Université de Yaoundé 1, Suzanne Mengué Zomo, PCA
PCA de l’Université de Yaoundé 1, Suzanne Mengué Zomo
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Suzanne Mengue Zomo prend ses fonctions en tant que PCA de l’Université de Yaoundé 1 dans un contexte lourd d’incertitude. Certaines classes intellectuelles et politiques s’opposent et s’insurgent contre l’enclavement de cette juriste qui soulève des débats.

Université de Yaoundé 1

Lorsque Jean Fouman Akam quitte tragiquement la scène publique et laisse vacant son poste de Président du Conseil d’Administration de l’Université de Yaoundé 1, beaucoup ont parié sur la fin de l’ère des PCA aux multiples postes. Le défunt PCA de la mère des Universités camerounaises incarnait une certaine pratique administrative perverse qui n’honore pas le Cameroun. Jean Fouman Akam cumulait à lui seul 6 postes de haute responsabilité. En plus d’être PCA de l’Université de Yaoundé 1, il était conseiller juridique à la présidence de la République, Président du bureau du tribunal de la Francophonie, membre du conseil constitutionnel, secrétaire permanent du conseil de la magistrature et membre du comité centrale du RDPC.

Loin de porter un coup de massue à cette magouille managériale, le Président de la République, Paul Biya, semble décider à perpétuer la tradition. En nommant Ntam Ondo Suzanne Mengue Zomo pour prendre les rênes de l’institution universitaire de la capitale, Paul Biya consacre un choix qui en dit long sur sa volonté de maintenir le statu quo. Comme son illustre prédécesseur, cette dernière cumule plusieurs fonctions. Elle est à la fois, conseillère à la Cour Suprême, juge à la cour Africaine des Droits de l’Homme et des peuples d’Arusha, membre de la commission nationale des Droits de l’Homme et de liberté.

En son article 59, le décret présidentiel portant statut des PCA des entreprises et établissement publics est pourtant sans ambiguïtés : « les fonctions de Président et de membre du conseil d’administration d’un établissement public sont incompatibles avec celle de parlementaire, de Magistrat exerçant auprès d’une juridiction ou de membre du conseil constitutionnel ».

Cette nomination est donc une entorse à ce décret et ouvre par ricochet une voie royale au maintient de plusieurs directeurs, PCA des entreprises publiques cumulards.

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Après la décision inespérée et historique de Jean Pierre Kedi qui démissionne de son poste de directeur de ARSEL en respect aux dispositions du décret sus-cité, les camerounais ont cru s’attendre aux démissions en cascades de plusieurs chefs d’entités publiques et para-publiques se trouvant dans le même cas de figure. En vain, car ni l’inamovible Ernest Ela Kedi à la tête du Centre National d’Etude et d’Expérimentation du Machinisme Agricole (CEEMA) depuis 45 ans, encore moins Jean Madou Ndengué PCA de la MAGZI depuis 45 ans n’ont voulu emboîté le pas à leur collègue. Si cette nomination soulève de sérieuses interrogations sur le concept de bonne gouvernance tant prônée dans les milieux universitaires, celle qui est désormais la PCA a tout l’air d’hériter d’un lourd fardeau au vu du débat que soulève sa nomination.

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