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Billet : la France veut s’appuyer sur le Covid-19 pour déstabiliser des États en Afrique

Emmanuel Macron, Président de la France
Emmanuel Macron, Président de la France

La volonté de la France d’avoir la main mise sur le continent, notamment sur l’Afrique Centrale et le Sahel s’affiche désormais au grand jour.

On en veut pour preuve, le document produit par le ministère français de l’Europe et des Affaires Étrangères, le 24 mars dernier, par le biais de son Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS).

Sous le titre : « ‘’L’effet pangolin” : la tempête qui vient en Afrique ? », le CAPS suggère qu’« il convient [à la France] de trouver d’autres interlocuteurs africains pour affronter cette crise aux conséquences politiques ». Les experts français sont convaincus que la crise du Covid-19 serait une de trop en Afrique et va déstabiliser les régimes en Afrique centrale et au Sahel.

Cette analyse calculée, non seulement surprend, mais aussi laisse interrogateur à plus d’un titre, bon nombre d’observateurs. En effet, le ministère français des affaires étrangères ne se soucie pas de la stabilité du continent noir, mais de la nécessité pour la France de trouver d’autres dirigeants à la tête des Etats africains que le document cite nommément d’ailleurs.

Ces nouveaux interlocuteurs permettront, sans doute, à la France de s’affirmer sur le continent comme une « Grande Puissance » incontournable, dans un contexte où l’ancien colonisateur est en train de perdre son influence en Afrique, notamment dans les zones citées par l’Analyse à savoir l’Afrique centrale et le Sahel.

Le contexte actuel est marqué par la propagation vertigineuse du Covid-19, dont le dernier bilan en France, livré ce samedi 04 avril dernier dans la soirée, indique que le nombre de morts du Covid-19 a atteint un record en 24 heures, avec 1 053 décès de plus.

Le coronavirus a tué plus de 7 500 personnes dans ce pays, depuis le début de l’épidémie, selon le même bilan. N’est-il pas assez éloquent, ce bilan, pour que le gouvernement français n’en soit pas préoccupé ?

Depuis plus de deux semaines les Français sont obligés de rester chez eux. C’est une décision du président français. Les contrevenants sont obligés de pays une amende d’abord 135 euros puis 200 euros. Les cris de détresse viennent des hôpitaux où les agents de santé se plaignent des conditions de travail, dans un contexte sensible, puisqu’ils ont même perdu leurs collègues.

Outre les morts, la crise du Covid-19 impacte aussi bien le social que l’économie française, avec à la clé l’augmentation du chômage. Conscient qu’il n’y a pas de puissance qui puisse manipuler les Français en vue d’un mouvement social d’envergure contre Emmanuel Macron, les experts du ministère français de l’Europe et des affaires étrangères n’ont pas cru utile d’orienter leur analyse sur la tempête qui viendrait en France suite à crise du Covid-19.

Agissant comme le « propriétaire » de l’Afrique, le Quai d’Orsay a choisi de réfléchir non pas à manière dont son pays et l’Afrique peuvent sortir de la crise du Convid-19, mais au contrôle qu’il doit avoir sur le continent quand il aura remplacé des gouvernants, notamment de l’Afrique centrale et du Sahel.

En fait, la lecture attentive de cette analyse permet de comprendre que la France voudrait saisir l’occasion de la propagation du Covid-19 en Afrique pour la mise en œuvre d’un programme conçu depuis des dates pour déstabiliser l’Afrique Centrale et le Sahel.

Sans doute que la France n’a-t-elle pas encore pardonné aux pays du Sahel, dont quelques élites ont accusé ce pays de jouer le double jeu dans sa lutte contre le terrorisme au Sahel. Le sujet, on le sait a suscité la colère du président Macron qui a convoqué ses pairs de cette région africaine comme ses collaborateurs pour un sommet dit d’éclaircissement en France.

En Afrique centrale, le reproche serait, entre autres, la présence chinoise dans les secteurs clés du développement. Ce n’est pas tout, parce que les hommes expérimentés à la tête de nos Etats ayant compris le jeu malveillant des puissances colonisatrices ne s’y alignent plus naïvement.

Ces puissances qui ont considéré nos pays comme leurs campements, mais qui en même temps, s’offusquent de les voir prendre de l’envol vers le développement.

L’analyse du quai d’Orsay rend évidente la stratégie mise en place par la France pour réussir le remplacement des dirigeants des pays en Afrique centrale et au Sahel. Ces pays visés sont ainsi avertis. Ils ne devraient pas attendre de l’aumône de la France qui serait peut-être prompte à aider à la propagation à grande échelle du Covid-19 en Afrique francophone.

Par la suite, au vue du calcul affiché dans l’analyse, la France enverrait des mercenaires sous label d’”experts” pour prétendument venir sauver les africains du coronavirus. Mais ceux-ci seront plutôt chargés de mettre en place les conditions de renversement des régimes et travailleront insidieusement le terrain à la révolte et au soulèvement des populations.

La propagation à grande échelle du virus sèmerait alors la plus grande désolation dans la population qui, elle, se retournera contre leurs gouvernants, dont les efforts de lutte contre le virus s’avéreront insuffisants. Des marches populaires suivront et seront probablement réprimées, avec des blessés, des arrestations qui seront qualifiées d’arbitraires et peut-être des morts, même fictifs.

Et, l’écho des manifestations sera donné par la radio du Quai d’Orsay (Radio France internationale). En même temps, cette radio chauffera les foules avec des reportages bien orientés, incitant à la haine des dirigeants et présentera les choses comme l’aura voulu son propriétaire : ces manifestations sont le « procès populaire contre l’Etat [les dirigeants], qui n’avait déjà pas su répondre aux crises économiques, politiques et sécuritaires ». Ce sera un « coup d’État » dont la France prendra rapidement acte.

L’analyse du Quai d’Orsay doit être considérée par les peuples et les dirigeants africains comme un avertissement sur ce que la France prépare contre nos pays. L’hypocrisie diplomatique ne pourra pas confiner nos esprits et effacer réalité des choses.

Cette note du Quai d’Orsay sonne clairement comme un complot conçu et programmé par la même France colonisatrice qui contribue au fil des années à mettre en lambeau l’économie des pays africains.

Sinon, comment imaginer qu’à un moment où l’Europe court elle-même le risque d’implosion sur fond de COVID-19, les stratèges du Quai d’Orsay n’ont comme préoccupation que le devenir des régimes en Afrique ?

C’est faire fausse réflexion de croire que la France elle-même ne connaîtra pas de jours tumultueux après la crise du COVID-19, car l’Europe a failli face au tsunami sanitaire en Italie et en Espagne.

Le Quai d’Orsay aurait d’autres préoccupations quand bien même, il tente de faire la politique de l’autruche.

L’effet pangolin commencera en Europe c’est une certitude.