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Atangana Roger Charles : « Environ 90 000 personnes âgées ne disposent pas d’acte de naissance dans l’Adamaoua »

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Atangana Roger Charles, est le premier Directeur Régional du Bureau National d’Etat Civil (BUNEC) de l’Adamaoua. Né le 26 juin 1985 dans la Lékié, Région du Centre, l’ancien étudiant de Droit de l’Université de Yaoundé II a une carrière passée dans un cabinet d’avocat ensuite dans un cabinet de notaire avant d’être recrutée au BUNEC et affecté Adamaoua. Il a été au four et au moulin à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Enfance. il répond au micro de votre journal ChateauNews.

Dites-nous quelles sont les mesures prisent par le BUNEC aux populations en vue de leurs faciliter l’accès à un acte de naissance ?

C’est un véritable honneur que la Journée de l’Enfance soit organisée sur la thématique qui porte sur les actes de naissance. Concernant l’agence BUNEC Adamaoua, nous avons pris un certain nombre de mesures d’accompagnement de manière général pour relever le taux d’enregistrement d’état civil dans notre région. Et comme facilité que le BUNEC apporte en terme d’amélioration d’enregistrement des actes d’état civil, il y’a d’abord les sensibilisations que nous faisons aussi bien dans les écoles que dans les Chefferies traditionnelles. Maintenant comme appui administratif, conformément au message fax de Son Excellence, le Ministre de la Décentralisation, qui demande au Maire de prendre toutes les dispositions opportunes pour régulariser à travers des ressources dont les communes disposent. Nous avons aussi pris certaines dispositions, notamment un plaidoyer auprès des Médecins, d’exonération des frais des certificats d’âge apparent. Actuellement, aucune formation sanitaire ne prend plus de 100 FCFA pour délivrer le certificat d’âge apparent alors que par le passé c’était des frais exigibles. Et relativement, nous avons reçu les instructions fermes de notre hiérarchie à savoir du Directeur Général du BUNEC, qui nous a demandé de prendre toutes les dispositions pour accompagner les populations à avoir leur acte. Parmi ces populations il y’a évidemment les enfants. Comme autre mesure prise, il y a eu un abattement des frais de justice au niveau des juridictions et c’est le lieu pour moi de remercier aussi les partenaires au développement qui ont répondus favorablement à cette initiative. Nous avons 6 000 actes de naissance qui sont appuyés du côté de Meiganga par les partenaires au développement dans les 21 communes. Les Maires sont entrain de voter des résolutions pour appuyer les élèves afin que ceux-ci puissent présenter leur examen qui est en train d’approcher et aussi dans le cadre du concept de l’armée et nation, Nous avons le 5ème secteur du BIR, qui est en train de prendre les mesures sociales à savoir un appui à plus de 110 élèves qui sont en classe de CM² .

Quel est le taux réel en ce qui concerne l’Adamaoua ?

En ce qui concerne l’Adamaoua, les statistiques sont dynamiques. Nous avons plus de 40 000 enfants qui n’ont pas d’acte de naissance. Les recensements pour ce qui concerne les personnes âgées est en cour et je peux vous dire qu’on avoisine presque 90 000. Mais des mesures sont en train d’être prise par les Maires. Et c’est le lieu pour moi de remercier l’autorité administrative qui nous accompagne pour relever le taux d’enregistrement des différents actes d’état civil. Aujourd’hui on observe une augmentation d’enregistrement certes les difficultés demeurent, mais nous sommes à pieds d’œuvre pour relever ce taux d’enregistrement dans notre Région.

Un commentaire sur le thème de cette Journée de l’Enfance qui met en évidence le problème d’établissement d’acte de naissance ?

Pour ce qui est de ce thème, il faut relever que les Droits des enfants sont des Droits inaliénables et ce thème tombe à point nommé parce que justement dans notre contexte dans l’Adamaoua, beaucoup d’enfants n’ont pas d’acte de naissance. Et cela porte préjudicie à leurs droits fondamentaux notamment le Droit à l’Education. Comme vous le savez si bien, l’acte d’état civil est un passeport qui donne accès à plusieurs droits notamment le Droit à l’éducation, le Droit à la filiation, le Droit à la protection et autre… Donc le contexte est particulier parce que nous avons beaucoup d’enfants qui n’ont pas d’actes de naissance et cela a des conséquences sur leurs scolarités. Beaucoup abandonnant l’école en classe de CM² et cela constitue un réel préjudice. Alors il est fondamental qu’au travers de ce thème que les parents comprennent les enjeux qui se dessinent à savoir assurer une scolarité épanouie à leurs enfants grâce à un acte de naissance et surtout que nous sommes à une phase où les dossiers de l’examen des certificats d’études primaires sont en train d’être fait dans différentes Ecoles Primaire. C’est un enjeu qui tombe vraiment à point nommé, pour sensibiliser davantage les différentes composantes sociologiques pour qu’ensemble nous puissions créer une véritable synergie d’action pour réduire le faible taux d’enregistrement que connait notre région.

Vous avez été très actif lors de la célébration de cette journée. Que revêt votre participation surtout pendant l’enregistrement de l’émission carton rouge ?

Notre participation était juste pour sensibiliser et communiquer sur l’importance d’enregistrement des actes d’état civil. Actuellement, il y a beaucoup d’actes de naissances qui sont déposés au niveau national, beaucoup d’enfants n’ont pas d’acte de naissance et beaucoup risquent d’abandonner l’école, aussi intelligent soient-ils ? Il était fondamental pour nous de passer ce message pour montrer l’importance d’enregistrer les différents actes d’état civil car l’acte de naissance c’est le premier diplôme qu’un homme peut avoir sur terre et « carton rouge » justement a une tribune pour faire passer ce message.

Beaucoup n’arrivent pas à cerner les missions de votre organisme, pouvez-vous clarifier le rôle du BUNEC ?

Avant de clarifier le rôle du BUNEC, il faut savoir que le BUNEC est une structure administrative qui est instituée par l’article 19 de la loi de 2011 et c’est une structure qui est organisée conformément à l’article 4 du décret de 2013 qui fixe son fonctionnement et son organisation. Le BUNEC est le régulateur du système d’Etat Civil de manière générale. Et à ce titre, il est chargé de la supervision du contrôle des centres d’état civil. De manière spécifique, le BUNEC est chargé de la collecte de données, du contrôle technique des centres d’état civil, la fourniture des intrants à savoir les souches d’état civil, du renforcement des capacités, de la mise à la disposition des normes et standard applicables aux centres d’état civil. Voilà quelques missions assignées au BUNEC.

Un message à l’endroit de la population pour relever le taux d’enregistrement d’acte de naissance ?

Je tiens à préciser d’emblée qu’au départ, le taux d’enregistrement était effectivement très faible, mais avec l’avènement du BUNEC et l’apport des différents sectoriels administratifs et même les médias, on constate déjà une nette évolution des mentalités. Le message que je tiens à faire passer à l’endroit des populations, c’est de déclarer les actes de naissances et de dénoncer systématiquement toutes les personnes d’état civil qui leur demanderais des sous, parce qu’on nous fait comprendre que par endroit, on leur demande 10 000FCFA. L’article 17 de la loi de 2011 dispose que l’établissement d’état civil est gratuit. L’Etat prend des dispositions pour rapprocher le service public des usagers. Il y’a des centres d’état civil qui sont créés. Il y’a des officiers d’état civil qui sont nommés.

Propos recueillis par B. Moussa

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Boubakary Moussa
Boubakary Moussa, est un passionné de l’information qui s’est spécialisé dans les enquêtes et analyses. Jeune motivé à l’éthique avéré il est le correspondant de ChateauNews dans l’Adamaoua.

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