dénié nous reconduire à une heure très tardive avec son véhicule personnel, nous n’aurions pas pu retourner au village universitaire de Dang en plus sans argent parce que les mannequins n’ayant pas reçu de cachet”,

déballe un mannequin couronné, par cette indifférence des élus du peuple à la jeunesse créative.

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Au cours de la cérémonie protocolaire à la place de l’indépendance de Ngaoundéré, un groupe de chorale de Dang retenu pour exécuter un champ sur le vivre-ensemble a été complètement ignoré et discriminé au point de faire la manche auprès des bienfaiteurs pour regagner leurs chambres, faute de moyens. Chose improbable, devant les plaintes des artistes, la député Goni Mariam, Secrétaire Générale du réseau des parlementaires Espérance Jeunesse de l’Assemblée Nationale, déclare que les artistes n’ont droit à rien puisque ayant profité des espaces de la caravane pour se vendre. Les députés de l’Adamaoua, par la voix de Ali Bachir s’inscrivent davantage dans le mépris des jeunes talents en laissant entendre que ” les artistes ayant presté doivent se contenter des bonus de scène (aussi appelé farotage dans le jargon camerounais) comme prime de leur spectacle “. Une situation qui a été décriée par les membres de la commission Culturelle pris en partie par l’ensemble des artistes après leur prestation.

Autre lieu et autre scène aussi déplorable, à l’hôtel où les députés avaient installés leur camp, les voix se sont levées contre le traitement indigne de la presse, contraint de décharger de minables sommes parfois de 10.000 FCFA après plusieurs jours de couverture médiatique. Une insulte que beaucoup de reporters ont refusé de cautionner. Les sectorielles et partenaires techniques n’ont également pas échappé à ce traitement désobligeant de nature à susciter des tensions et séparation en queue de poisson. Tel est le cas du prestataire Japonais bien connu à Ngaoundéré qui aurait boudé le paiement de sa facture par le comité d’organisation, un montant inférieur aux dépenses engagés de plusieurs centaines de milles selon sa déclaration des faits.

” Comment les députés peuvent nous faire ça. Prendre des engagements et venir discuter la facture par après alors que le travail est déjà fait. Avec de tels agissements révoltant, le pays va avancer comment ? “,

s’indigne à son tour Japonais acteur culturel.

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Au sortir de cette vaste caravane de déception adossée à la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes dans le domaine agro-pastoral, que de frustrations et de déceptions pour ce qui devait naturellement être une action d’éclat des parlementaires dans la région du château d’eau. Il ressort que beaucoup de jeunes se sont sentis exclus injustement des récompenses pourtant dédiées aux meilleurs tandis que de leurs côtés les acteurs n’oublieront pas de si tôt leur grand mécontentement suite au mauvais traitement final au vu des exigences présentées lors des réunions préparatoires.

Les paroles avancées par les députés au terme des activités après avoir bouclé leur séjour ont délié les langues du camp des mécontentements. L’argent étant le nerf de la vie et la clé de toute action, ce paramètre a constitué la goutte d’huile qui a enflammé des populations. Une mauvaise image pour les parlementaires de l’Adamaoua, déjà mal vu par la base électorale pour leur absence de résultats dans les chantiers de développement socio-économiques au niveau local, à quelques mois de la sentence des législatives de 2019 annoncées en octobre prochain.

La Rédaction



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