Bondjock
Crédit photo : http://tanglikund.over-blog.com/
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En date du 15 novembre 2019, la circulaire du président national du parti RDPC relative aux investitures des candidats de la formation aux élections Législatives du 09 février 2020 s’est voulut claire sur tout le territoire, y compris à la commune de Bandjock.
Elle instruit que « La promotion de nouvelles figures passe par l’injection du sang neuf dans les listes, chaque fois qu’il est possible, notamment dans les cas mettant en concurrence des camarades bénéficiant de la retraite parlementaire ». Pourtant sur le terrain, le constat d’un chaos est flagrant au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). La directive visait le renouvellement de l’élite politique dont la majorité partage le pouvoir depuis 37 ans maintenant.

Une constance se dégage, le rassemblement des troupes pour la bataille des municipales est très loin d’être démocratique. On peut clairement parler de clientélisme, de guerre de tranchées. Les militants font face à un braquage des investitures par des hors la loi au col blanc, révélés et dénoncés par le cadre du parti, Messanga Nyamding. Le cas de la section RDPC Nyong et Kéllé Centre pour l’investiture dans la commune de Bondjock donne une photographie frappante de la déchirure entre la jeunesse du parti et les caciques de la vielle garde qui cherchent à s’éterniser.

Bandjock et le film des investitures

A Bondjock, le président de la section RDPC et Maire sortant a un bilan très fortement contrasté, avec des soupçons de malversation d’un fond de 80 millions destinés à la réalisation d’une route communale pour le village de Hondol. Ce dernier, Ton Manguelle inquiet du poids politique et l’aura saine dont jouit la famille du Secrétaire Général de la section départementale Alain Florent Mbong et avec l’appui de certaines autres élites qui encadrent les activités du parti pour le compte des élections, a rayé le nom de ce jeune conseiller municipale qui figurait en 3e position sur la liste du RDPC.

Le Maire sortant a positionné en lieu et place, deux noms dont le niveau scolaire ne dépasserait pas le Certificat d’Etude Primaire (CEP). En les choisissant dans la localité d’origine du conseiller municipale écarté, sans aucune consultation dudit conseiller et dans l’opacité totale, il a entretenu la discorde. Est-ce pour empêcher des remous  sur la gestion des 80 millions de la route de cette localité, s’interrogent les militants dès la révélation du coup ?

Le complot qui était censé rester confidentiel entretien les supputations des militants. Ces derniers vont jusqu’à évoquer une alliance sécrète pour l’après Biya entre le maire et d’autres élites, qui veulent survivre à travers le parti de Cabral Libii.

La débâcle est annoncée du RDPC dans cet enclave qui fait figure d’exception dans le Nyong et kéllé comme quasi unique municipalité aux mains du parti comparé aux autres détenues par l’UPC. Le président de la commission départemental, Bell Luc Réné, les élites comme le DGA de Camrail reste muets dès qu’on essaye de souligner ce dossier.

Pour rappel, le maire actuel, doit son élection en 2007 au soutien explicite d’une figure majeure et stratège de la politique au Cameroun, unanimement reconnue comme nationaliste et progressiste, feu Mbong Bayem Silas disparu le 6 décembre 2007. Il avait tenu à voter malgré sa santé déclinante pour ramener la jeune municipalité dans le giron du RDPC avant de s’envoler pour une hospitalisation dont il ne se relèvera pas. Ce nom ne dira certainement pas grand-chose à ceux qui ne connaissent pas l’histoire du mouvement nationaliste Camerounais dans les luttes pour l’indépendance et la réunification de la nation.

Il est pour la petite histoire, le père d’Alain Florent Mbong, rayé sournoisement de la liste RDPC par une véritable mafia après avoir accepté son dossier. Il semble pour elle que ce soit la seule façon de l’empêcher de les concurrencer en cas de victoire du parti pour le poste de Maire. Mbong Bayem Silas est de ceux avec Kemajou Daniel, qui avaient contribués au renversement du gouvernement Mbida notamment à la suite des menaces de rayer la Sanaga Maritime (incluant avant les indépendances, l’actuel Sanaga Maritime et le Nyong et Kéllé) et par la suite avaient dit non aux plein pouvoir à Ahmadou Ahidjo. Sur instruction du héro national Ruben Um Nyobe, il prend part au scrutin partiel du 23 décembre 1956 qui a constitué un tournant décisif dans l’histoire du Cameroun.

C’est à la faveur de celui-ci qu’est né l’Etat du Cameroun. Il est aussi celui qui a échappé de justesse à deux exécutions sommaires par l’armée française alors qu’il était détenu à Edea puis à Yaoundé par les autorités coloniales françaises. Celles-ci l’avaient identifié comme maillon essentiel parmi les fidèles de Um Nyobe, surtout après avoir dit à Roland Pré qui menaçait de l’abattre que tôt ou tard un Camerounais sera assis à la place du Haut-Commissaire et le drapeau du Cameroun flottera sur le toit de ce palais. Passées les indépendances et pour limiter le massacre total des militants nationalistes de l’UPC, il accepte sous escorte militaire sur ordre du Président Ahidjo de devenir Secrétaire Adjoint à l’organisation du parti unique.

Avec l’avènement du RDPC, il va être porté régulièrement par les militants de bases, à la tête de la section dès que les élections pour ce poste seront lancées dans ce parti. Progressiste, ce fin stratège de la politique adepte de la rigueur est de ceux qui plaident vivement pour l’ouverture au multipartisme. En 1997, il informe le président national du RDPC qu’il ne souhaite plus être candidat pour un poste de responsabilité politique au sein du parti, invoquant sa volonté de laisser la place à une nouvelle génération de cadres politiques qu’il a coaché. Il lance un appel vibrant au Président de la République à frapper avec la plus grande vigueur ceux qui pillent la fortune publique et entrave le développement des populations.

Une source au sein de la commission départementale laisse entendre que c’est cet héritage politique qui donnerait des sueurs froides au maire sortant de Bondjock et à une certaine élite corrompue, qui se démènent pour que le nom et l’aura de Mbong Bayem Silas à travers l’un de ses fils ne viennent plus mettre en lumière les lacunes d’une clique maçonnique. Pour l’instant le RDPC est mal parti dans la commune de Bondjock. La faute aux candidats en lice vomis par les populations.

Au niveau régional, les recours vont pleuvoir pour tenter de régler les tensions. Un casse-tête pour les autorités compétentes en vue de limiter les tripatouillages des cadres du parti qui inévitablement vont profiter aux adversaires du RDPC.

Guy Lembita Pondi 

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