Populations du village Magawa
Populations du village Magawa. Crédit photo: chateaunews.com
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Lesdits chefs traditionnels de troisième degré émargent illégalement dans les caisses de l’État pour le compte des chefferies de Magawa, Godola Garé, et Lougga, dans le Canton de Godola, arrondissement de Meri, Département du Diamaré. De quoi soulever le courroux des populations locales.

La tension est vive et la guerre désormais ouverte entre les populations et Sa Majesté Bibi Bobbo, Chef de Canton de Godola dans l’arrondissement de Meri dans le Département du Diamaré. Ces derniers accusent le Lamido de Godola d’abus d’autorité, de corruption et trafic d’influence.

Tout est partie de l’annonce de l’octroi de salaires aux Chefs Traditionnels par le Président de la République Paul Biya en 2013. La bonne nouvelle a déguisé la voracité de SM Bibi bobbo qui s’est empressé d’engager des démarches maffieuses auprès des autorités administratives pour introniser ses enfants et petit frères comme Chefs de troisième degré des villages Magawa, Godola Garé, et Lougga, dans le canton de Godola.

Une démarche qui lui aurait visiblement souris puisqu’il a réussi à placer son fils, Abbassi Bobbo, Chef de troisième degré du village Magawa et qui touche l’argent de l’État à ce titre et donc le matricule est P-052224. Par la suite, son petit frère, Abdoul Moumini Bobbo, Chef de troisième degré du village Garré avec pour matricule X-052225. Aussi dans la bourgade de Lougga, le Lamido a placé Hamandjoda Bouba, également de sa lignée.

Seulement la supercherie n’aura pas durée. Ces chefs illégitimes sous le couvert du guide religieux qu’est le Lamido continuent de percevoir l’argent public illégalement. Constatant l’irrégularité dans l’exercice de leur fonction, la vacance a été ouverte à la tête de ces trois chefferies. Le processus de rétablissement de l’ordre enclenché, plusieurs candidatures des héritiers légitimes de ces chefferies sont enregistrées. Conformément à la procédure, les frais de la descente pour des consultations coutumières ont été perçus par le Sous-Préfet, Ngrem Marcel en service à Kaélé aujourd’hui, alors qu’il était Chef de terre de l’arrondissement de Meri au moment des faits. Une descente de l’autorité administrative qui n’a malheureusement jamais eu lieu dans ces villages.

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De quoi pousser les populations à se demander sur quelles bases le Sous-Préfet Ngrem Marcel a dressé les PV de sa descente qui ont permis au Préfet du Diamaré de prendre des actes homologuant ces chefferies à ces derniers le 02 décembre 2014 et dont une copie est parvenue à la rédaction de ChateauNews ? Ceci alors que les trois chefs ne sont point de la lignée royale dans ces villages. Des actes de faux et usage de faux qui foulent au pied le décret 77/245 du 15 juillet 1977 qui porte l’organisation des chefferies traditionnelles au Cameroun berceaux de nos ancêtres.

Chose curieuse, les trois chefs usurpateurs bénéficient de salaire grâce aux actes d’homologation signé le 02 décembre 2014. Parallèlement, le même Sous-Préfet Ngrem Marcel précise dans le documents officiels de passation de service à son remplaçant en 2016 que les trois chefferies du canton de Godola en question sont vacantes. Toutes choses qui constituent des cas de faute grave sur la gestion du dossier.
Face à ces agissements révoltants des autorités locales, un climat de tension règne à Godola. Des réunions se multiplient chaque jour dans ces différents villages pour en finir avec le Lamido.

Rencontré à Maroua par notre correspondant, le Lamido refuse de se prononcer sur les faits.

« Je n’ai rien à vous dire à ce sujet »,

a-t-il expliqué. Devant cette posture rigide et mafieuse, les populations s’organisent pour protester.

Dahirou Hamidou
Dahirou Hamidou. Crédit photo: chateaunews.com

Dahirou Hamidou, candidat à la chefferie de 3e degré du village Garré se dit prêt à aller jusqu’au bout pour que justice soit faite.

Ibrahim Dahirou
Ibrahim Dahirou. Crédit photo: chateaunews.com

Même son de cloche chez Ibrahim Dahirou Waziri, quant à lui candidat à la chefferie de 3e degré de Mangawa.

Dans leur suite, les populations mobilisées veulent en découdre avec ceux qui ont orchestrés ces faux. Les doigts menaçants sont pointés vers le Sous-Préfet Ngrem et le Lamido de Godola tandis que le climat social se charge de colère. En attendant une éventuelle sortie de crise, les choses vont de mal en pire.

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