Dossier Chronique Le Cameroun à l'épreuve du nationalisme

Le Cameroun à l’épreuve du nationalisme

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Avec la mouvance des créations des associations et groupes communautaires au Cameroun, la question de nationalisme doit être remise en question et analyser de façon froide.

Constat amère ! Les constructions politiques se fondant sur des identités ethniques, et régionales, n’ont pas d’avenir.

Elles feront le lit d’un ethnicisme borné, et catastrophique qui rend l’unité nationale plus fragile et conduit à une population émiettée, désuni, pas prêtes à penser à l’intérêt commun mais à celle de sa communauté.

La conséquence inévitable est la construction de clans, des silos de haine interethniques, transmissibles, de génération en génération. L’émergence d’une véritable Nation doit nécessairement prendre appui sur un solide, et puissant, Etat central (ou fédéral) forcément trans-ethnique.

C’est la condition à garantir la consolidation d’une conscience nationale et le patriotisme. Au sens d’une coappartenance, à une communauté, mais et surtout à un peuple, formé des populations diverses unis autour d’Institutions publiques solides.

Où les citoyens ont la conscience d’une communauté de destin, et partagent le sens en commun d’une même destinée.

Les Camerounais n’étant pas unis par grand-chose, ni par une communauté de langue, ni par une même religion, il est impératif qu’il y ait cet attachement à des valeurs, et à des idéaux communs par une conscience nationale.

Ce fut le choix des pères fondateurs du Cameroun. Mais plus de cinquante après, force est de reconnaître que cet édifice Pays-Etat s’est effondré.

L’unité nationale n’est plus qu’un slogan, le mot “communauté” prend de plus en plus de l’ampleur. Une nation sans son unité engendrera une suite de conséquences.

En effet, Les situations critiques, au sein d’une nation qui aura perdu son unité, et sa cohésion sociale, engendrent toujours un déficit de différence et une fracture sociale. Qui conduit indubitablement à une indifférence catastrophique et généralisée.

Plus rien n’est sacré, l’anormal devient normal. Quand dans un Etat les Institutions, la hiérarchie et l’ordre sociopolitique ont totalement disparu. Quand les hommes les plus vicieux, les plus vils, et les plus fourbes se font passer pour les plus vertueux, et les plus nobles.

Quand au sein d’un peuple, et au sommet de son organisation, il lui manque de véritables héros à imiter pour sa jeunesse. C’est la confusion, le désordre, et la violence verbale réciproque, qui prennent les commandes de tout.

Alors que de mauvais présages, de fléaux, de divisions, s’amoncellent. Détruisant, toutes perspectives d’harmonie et d’unité au sein des populations. Il est normal que la République perde toute son essence, et que sa stabilité se désagrège, laissant des inquiétudes sur son avenir.

Où sont donc passés le patriotisme et le souci de développement de la Nation ? Que sont devenues les notions de savoir, d’expérience, de mérite, et de grade ? Où en sommes-nous avec les respects de l’âge et du droit d’aînesse ?

Tout s’entrechoque avec une stupide obstination et un recours à la violence, qu’elle soit verbale, ou physique. Dans les réseaux sociaux, sur les plateaux télévisés.

Les rapports sociaux, interpersonnels, intergénérationnel et collectifs restent tendu. La force devient le droit et il n’y a plus de différence entre le juste, et l’injuste, le permis, et l’interdit, le vrai du fake.

Il y a des indices de l’avenir qu’il faut savoir apprendre à lire, pour se prémunir de tous ces lendemains équivoques et périlleux.

Avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple, une nation.

Il est temps de créer ou recréer le triptyque Pays-Etat-Nation !

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Djafsia Mamoudou
Djafsia Tara Mamoudou est un observateur et chroniqueur.

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