À la Une Économie Cameroun : quand le vol devient une épidémie

Cameroun : quand le vol devient une épidémie

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Il n’est plus évident au berceau de nos ancêtres, le Cameroun, de jouir de son labeur. Tu cultives, les autres récoltent.

J’ai décidé de ne plus faire le champ à cause des voleurs. La saison agricole 2019, j’ai labouré mon exploitation située à Marza et investi beaucoup d’argent dans les intrants pour les plants. Sauf qu’au moment de la récolte les vrais propriétaires sont passé une semaine avant pour casser tout le maïs. Je dis bien tout. Cette fois, au lieu de les engraisser je préfère attendre acheter simplement au marché,

déplore Alexandre, habitant de Ngaoundéré.

Comme lui, Ousseini, résident au quartier Gada Mabanga est aux abois.

Je suis venu samedi constater que les bandits ont coupé une bonne partie de mes légumes dans la nuit. Si je les attrape, ce sera leur fin. Je suis déjà fatigué de travailler pour les paresseux,

s’indigne-t-il en évoquant ce désagrément.

Leurs cas ne sont pas une exception. Désormais il faut garder sa production pour pourvoir la récolter.

Même les tubercules n’échappent pas aux raps des voleurs qui déterrent nuitamment les racines.

Les bandits, un soir ont volé toutes mes pommes de terre au champs à Baladji 2, derrière ma maison. Plus de 20 billons creusés en quelques heures dans la nuit comme si cela leur appartenait. Ils n’ont même pas eu peur qu’on les attrape,

dénonce une résidente également victime.

Une perte pour l’économie nationale

Cette accentuation du banditisme agricole est de nature à ralentir l’investissement des acteurs dans ce domaine pourtant productif.

Le phénomène gravissime de plus en plus récurrent, semble ne pas figurer dans le registre des priorités de nos autorités.

Pourtant, il y a bien de quoi s’en préoccuper si l’on veut rehausser le niveau de production pour l’autosuffisance alimentaire.

Selon un ingénieur agricole,

Le banditisme rural a découragé plus de 40% des producteurs et fait perdre des milliards à l’économie locale, ce qui constitue l’un des plus grands dangers à l’essor du secteur.

Les raisons évoquées pour justifier cette croissance du banditisme agraire d’après un sociologue sont : Le chômage des jeunes, l’amour du gain facile et la pauvreté des populations poussant certains individus à voler pour se nourrir.

De plus en plus, dans les zones agricoles, la tension est vive entre les paysans et les riverains des exploitations sur la disparition des productions dans leur champ.

Une menace de plus au secteur agricole après celui de l’incursion des bêtes. L’alerte est donnée mais, en attendant de trouver la solution anti-bandit, tous les moyens sont bons pour repousser les voleurs loin des exploitations agricoles.

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Rodrigue Tapeo
Journaliste, Communicateur, Promoteur culturel et Coordonnateur du Groupe FAD'ART. Il a travaillé avec plusieurs médias (radio, presse écrite, télévision, journal en ligne) dans le Septentrion du Cameroun. Il est aussi membre de la Société Civile Camerounaise, Consultant en communication sociale et développement de projet.

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