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George Floyd, l’autre Breonna Taylor des violences policières aux États-Unis

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George Floyd, comme Breonna Taylor sont quelques victimes des violences policières aux États-Unis que la société regarde toujours avec consternation.

Le cas George Floyd a soulevé la révolte des noirs partout dans le monde avec des manifestations toujours plus populaires scandant ses derniers mots : “i can’t breathe”, je ne peux pas respirer.

Malgré la crise sanitaire de la pandémie du nouveau coronavirus Covid-19 qui sévit aux USA et ailleurs, les manifestants ont soudainement oublié la distanciation sociale.

C’est dire que la révolte a dépassé la peur de la pandémie du Covid-19 !

George Floyd est mort le 25 mai dernier, le cou sous le genoux d’un policier de Minneapolis, Derek Chauvin en présence de 3 de ses collègues.

Mais avant lui, parmi les victimes qui n’ont pas eu la même, il y a Breonna Taylor

Pourquoi George Floyd et pas Breonna Taylor ?

Il faut dire que les deux victimes des violences policières ont un point en commun : elles sont noires.

Mais si l’histoire tragique de Breonna Taylor n’a pas connu une médiatisation comme l’affaire George Floyd, c’est parce qu’aucune vidéo n’a été enregistrée lors du meurtre de Breonna Taylor.

Mais qui est Breonna Taylor ?

Dans les rues de Louisville (Kentucky), les manifestants qui dénoncent les violences policières scandent les noms de George Floyd, d’Ahmaud Arbery, mais aussi celui de Breonna Taylor, une agent de santé tuée de huit balles par des policiers. Ils réclament que son nom ne soit pas oublié et que justice lui soit rendue.

Breonna Taylor aurait eu 27 ans le vendredi 5 juin. Ce jour-là, des centaines de manifestants sont descendus dans le centre-ville de Louisville, dans l’État du Kentucky, pour réclamer l’arrestation et l’inculpation des policiers impliqués dans la mort de cette technicienne en soins médicaux tuée le 13 mars dernier à son domicile. Certains ont entonné un “Happy Birthday” tandis que d’autres ont envoyé des cartes d’anniversaire au procureur général du Kentucky, Daniel Cameron, pour réclamer justice, selon le New York Times.

Dans le même temps, sur les réseaux sociaux, la ferveur est aussi vive pour cette jeune Afro-américaine qui rêvait de devenir infirmière.

#BreonnaTaylor devrait célébrer son 27e anniversaire. Au lieu de cela, elle été tuée par balles alors qu’elle dormait dans son lit. Les policiers n’ont pas été inculpés”, peut-on lire dans les tweets d’internautes en colère.

Depuis, le nom de Breonna Taylor est devenu indissociable du hashtag #SayHerName, un mouvement social né en 2015 dans la lignée du mouvement “Black Lives Matter” et destiné à rappeler que les femmes noires aux États-Unis sont tout aussi victimes de violences policières que les hommes. La sénatrice Kamala Harris a partagé ce sentiment sur Twitter. “Nous ne pouvons pas oublier les femmes noires dans notre quête de justice”, a-t-elle écrit.

“Sa vie a été tragiquement prise par la police et nous ne cesserons de marcher pour la justice tant qu’elle n’aura pas servi pour elle et sa famille. #SayHerName”, a pour sa part déclaré le sénateur Cory Booker, démocrate du New Jersey.

Des personnalités telles que les actrices Millie Bobby Brown, Emily Ratajkowski ou encore la chanteuse Cardi B se sont également jointes à cette mobilisation sur la Toile.

“Nous n’essayons pas de rivaliser avec l’histoire de Floyd”

“Toutes les vies des Noires comptent”, a commenté dans les colonnes du New York Times Andrea Ritchie, auteur de “Invisible No More: Police Violence Against Black Women and Women of Color” (Plus jamais invisibles : les violences policières subies par les femmes noires et les femmes de couleur).

Nous n’essayons pas de rivaliser avec l’histoire de Floyd, nous essayons de terminer l’histoire”, ajoute la militante qui s’étonne que le nom de Breonna Taylor ne soit pas davantage scandé dans les manifestations qui agitent actuellement les États-Unis.

Pendant plusieurs semaines, le cas Breonna Taylor est resté oublié des médias. Probablement à cause de l’attention médiatique largement focalisée, à l’époque, sur l’épidémie de Covid-19, avance l’avocat de la famille Taylor, Ben Crump. Mais aussi l’absence de vidéo lors de la mort de la jeune femme, contrairement à celles d’Ahmaud Arbery et de George Floyd.

Les faits sont là : vers 1 h du matin, le 13 mars, trois policiers en civil ont perquisitionné à l’adresse de la Breonna Taylor avec un mandat. Lorsque les policiers sont entrés dans l’appartement après avoir défoncé la porte d’entrée, son fiancé, Kenneth Walker, s’est emparé de son arme et a tiré un coup de feu, touchant l’un des policiers à la cuisse. L’un d’eux a répliqué en tirant au moins 20 coups de feu en direction du couple. Breonna Taylor a reçu au moins huit balles.

Après avoir survécu miraculeusement à la fusillade, Kenneth Walker a été arrêté et accusé de tentative de meurtre, avant la levée des poursuites le mois suivant.

“Le 2e amendement ne s’applique pas pour les Afro-Américains”

Selon le Louisville Courier Journal, la police enquêtait sur deux hommes qui, selon eux, vendaient de la drogue dans une maison éloignée du domicile de Breonna Taylor. Mais un mandat a été signé pour autoriser la police à fouiller dans son appartement, au motif que l’un des deux hommes avait utilisé cette adresse pour recevoir des colis. Il permettait aux forces de l’ordre d’entrer sans avertissement et sans s’identifier.

“Le deuxième amendement ne s’applique pas pour les Afro-Américains. [Breonna Taylor et Kenneth Walker] pensaient être victimes de cambriolage”, a dénoncé Ben Crump, l’avocat de la famille et spécialiste des droits civiques, lors d’une entrevue sur CBS. Il bataille pour que la mort de la jeune femme soit requalifiée en meurtre.

Depuis la fin mai, le FBI a ouvert une enquête sur les circonstances entourant la mort de Breonna Taylor. Selon les derniers éléments de l’enquête, les policiers n’ont pas trouvé de drogue dans l’appartement de la jeune femme et le revendeur de drogue recherché était déjà interpellé au moment où le mandat de perquisition a été exécuté.

Reste que les trois policiers de Louisville impliqués dans cette affaire n’ont, pour l’heure, jamais été inquiétés. À Louisville, la tension s’intensifie dans les rues. Le 1er juin, en marge des manifestations contre les violences policières, la police a de nouveau abattu un restaurateur de 53 ans, David Mc Atee. Il était afro-américain.

Paul Shamkwa & France 24

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