Mongo Beti, Mission terminée
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Mission terminée, cette œuvre de Mongo Beti relate l’histoire de Medza, un jeune lettré durant la période coloniale, recalé au Baccalauréat, et envoyé en mission par sa famille dans un village lointain.

Il se voit confier la responsabilité de ramener la femme de son cousin Niam, celle-ci ayant déserté le foyer conjugal. Paré du prestige de l’école des Blancs, il entame le voyage en direction de Kala, lieu de résidence supposé de la fugitive.

Dès son arrivée à Kala, il est reçu en grandes pompes par un cousin et un oncle, chez qui il est censé résider durant le déroulement de sa tâche. La femme qu’il doit ramener s’est absentée de Kala.

Son séjour est logiquement prolongé, situation fort avantageuse pour lui. En effet, les habitants de Kala le perçoivent comme un être supérieur, car il représente la civilisation du colon. Le chef du village, ainsi que les habitants ayant des filles en âge de se marier, lui manifestent tous les égards imaginables.

Parallèlement, l’oncle de Medza profite allègrement de la situation pour obtenir cadeaux et prestige, au nom de son neveu.

Medza est loin d’être un élève brillant. Il a manqué son baccalauréat, et même s’il laisse les habitants de Kala le couvrir d’éloges et qu’il en profite pour s’attirer les faveurs des jeunes filles, les remords ne sont pas moins réels dans son esprit. C’est à Kala qu’il découvre les plaisirs de la chair, et qu’il se voit contraint d’épouser Edima, la fille du chef de village, qu’il avait préalablement déflorée.

Au bout d’un mois, la femme de son cousin refait surface. Suite à de rudes négociations, elle accepte de retourner à Niam. Il ne reste plus à Medza qu’à retourner dans son village et à affronter son rigide père, dépourvu de baccalauréat, et pourvu d’une épouse. La confrontation violente le conduit à quitter le village, en jurant de n’y retourner qu’à la faveur de la disparition de son géniteur.

Ce qui m’a marqué

La plume est vivante et addictive. Je n’ai pas encore eu le privilège de parcourir l’ensemble de l’œuvre de Mongo Beti, mais dans le cadre du parcours déjà effectué, Mission Terminée est selon moi, son œuvre la plus remarquable, d’un point de vue purement esthétique.

L’alliage entre le fond et la forme est excellent. L’auteur met en lumière la manière avec laquelle l’école coloniale transforme les modes de vie et crée une cassure entre les « évolués » et les « indigènes », à travers les types d’habitation, les modes de déplacement, les styles vestimentaires, les loisirs ; il exprime le sens et les limites du savoir scolaire ; il décrit la fascination que diplômés – ou prétendument diplômés – cause dans l’arrière-pays, introduit des pistes de réflexion sur la psychologie amoureuse…

A 25 ans, Mongo Beti maniait le verbe de manière imagée, avec une originale finesse, digne d’écrivains accomplis.

Lecture inoubliable.

Mbengue Moukouri Cyrus Dariel
www.darielmbengue.com

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