ngaoundere, place des fetes
Crédit photo: chateaunews.com
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C’est bien connu, le Cameroun a un excellent potentiel agricole en raison de son climat chaud et généralement humide, et la richesse de son sol. Le Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural a profité du lancement à Ngaoundéré de la campagne agricole 2019 pour les régions septentrionales, pour annoncer un vaste programme ambitieux du gouvernement dans le domaine.

« Nous avons décidé de la mise sur pied d’une technopole dans la localité de Wasandé. 27 mille hectares de terre cultivable seront aménagées et 160 jeunes agriculteurs seront installés »,

a annoncé Gabriel Mbaïrobé. Situé dans le périmètre où sévit le phénomène d’enlèvement des personnes suivis de demande de rançon, le retour de la sécurité dans cette zone est la condition sine qua none permettant l’exploitation optimale de son potentiel agricole.

ngaoundere
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La région de l’Adamaoua arrosée suffisamment par la pluie avec son potentiel de terre irrigable, peine pourtant à impulser une véritable révolution agricole. Si l’agriculture familiale rudimentaire a des beaux jours devant lui, les grands projets agricoles piétinent. Après les mésaventures du grand projet de la SODEBLE de Wasandé, c’est au tour des complexes agro-industriels privés de connaître le même triste sort. MAÏSCAM de l’homme d’affaires Alhadji Abbo ou encore SOACAM du richissime Nana Bouba ne tiennent désormais plus qu’à un fil et courent inexorablement vers la déflagration. C’est dans le but de contrer cette chute vertigineuse des grands complexes agro-industriels que la ville de Ngaoundéré a été choisie pour accueillir la campagne de lancement agricole dans les régions septentrionales. Le grand rendez-vous des seigneurs de la terre a été l’occasion d’étaler une panoplie des programmes destiner à soutenir le secteur agricole.

Ces multiples programmes en mal des résultats.

Le Projet d’Investissement et de Développement des Marchés Agricoles (PIDMA) qui peine à brandir un bilan cohérent après 5 ans d’exercice (2015-2019) se taille la part du lion. Financé par la Banque Mondiale, ce nouveau gadget du gouvernement devrait créer 300 sociétés coopératives agricoles, représentant 300 mille ménages soit 120 mille bénéficiaires dont 70% des femmes.

« L’accès au financement du PIDMA est conditionné à la présentation d’un Business Plan, des statuts de la coopérative, du rapport d’activités techniques et financiers de la coopérative, des procès verbaux des réunions de l’Assemblée général, des livres des recettes et des dépenses et le relevé d’identité bancaire »,

renseigne un cadre du programme. L’objectif initial du programme de passer d’une agriculture de subsistance et de faible productivité des filières maïs, sorgho et manioc à une agriculture commerciale avec des chaines des valeurs compétitives restent à démontrer.

L’ambitieux programme de la GIZ

Le Programme d’Appui au Développement Rural (PADER) de la coopération Allemande qui intervient dans les régions du Nord et de l’Adamaoua, oeuvre depuis 2016 et court jusqu’en 2020 à la productivité agro-pastoral. Le programme vient en aide aux régions les plus pauvres et aux populations les plus vulnérables et tables sur une population de 20 mille producteurs et éleveurs ruraux avec un budget de 9,17 milliards. Cette louable initiative n’est pas exempt des critiques.

« Le problème de ces programmes c’est au niveau des critères de sélection de leurs bénéficiaires qui est obsolète. Le programme appui des jeunes scolarisés qui n’ont pas très souvent une vocation dans l’agriculture. Alors que les véritables agriculteurs qui sont délaissés n’ont pas mis pieds à l’école »,

remarque un observateur.

Ngaoundere
Crédit photo: chateaunews.com

Ce 4 mai 2019, à la place des fêtes de Ngaoundéré, 746 jeunes qui viennent de terminer leur formation en agriculture reçoivent des mains de Gabriel Mbaïrobé une cagnotte de 43 millions.

Au même moment au quartier 12 poteaux, les jeunes agriculteurs de cette zone s’adonnent avec dévouement à la culture de divers légumes et tubercules. Ils ignorent tout de l’initiative de leur Ministère de tutelle.

« Je fais dans la culture d’oignons, de betteraves, des carottes, et divers autres plantes avec ma famille depuis 15 ans. Nous n’avons reçu aucun soutient, je le fait seul et je n’ai pas le luxe de placer mes espoirs sur un probable appui »,

confie Joseph.

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