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Dans l’Adamaoua, un lion blanc toujours endormi

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Prévu pour durer 48 mois, l’aménagement de la Centrale Hydroélectrique de Bini à Warak par la société Chinoise SINOHYDRO qui a démarré en 2018 et qui doit être livré en 2023, prend du plomb dans l’aile.

Le constat est saisissant, disposant d’importantes ressources pluviométriques estimées à 1333,4 mm/mois et de plusieurs cours d’eaux avec leurs affluents à l’instar de Mayo Deo, le Mbere, la Vina, le Djerem ou en cours le Lom, la région de l’Adamaoua est un nain énergétique.

Le barrage hydroélectrique de Bini à Warak qui tend à se transformer en véritable serpent de mer devrait corriger ce cuisant paradoxe.

L’Adamaoua profite du regain de vitalité dans ce secteur où l’on voit un peu partout dans le pays, l’électricité mobiliser des moyens comme jamais auparavant.

Pas plus tard que cette semaine, une convention d’une hauteur de 150 milliards a été signée entre le Cameroun et la Banque Africaine de Développement pour financer une ligne de transport d’énergie de 560 km entre la future Centrale de Nachtigal et Ngaoundéré.

La région de l’Adamaoua, partiellement alimentée par le barrage hydroélectrique de Lagdo et quelques centrales thermiques est lourdement handicapée par le manque d’électricité.

Très peu, pour ne pas dire aucun investissement à caractère industriel n’est engagé faute d’électricité. Pour renforcer l’offre de production d’électricité dans cette région considérée comme le château d’eau du Cameroun, le gouvernement a lancé début 2012 le projet de construction d’un barrage dans l’Adamaoua.

Le projet d’aménagement hydroélectrique de Bini à Warak d’une capacité installée de la centrale hydroélectrique de 75 MW par la société chinoise SINOHYDRO Corperation Limited ambitionne ainsi d’enrayer de manière drastique le déficit chronique d’énergie et les délestages en saison sèche dont souffre la région.

Les grandes dates à retenir du projet

L’entreprise chinoise SINOHYDRO a entamé la propulsion de la centrale hydroélectrique de Bini à Warak depuis 2012. Dès lors, le 10 mai 2012, elle a signé la convention de développement du projet avec le Ministère de l’eau et de l’énergie au Cameroun.

Le 7 février 2013, le contrat financier a été paraphé à Yaoundé. En septembre 2013, les travaux de prospection complémentaire sont démarrés sur le site et se sont achevés au mois de mars 2014.

En 2015 le rapport d’avant-projet détaillé est élaboré, le personnel envoyé sur le site pour les travaux de préparation.

Le 28 juillet 2016, l’Industrial and Commercial Bank of China a signé avec le Ministère de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire du Cameroun, la convention de prêt du projet à Pékin.

Les caractéristiques de l’ouvrage

La superficie du réservoir de la centrale est de 82 Km2, le niveau d’eau normal est de 1 046m, le volume d’eau emmagasiné est de 603 200 000m3.

Le complexe hydroélectrique est composé de barrages, d’un système d’adduction d’eau, d’une usine de production d’électricité, d’un poste de couplage. Il est installé 3 turbo-générateurs dont la puissance unitaire est de 25 MW.

La hauteur de la chute utilisable de la centrale est de 206m, alors que la production d’électricité annuelle moyenne de conception est de 300GWh, le temps d’utilisation de puissance installée est de 4 000h.

L’usine de production d’électricité située à la rive gauche du fleuve Bini est du type adduction d’eau composée d’une salle unité centrale et d’une salle d’installation.

Le site est entouré de plusieurs routes permanentes : route de circulation extérieure longue de 8.8 km, une route traversant la zone de 6.8km et une autre route d’accès d’une longueur de 4.2 km.

Calme plat sur le site

Sur le site du chantier de construction du barrage hydroélectrique de Bini à Warak, c’est le calme plat. Aucun signe de reprise des travaux.

Après le terrassement, le gros du chantier et la chaine critique des travaux qui sont la construction de barrage sont à l’arrêt. Seul le drapeau rouge sur fond d’étoile de la République Populaire de Chine continue de flotter au-dessus de la base vie du maître d’ouvrage.

Sur le site, quelques chinois couverts de masque bucco-nasale vont et viennent. L’endroit dégage une forte odeur de cigare.

En face de la construction, plusieurs véhicules et engins de chantiers sont garés : pelleteuses, compacteurs, chargeuses, bétonnières, tracteurs, pelle-hydrauliques, camions bennes, niveleuses… sont soigneusement rangés et attendent la reprise des travaux.

L’on a encore en mémoire, l’euphorie qui avait envahi les cœurs des populations et les discours aux accents politiciens des membres du gouvernement aux premières heures du projet.

J’ai été instruit par le Premier Ministre Chef du gouvernement pour venir m’enquérir de l’état d’avancement de ce projet. Je voudrais rappeler que le Président de la République a demandé que ce barrage soit construit dans les délais,

avait martelé de manière laconique l’ancien Ministre de l’eau et de l’énergie, Basile Atangana Kouna, le dernier ministre à s’y rendre sur le site de construction en 2017.

Depuis cette date historique, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et le puissant patron de l’eau et de l’énergie qu’étant Atangana Kouna avait perdu de son influence, il a été parachuté à la prison centrale de Yaoundé pour détournement des fonds publics.

Un barrage de cinq composantes

Situé sur le fleuve Bini et à quelques 66 km de Ngaoundéré, cet important projet qui s’inscrit dans la stratégie nationale de développement de l’énergie au Cameroun vise non seulement l’amélioration des conditions de vie des populations, la production agricole mais surtout amorcer l’industrialisation de la région.

Ce barrage dont les travaux d’exécution aujourd’hui accusent un grand retard, a 5 composantes : la première est le barrage proprement dit et l’usine de production, la deuxième, la construction de la ligne d’évacuation d’électricité et la troisième est l’électrification de tous les villages environnants, le quatrième volet de ce projet concerne les voies d’accès et la cinquième est la gestion environnementale.

46 milliards alloués par le budget 2020

Le premier objectif fixé au budget 2020 est de renforcer l’infrastructure énergétique. L’enveloppe attribuée à ce secteur par le gouvernement est de 178.286 milliards de FCFA.

Le budget 2020 voté par le parlement consacre plus de 46 milliards pour le financement du futur barrage hydroélectrique de Bini à Warak qui connait de sérieuses difficultés.

L’entreprise qui avait acceptée de pré-financer le projet en attendant que la partie camerounaise libère les fonds de contrepartie avait lancé les travaux de terrassement.

La construction qui a démarrée en grande pompe en 2018 doit être livrée en 2023. L’on voit mal la société chinoise respecter le délai des travaux du projet qui sont de 48 mois.

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Boubakary Moussa
Boubakary Moussa, est un passionné de l’information qui s’est spécialisé dans les enquêtes et analyses. Jeune motivé à l’éthique avéré il est le correspondant de ChateauNews dans l’Adamaoua.

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