Home À la Une Économie Ngaoundéré : Immersion dans les métiers de la nuit

Ngaoundéré : Immersion dans les métiers de la nuit

ngaoundéré by night

Le chef-lieu du département de la Vina, Ngaoundéré, qui donne en matinée l’image d’une ville normale et laborieuse revêt dans certains de ses quartiers un tout autre visage une fois la nuit tombée.

Visite guidée de quelques secteurs chauds de la ville.

Baladji et Joli Soir sont deux noms évocateurs de quartiers chauds de la capitale château d’eau du Cameroun, dont la réputation est bien établie.

Et pour cause, il s’agit des lieux de détente les plus courus de la ville, avec une forte concentration de débits de boissons ainsi que leurs activités connexes (rôtisseries, salles de jeux, dancing…).

Ce n’est guère une surprise si ces endroits ne désemplissent pas tant en journée qu’en soirée.

Toutes les souches de la population locale s’y retrouvent. Des désœuvrés au gotha administratif, chacun trouve son compte en termes de distraction.

Mais, à côté des attractions citées plus haut, s’en trouve une autre plus discrète mais non moins populaire.

Dès 18h, le visiteur novice est frappé par un agencement de femmes aux tenues assez suggestives le long des rues, à découvert ou cachées par la pénombre.

Ces dames, qui à priori donnent l’impression de prendre l’air sont en fait en plein exercice d’une profession vieille comme le monde. Ce sont les belles de nuit.

Le service du plaisir, les bâtiments devant lesquels elles sont adossées sont généralement les lieux où elles reçoivent leur clientèle.

Il s’agit parfois d’un quatre murs avec pour seul meuble un lit prêt à l’emploi.

Les tarifs appliqués ici sont fonctions du temps mis et de l’assiduité du client.

Même si cela n’a pas l’air, ces belles de nuit arrivent à réaliser d’importants chiffres d’affaires.

Naomie, qui exerce cette profession depuis plusieurs années a bien voulu se prêter à quelques confidences :

Même les hommes mariés, les grands de Ngaoundéré et d’ailleurs viennent ici (…) Quand on travaille sur place le prix est normal mais si le client nous déplace, c’est un autre prix parce qu’on abandonne tous les autres pour nous concentrer sur lui.

Affirme notre belle de nuit, Naomie.

Les chiffres avancés sont pour le moins impressionnants. Naomie ajoute :

Il y a des clients qui paient bien jusqu’à un million, cinq cent mille…

Cette activité ouvertement décriée semble être de l’avis de plusieurs, l’attraction phare de ces lieux de divertissement.

Nous nous sommes d’ailleurs laissé dire qu’il s’agit d’un mécanisme bien huilé dont les ficelles s’étendent jusque dans les sphères les plus insoupçonnées.

Une réalité demeure, c’est que Baladji et Joli Soir au-delà de la débauche qui y a fait son nid, sont sans conteste des endroits très prisés.

The place to be, pour les adeptes de soirées bien arrosées.

Marcus Djouldé