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Il est 17h, l’heure de pointe pour les taximen qui transportent les étudiants de la cité universitaire de Dang vers le centre-ville de Ngaoundéré et vice versa.

Au lieu-dit ancien secteur Douane, une file de voitures stationnées de part et d’autre sur la route. Un lac artificiel en plein milieu de la chaussée qui a vu le jour, empêche les voitures de rallier leurs destinations finales aisément. A quelques kilomètres de là, juste à l’entrée de la cité universitaire en face d’un grand hôtel de la place, c’est le même triste spectacle qui est offert aux nombreux usagers de cet axe. Pour nombre d’entre eux, c’est le train quotidien surtout en cette période pluvieuse. Circuler sur cette route relève d’un véritable parcours du combattant.

« C’est vraiment difficile pour nous, il faut être un cascadeur pour pouvoir t’en sortir »,

brosse Amadou, chauffeur de taxi.

« C’est totalement inacceptable de continuer encore à circuler sur cette route dans de telles conditions. Nous sommes obligés de faire 3 heures de temps au lieu de 20 min habituellement afin de rallier le campus. C’est choquant, c’est méprisant et insultant pour nous les étudiants »,

rajoute Mamat Younouss, étudiant. Les travaux de réhabilitation de cette route lancée en 2017 par l’entreprise Esico sont aujourd’hui au point mort. Entre l’amateurisme et l’incompétence constatée du BTP Tchadien et le non-respect des clauses financières par l’Etat, ce sont les usagers qui se retrouvent pris au piège. Si d’aucuns désignent l’Etat comme le principal responsable de cet hécatombe routier, d’autres pointent du doigt les élus locaux.

« On ne peut pas dédouaner la communauté urbaine de Ngaoundéré ou les communes d’arrondissement de Ngaoundéré 1er et 2ème qui continuent de regarder ailleurs, alors qu’un aménagement même partiel de leur soin pourrait soulager »,

montre du doigt Haman Jacob, un acteur de la ville. Les chauffeurs des camions marchandises qui empreintent cette voie à destination du Tchad ou du grand Nord ameroun sont aussi victimes de ce chemin de croix. Les plaintes des transporteurs Tchadiens résonnent désormais comme un ultimatum dans les oreilles des autorités camerounaises en charge des routes. Et pour cause, le pays d’Idriss Deby envisagerait de se retourner vers le Port d’Ondurman au Soudan au détriment de Douala pour son import/export.

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A l’heure où on parle de plus en plus en termes d’autoroutes, le septentrion est une fois de plus le laissé pour compte. Autoroute Douala – Yaoundé, Douala – Limbe, Douala – Bafoussam, Kribi – Edéa, à quand les autoroutes Ngaoundéré – Garoua ou Garoua – Maroua ? Pour l’heure, c’est la grande bataille contre des lacs artificiels aux milieux des chaussées qui retient les attentions.

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