journalisme de paix friedrich ebert
Crédit photo: chateaunews.com
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Le journalisme de paix est un choix qui a des implications éthiques ainsi que pratiques. C’est un style qui allie « 90 pour cent de journalisme et 10% de paix » a souligné Aya Bach formatrice. Une approche d’écriture qui tranche avec le sensationnel et la traque des grandes unes qui caractérisent les professionnels de la plume et du micro.

Pionnière de l’introduction de ce concept dans la famille de la presse camerounaise, la fondation Friedrich Ebert œuvre à la promotion de cette donne dans les médias locaux. Une cause qui trouve son fondement dans le contexte actuel où le Cameroun traverse de sérieuses crises internes qui divisent l’opinion nationale et internationale.

Aux dires des promoteurs, en tant qu’acteurs de premier ordre dans la sensibilisation des masses et la diffusion de l’information, les journalistes devraient savoir le dosage des mots nécessaire pour passer le message sans faire l’apologie de la violence. S’appuyant sur le thème « peace journalism : advances, challenges and perspectives ! », les journalistes évaluent leur manière de traiter les faits et situation de conflit du 5 au 6 septembre au siège de Friedrich Ebert Stiftung dans la capitale politique du Cameroun, Yaoundé. Des techniques que mettent déjà en pratiques les journalismes bénéficiaires de ces séminaires pratiques.

journalisme de paix
Jurnalistes participants. Crédit photo: chateaunews.com

« Le choix des images, des mots et des thèmes orientent désormais mon travail ceci grâce aux formations reçues en journalisme de paix »,

témoigne Francis Eboa reporter de l’Œil du Sahel qui bénéficie de ces formations depuis 2016.

Néanmoins, des incompréhensions et craintes persistent chez les pratiquants de la presse sur ce courant journalistique.

« Faut-il comprendre que le journalisme de paix déforme les faits ? »,

s’est interrogé un journaliste participant. A cette préoccupation partagée par plusieurs, l’enseignante à l’université protestante apporte un regard réaliste

« Les faits sont sacrés. Mais c’est nous qui choisissons les faits à traiter. Les choix éditoriaux sont les représentations de la réalité. La véracité n’est pas la vérité. Nul ne devrait prétendre connaître la vérité générale »,

explique Aya Bach, journaliste pluridisciplinaire expérimentée en matière de paix. Un message qui fait appel aux plans et angles de traitement des papiers qui peuvent déformer la vérité.

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Certains journalistes évoquent un manque d’intérêt des populations de la presse éthique. Les réseaux sociaux sont le terrain de prédilection des détracteurs d’une presse éthique et les promoteurs de la violence sociale.

« La plume neutre et citoyenne est parfois mal comprise par les autorités locales qui se disent prises à partie quand leur opinion n’est pas dominante dans le traitement de l’information. L’attitude des forces de sécurité et hommes politiques habitués à recadrer le travail de la presse ne facilite pas le journalisme de paix »,

dénonce un journaliste du Nord-Ouest. Fort est de relever que « le journalisme de paix exige aussi du courage » a souligné le Madame Aya Bach, expert on Peace Journalism. De quoi inviter les pratiquants à plus de choix et de responsabilité.

Faut-il le souligner que le journalisme de paix fondé à la base pour traiter des conflits, des guerres et crises social est un domaine transversal qui s’applique à d’autre domaine journalistique tel que la culture, pourvu qu’il y ait une implication sociale ? Excepté le sport où son application reste relative, le journalisme de paix est, dans le contexte des tensions qui gagnent le monde, un courant qui s’impose désormais.

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