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Laure Kamdem : Toute une vie détruite par l’inhumanisme d’un employeur

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Laure Kamdem : Toute une vie détruite par l’inhumanisme d’un employeur
Image ilustrative. Crédit photo : Youtube

À la tête d’une nombreuse famille, Laure KAMDEM commence le périple d’une recherche d’emploi dans un environnement particulièrement réfractaire surtout s’agissant d’une jeune fille à la fois très jolie doublée d’une tête bien faite.

Apres avoir frappé à la porte de plusieurs entreprises, c’est finalement aux Basseries du Cameroun que les portes de l’emploi lui seront ouvertes en 2004.

Tout se passe plutôt bien jusque là puisque la jeune Laure KAMDEM, vaillante de nature s’efforcera toujours à remplir les missions à lui assignées par sa hiérarchie au point où celle-ci n’hésite pas à lui confier quelques petites responsabilités dans l’entreprise.

Mais dans le fond,tout ce qui intéressait vraiment Laure KAMDEM , c’était surtout de soutenir sa pauvre maman, ses frères et sœurs restées à Bafoussam et dans la mesure du possible, réaliser quelques économies pour préparer le futur de sa petite fillette. Tout ceci, c’était surtout sans compter avec les revirements de la vie qui peuvent être cruels comme on le verra par la suite.

En effet,alors que nous sommes en 2013 ,au cours d’une formation au sein de l’usine de production des Brasseries à Douala , il y’a du Gaz qui va s’échapper des turbines et envahir aussitôt la petite salle de production où Laure et certains de ses collègues travaillaient . Ce gaz qui s’était répandu comme une drainée de poudre c’était de l’ammoniac dont on sait l’effet dévastateur une fois à son contact.Ce fût donc la débandade dans la salle de production des Brasseries.

Laure n’ayant pas suffisamment couru dans la petite salle ,finira par inhaler une bonne quantité de ce gaz qui l’enverra quelques secondes plus tard dans un coma profond après évanouissement.

Elle sera transportée à l’infirmerie de la société et réanimée des heures plus tard sous le regard inquiet de ses collègues venus effrayés l’assister. Apres sa réanimation, sa hiérarchie viendra lui demander de rentrer d’abord chez elle se reposer sans y prescrire ou recommander toutes autres formes de suivis particuliers.

Sans rechigner et sous l’accompagnement d’une amie et collègue de service ,Laure va regagner le chez elle mais malheureusement pour elle ,une fois à son domicile le même jour aux environs de 23 heures ,elle refera une rechute et sera transportée par le voisinage dans le Centre des maladies respiratoires à Bonanjo où elle sera de nouveau réanimée avant que le spécialiste de ce centre ne propose qu’elle soit placée en urgence dans une phase de désintoxication.

Un malheur ne viendra jamais seul ,Laure qui subit désormais des cures de désintoxication comme préconisé dans ce centre spécialisé fera également face à des crises de titraparesie c’est à dire qu’elle commencera à perdre l’usage de tous ses membres et ne plus y sentir aucune sensation. Ajouté à cela,elle confiera à ses proches qu’elle ressentait sur elle le poids d’une extrême fatigue dont elle ne s’expliquait pas. Alors que les spécialistes essayaient d’ailleurs d’y saisir ce dysfonctionnement,Laure est frappée par une cruelle paralysie de ses membres inférieurs .

Après une kyrielle d’examens prescrits par l’hôpital et entièrement supportés par sa pauvre maman partie de Bafoussam pour venir assister sa fille désormais en état de végétation à Douala, Laure n’a plus jamais passer une seule journée sans rechuter. Sous recommandation de celui qui sera désormais son médecin traitant, elle sera conduite quelques jours après à l’Hôpital Général de Douala,où elle sera placée en rééducation et en réadaptation mobile dans l’espoir de sauver l’usage de ses membres voire de l’ensemble de sa motricité.

Un jour,pendant qu’elle subit ses séances de rééducation à l’Hôpital Général de Douala, elle fera de nouveau une grosse rechute qui obligera cette fois ci les spécialistes qui la suivait à la replacer sous forte observation médicale,ce qui malheureusement va s’avèrer inopérant puisque la situation de Laure KAMDEM ira en se dégradant de façon accélérée.

Devenue l’ombre d’elle même et nonobstant sa piteuse condition , Laure ,comme dans une course contre la montre n’hésitera jamais de se lever sous ses béquilles pour faire un tour au service,afin de garantir son gagne-pain, visiblement plus important à ses yeux que de sa propre santé. La vérité étant qu’elle n’y avait pas beaucoup de choix dans cet environnement de travail au rendement impératif.Ajouté à sa recente condition ,elle n’avait pas beaucoup de choix. Comme on peut en imaginer la suite ,ses journées de travail se termineront davantage au sein de l’infirmerie des Brasseries toute exténuée et à peine mobile.Cet état alarmant obligera d’ailleurs certains membres de sa famille à lui trouver des decoxions traditionnelles faits de breuvages et autres mixtures qui ne serviront d’ailleurs pas à grand chose .

Face à tout ceci,l’employeur de Laure ne trouvera mieux que de lui accorder un peu de temps de repos médicaux sans toutefois accompagner cela d’un appui financier conséquent.Ces petits temps de repos, Laure et sa famille l’utiliseront pour toquer aux portes de nombreux hôpitaux dans la région du Littoral à la recherche d’un spécialiste qui pourrait enfin la soulager.

En 2017,Laure KAMDEM fera une très grosse rechute qui lui imposera 03 mois d’inactivité et au début du quatrième mois,après moult traitements ça et là, elle ira reprendre son service tout en sollicitant auprès du médecin de son entreprise des Brasseries, l’ouverture de son dossier lié à son accident de travail préalablement fermé au lendemain de ce jour noir par le médecin d’entreprise sans l’avis de son médecin traitant .

En lieu et place de la réouverture de son dossier médical, elle recevra plutôt quelques promesses par la hiérarchie régionale de l’entreprise allant dans le sens du financement de ses soins . De promesses restées vaines à ce jour malgré de nombreuses relances et supplications de Laure.

Même l’intermediation des délégués du personnel de l’entreprise n’y fera rien.Laure était devenue progressivement persona non grata dans son milieu de travail et pendant tout ce temps,sa situation continuait à se dégrader à un rythme effréné.

En début d’année 2018,Laure fera une autre rechute qui la conduira à 03 jours de coma profond.C’est au sortir de là qu’elle sera finalement condamnée sur une chaise roulante, ne reconnaissant plus personne,ni ses parents, ni même sa propre fille âgée déjà de 10 ans et devenue entretemps , la maman de sa petite maman.

C’est fort de cet état terriblement dégradant que le médecin traitant de Laure profitera pour solliciter auprès de sa famille qu’elle se rapproche de son employeur aux fins d’une évacuation sanitaire urgente de Laure KAMDEM. Malgré de nombreuses relances dans ce sens, toutes les correspondances resteront lettres mortes.

C’est pendant cette période que contre toute attente,le médecin de l’entreprise sortira des conclusions médicales cruelles vis à vis de Laure en plaidant de façon sententieuse LA FOLIE qui serait l’état pathologique de Laure.Les Brasseries venaient donc de trouver un raccourci pour ne pas soigner leur employé. Ils avaient décidé que Laure était folle.

Repliée chez elle, sans moyens de survie et sans moyens de traitements, son chemin de Damas ne se fera que grâce à quelques collègues généreux qui de temps en temps passeront lui jeter quelques aumones lors de brèves visites.

C’est dans cet état d’agonie qu’elle commencera aussi à recevoir des lettres d’avertissements de son employeur sur des motifs exhumés bien longtemps durant ses années de service . Elle plongera dans une grosse dépression!

Sa pauvre famille toute désemparée malgré cela continuera à lui payer quelques séances de rééducation et de Kinésithérapie pour la maintenir en vie et, partout où elle sera conduite ,tous les médecins auront la même sentence unanime , à savoir que Laure KAMDEM aurait dû être conduite dans un véritable centre de réanimation après son accident de travail, car cela s’apparentait davantage à un problème cérébral dont la prise en charge à ce niveau avancé aurait dû nécessiter une évacuation sanitaire.

Face aux multiples appels ô secours de Laure vis à vis de son employeur et après un silence assourdissant, elle prit finalement la résolution de prendre un avocat pour espérer forcer la main aux Brasseries afin qu’elles soutiennent son traitement extrêmement onéreux qui avait placé sa famille dans une situation d’indigence. Cette procédure ira jusqu’à l’inspection du travail et contre toute attente , en lieu et place d’un arrangement tel qu’escompté, c’est plutôt un courrier de licenciement que les Brasseries feront parvenir à Laure KAMDEM.

En tenant cette lettre de licenciement en mains, elle tentera de mettre fin à ses jours n’eût été la présence de sa fille de 10 ans à ses côtés.

Après avoir travaillé pendant près de 15 ans pour une aussi grosse boîte et victime d’accident de travail au sein de la même structure, qu’est-ce qui peut bien motiver un employeur aussi important de faire preuve d’un tel inhumanisme vis à vis d’un de ses employés?. Laure nous a transmis tous les justificatifs de ses passages dans les hôpitaux et autres rencontres avec les spécialistes à la quête de sa santé. Sa famille a dépensé tout ce qu’elle avait comme économies au point où aujourd’hui ,elle en est totalement essorée.

À ce jour,Laure est clouée sur une chaise roulante. Elle ne peut plus exercer aucune activité. Assise sur place ou allongée à longueur de journée, elle est incapable de ressentir un besoin pressant si l’envie venait à lui prendre car tous ses membres sont devenus insensibles. Vivant seule avec sa petite fille qui fait la classe de 6ieme ,elle ne peut que compter sur le soutien de sa maman et de quelques âmes de bonne volonté qui se souviennent encore de son amitié.

Face à son état qui choque et surtout face au mur de fer qu’elle a rencontré auprès de nombreux médias alors qu’elle essayait de relayer son témoignage par peur pour ces derniers de perdre certainement leurs avantages, le seul espoir reste la justice du Cameroun où son affaire passera dés le 15 janvier 2020 au Tribunal de première instance de Bonanjo à Douala.

En attendant que la justice se prononce,je viens vous inviter mes chers amis à sauver Laure KAMDEM. Cette jeune fille pleine d’avenir, victime d’une négligence médicale après une intoxication due à l’inhalation du gaz dans les la société Les Brasseries anonymes S.A où elle exerçait depuis de nombreuses années.

Ses numéros MTN MONEY ET ORANGE MONEY : (+237) 651 51 95 85 / 691 49 52 44.

Vous pouvez également l’appeler pour lui proposer des voies d’accompagnement dans cette terrible épreuve qu’elle traverse.

David Eboutou

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