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Infanticide à Kumba : « La vie doit reprendre ses droits au Nord-Ouest et au Sud-Ouest », Kildadi Taguieke Boukar

Kildadi Taguieke Bourkar, Gouverneur Adamaoua
Kildadi Taguieke Bourkar, Gouverneur Adamaoua

Ce lundi 26 octobre 2020, le gouverneur de la région de l’Adamaoua, Kildadi Taguieke Boukar, a accordé un entretien à la rédaction de chateaunews.com pour exprimer son dépit face au meurtre infantile à Kumba le 24 octobre dernier.

Sommes-nous dans un monde où les hommes vivent la tête en bas, les pieds en l’air ? À l’annonce de ce qui s’est passé à Fiango dans le département de la Mémé, nous avons été profondément et particulièrement touché car nous avons été en service en tant que Sous-Préfet à Kumba. Ce quartier est cosmopolite et habite une multitude d’ethnies. Un quartier où les gens sont industrieux et travailleurs. L’altération et la tristesse sont les sentiments qui nous animent encore en ce moment parce qu’il est inimaginable que des enfants à la recherche, à la quête de la connaissance pour devenir des bâtisseurs de demain aient à subir ces actes tout simplement barbares et sauvages. Je me demande bien quelles visions ces meurtriers ont, de s’attaquer aux enfants qui ne jouent aucun rôle politique, ni social. Je voudrais au nom de la population de l’Adamaoua que je représente, adresser toutes nos condoléances aux familles durement éprouvées. Qu’elles ne baissent pas les bras, qu’elles aient beaucoup de courage de tenir et de tout faire pour s’organiser afin qu’un tel macabre ne se reproduise. Il revient bien sûr sous l’encadrement de l’Etat de s’organiser, pour mettre des comités de vigilance au point et particulièrement donc orienter cette sécurisation aux établissements secondaires puisse que c’est la proie facile car c’est là où des bandits de tout acabit peuvent s’infiltrer pour commettre leurs crimes les plus odieux. Tout le Cameroun peine car une partie du corps qui a mal, c’est tout le corps qui souffre. C’est pour cela que le Cameroun a mal car il est un tout qui souffre fatalement car tout les autres régions sont affectées. Ces actions au Nord-Ouest et au Sud-Ouest cherchent à fragiliser le Cameroun ainsi que son économie. Nous condamnons donc avec fermeté ce qui se passe dans ces deux régions. Nous saluons également les actions qui sont menées par le gouvernement pour faire cesser le grand banditisme qui y prévaut en mettant en action nos forces de l’ordre ainsi que les autorités administratives et la société civile qui œuvrent pour la disparition de ces phénomènes. Nous regrettons que ce conflit ait des conséquences exogènes. Car l’éducation et la sensibilisation faite par le gouvernement touchent les citoyens. Mais, ceux qui sont à l’étranger et instrumentalisent les bandits pour nous mettre en difficulté comme ils l’on fait à Kumba le 24 octobre 2020, la cession est politique et se fait dans les débats politiques et idéologiques, par la force des arguments. Nous Camerounais, nous nous levons comme un seul homme pour dire NON à tout acte de banditisme au Nord-Ouest et au Sud-Ouest. Nous sommes appelés à conduire notre pays vers la modernité, la prospérité et le développement. Nous ne pouvons pas nous accommoder de tels actes. Et je crois que, avec la fermeté du Chef de l’Etat et du Chef du gouvernement, nous allons vaincre ces bandits et nous allons reprendre notre chemin de croissance, exalter notre vivre ensemble, notre intégration. Ces étapes pointuent notre développement. Il faut arrêter toutes ces exactions.

Propos recueillis par Glasse Nyangono